Wernicke. Grundzuge d. Psychiatrie, p
démence, l'appareil verbal reste intact, malgré le trouble des réactions centrales.
Depuis, Wernicke a établi la théorie de l'aphasie transcorticale où les deux processus sont encore plus nettement séparés 4. Dans ce cas-là le mécanisme de la parole reste également intact, mais elle ne peut fonctionner à cause de la rupture des liens entre la sphère des perceptions et les centres verbo-moteurs. Les malades comprennent bien ce qu'on leur dit et prononcent les mots tout à fait correctement, mais ne peuvent plus les associer aux notions qu'ils veulent exprimer.
Ce qui prouve encore que la pensée et la parole sont deux fonctions distinctes, ce sont les cas d'aphasie amnésique motrice où, malgré l'absence des mots, la pensée se conserve indubitablement.
Cependant il existe entre les deux une connexion très étroite. Le cours des réactions cérébrales devient plus net, lorsqu'elles se déchargent en symboles verbaux appropriés et, lorsqu'il est riche en associations, il trouve aussi une expression adéquate. Pour la même raison le défaut d'images cérébrales rend la parole pauvre et monotone.
D'autre part, la connexion étroite de la parole avec le développement intellectuel de l'individu se confirme encore par le fait qu'un défaut congénital de la première a souvent pour effet un retard intellectuel. Ce dernier se produit non seulement dans les cas où le défaut consiste dans la faculté de perception, mais aussi lorsqu'il se limite à la faculté d'élocution. Il n'y a pas jusqu'à la conformation de la langue qui ne retentisse sur le développement intellectuel de l'enfant, comme le prouve le cas d'Hudson Masenen2. Celui-ci est d'autant plus caractéristique qu'après l'intervention chirurgicale et la rectification du défaut, le retard a été peu à peu rattrapé et le niveau intellectuel de l'enfant s'est même élevé au-dessus de la moyenne.
A quel point la parole devient nécessaire à l'homme, on peut le voir du fait que les malades atteints d'aphasie motrice,