Nuel. La vision, Paris
Parmi les publications toutes récentes on peut signaler encore les recherches de Stern sur le développement de la notion de l'espace chez les enfants l.
Celui-ci distingue deux phases : la formation de l'espace limité ou proche ( « Nahraum » )et la formation de l'espace illimité (« Fernraum »). Le premier se forme d'après lui des sensations qui accompagnent le déplacement des propres membres de l'enfant. Ce qui caractérise cette phase, c'est que les objets qui se trouvent hors de la portée de la main, passent tout à fait inaperçus. La seconde notion ne commence à se former que dans le cinquième ou sixième mois de la vie, avec l'établissement des réflexes cérébraux produits par l'excitation de la rétine. La grandeur des images rétiniennes entre aussi en ligne de compte, mais il ne faut pas oublier que l'appréciation de celle-ci repose également sur un processus moteur qui ne fait que compléter les réactions appropriées à la mesure des distances.
En résumé, la part des composants visuels dans l'appréciation des distances est encore loin d'être fixée avec précision, mais on se rend compte de plus en plus qu'elle relève d'un ensemble de réflexes cérébraux.
Chez les adultes il faut y ajouter les données de certains autres sens qui peuvent se trouver liés au développement de l'expérience visuelle. D'après Loeb l'appréciation desdistances dépend beaucoup de la durée des mouvements 2. Gomme preuve il cite le fait que pour faire des mouvements mesurés d'égale longueur, on se sert quelquefois du compte des secondes. D'après Woodworth, il faut ajouter ici une sensation spécifique de Vétendue du mouvement 3. Il constate que celle-ci est appréciée très exactement,, même sans le secours des impressions visuelles, par exemple, lorsqu'il s'agit de conserver l'équilibre et lorsqu'on plie les genoux pour des-
1. Stem. Zur Entwicklungder Raumwahrnehmung beîm Kinde. Bericht ilber den 111 Kongr. f. exp. Psychologie in Frank fur t a. M. 1908 et Zeitschrift f. angeio. Psychol., vol. 2.