Lôvcnstein. Kinder zeicknung en. Leipzig
2. Kerschensteiner. Die Entwicklung d. zeichner. Begabung beim Kinde. Miinchen.
dessins n'est possible qu'avec la connaissance de l'âge des enfants et du degré de leur développement physique et moral. Outre cela il faudrait établir pour chacun d'eux les conditions où ils ont été élevés, comment ils sont arrivés à dessiner et aussi le sujet actuel de leur inspiration.
Dans nos propres recherches nous nous sommes intéressés principalement à la première étape de; l'évolution du dessin chez l'enfant i. Nous avons commencé l'étude depuis la coordination motrice des doigts qui se manifeste dans sa manière de tenir le crayon et présente le point de départ de toute l'évolution.
Les résultats de notre étude se réduisent à ceci.
Nous avons trouvé que l'enfant commence par tracer de simples lignes auxquelles succèdent les gribouillis, informes, mais déjà symboliques, puisqu'ils servent à exprimer quelque chose. De ces derniers on voit sortir, comme rudiment du dessin, un cercle irrégulier avec une ou deux lignes complémentaires. Celui-ci sert aussi bien à représenter un homme qu'un fruit ou un animal. Puis vient la différenciation progressive de ce schéma en rapport avec la différenciation des objets. C'est là que prend naissance le dessin imitatif qui cependant reste longtemps rudimentaire et plein d'inexactitudes. Dans la suite, les progrès de l'imitation se continuent avec l'expression des données personnelles. Parallèlement voit-on se manifester le sentiment esthétique de l'enfant. Enfin, comme élément beaucoup plus tardif, s'ajoute la perspective, et encore n'est-ce pas dans tout le dessin à la fois. On ne la trouve au début que dans la partie centrale du dessin.
En ce qui concerne le rapprochement avec l'art des peuples primitifs, nous avons trouvé qu'il est, sans contredit, parfaitement fondé. Allant du simple au complexe, d une réaction rudimentaire à une réaction coordonnée et imitative, le dessin de l'enfant repasse par les mêmes étapes que celles qui ont marqué son évolution dans l'espèce humaine. D'autre part il présente aussi une analogie avec le dessin des aliénés. Ce
1. Bechterew. Recherches objectives sur l'évolution du dessin chez l'enfant. Journ. de Psych., nov.-déc. 1911.
qui frappe chez ces derniers, c'est la simplification de la forme avec négligence de certains détails et développement de certains autres qui se rapproche beaucoup du symbolisme enfantin. Il y a là comme un retour aux formes primitives de l'expression graphique.
Notons pour terminer que l'enfant commence à s'intéresser aux dessins bien avant qu'il ne fasse attention aux paroles, de même qu'historiquement le dessin est antérieur au langage écrit, car c'est des dessins que semblent sortir les lettres.
Les centres cérébraux du langage. — Passant au mécanisme des réflexes symboliques, il importe de signaler encore une fois l'existence des centres particuliers du langage.
Nous n'allons pas entrer dans l'historique de cette question qui a soulevé de nombreuses controverses. Pour une plus ample information nous renvoyons les lecteurs à notre Traité des fonctions du cerveau où ils trouveront toute la littérature du problème. Rappelons seulement, pour résumer l'état actuel des études,, les principales données de l'anatomie du cerveau.
Gomme centres principaux on reconnaît maintenant un centre verbal situé dans la partie postérieure de la première circonvolution temporale de l'hémisphère gauche, en connexion avec le centre auditif situé dans les parties antérieures de la même circonvolution, et un centre moteur situé dans la partie postérieure de la 3e circonvolution frontale du même hémisphère (circonvolution de Broca), en connexion avec le centre guttural, situé dans la partie inférieure de la circonvolution antéro-centrale.
Tout récemment P. Marie a émis un doute sur l'exactitude de cette dernière localisation, mais les cas qui confirment l'existence du centre moteur dans la circonvolution de Broca sont si nombreux qu'il n'y a pas lieu jusqu'à présent de le chercher ailleurs.
Outre cela on admet qu'il existe, chez les gens lettrés, un centre visuel du langage dans l'hémisphère gauche en complément du centre visuel cortical situé dans la région occipitale, et un centre de l'écriture situé dans la partie postérieure
ou dans le pédoncule de la 2e circonvolution frontale en complément du centre brachial situé dans le milieu de la circonvolution antéro-centrale.
L'existence des centres complémentaires admise par Charcot et quelques autres savants a été cependant contestée et ces contestations gardent leur force jusqu'à présent.
On se demande aussi si le centre graphique n'est pas un apanage exclusif des gens qui écrivent beaucoup, tandis que chez les autres l'écriture ne dépendrait que du centre qui règle les mouvements du bras *.
Avec ces réserves îe mécanisme du langage peut être construit sur le schéma suivant : les réactions verbales auditives se transmettraient au centre verbal du langage et de là au centre moteur de la circonvolution de Broca, ou bien lorsqu'il s'agit de l'expression graphique, au centre moteur du bras qui est remplacé subsidiairement par le centre graphique. Quant aux impulsions visuelles, il faut penser qu'elles peuvent se transmettre aux centres graphiques, sans passer par les centres auditifs.
Dans un cas comme dans l'autre nous sommes en présence d'un réflexe associé qui passe des centres sensoriels aux centres moteurs.
Mais l'excitation peut être, comme on sait, non seulement visuelle ou auditive, elle peut être purement interne, se réduisant à la reviviscence des traces cérébrales qui sont entrées dans la sphère personnelle de l'individu. Il s'ensuit que le mécanisme de la parole peut comprendre la mise en action des centres de la sphère personnelle localisés dans les régions antérieures du cerveau. Il est évident que la destruction d'un de ces derniers ou la rupture des fibres qui les unissent aux centres verbo- moteurs a pour effet des troubles particuliers nettement distincts de ceux qui résultent de la destruction des centres mêmes de la parole.
1. Notons encore que la localisation du centre visuel de la parole dans le gyrus angularis n'est pas non plus admise par tout le monde. Certains auteurs affirment que dans cette région il n'y a que des voies conductrices qui passent des centres visuels de la fissure calcarine vers le centre verbal de la première circonvolution temporale.
Pour compléter cet aperçu, rappelons brièvement en quoi consistent les troubles correspondants à la lésion de ces différents centres.
La destruction du centre de Broca entraîne la perte complète de la parole, y compris les reproductions imitatives et les mouvements réflexes de la langue, mais les malades continuent de comprendre ce qu'on leur dit et peuvent s'expliquer par gestes; l'écriture reste à peu près intacte, de même que la lecture intérieure.
La destruction du centre verbal de la région temporale a pour résultat de faire perdre la faculté de comprendre la parole et aussi d'y répondre, fût-ce d'une manière imitative; mais les malades restent capables de parler sur leurs propres impulsions. On note seulement, chez eux, une tendance à se servir de formules descriptives. La lecture est troublée par suite du défaut d'images auditives, comme aussi la faculté d'écrire sous la dictée, tandis que la copie simple reste possible.
La destruction du g. angularis (centre visuel complémentaire) entraîne l'abolition de la lecture, malgré la conservation de la vue et la possibilité de copier des lettres, voire même des mots entiers. La perception auditive de la parole reste intacte, comme aussi la faculté de répondre oralement, tandis que l'écriture est troublée par le défaut du contrôle visuel.
La destruction des fibres associatives entre le centre auditif et le centre de Broca a pour effet l'abolition de la parole réflexe; la parole spontanée est également troublée par le défaut de contrôle du côté de l'appareil auditif (paraphasie) ; il en est de môme pour la faculté d'écrire qui souffre du défaut d'images auditives (paragraphie). Mais la compréhension de ce qu'on dit reste intacte.
La destruction des fibres associatives entre le centre auditif et le centre visuel du langage laisse intacte la parole, mais abolit la faculté de lire et d'écrire par suite du défaut de contrôle spécifique de la vue. La simple copie reste possible.
La destruction des libres associatives entre le centre auditii et le centre visuel principal (de la fissure calcarine) laisse le malade capable de comprendre la parole et d'y répondre ver-
balement ou par écrit, mais abolit, chez lui, la mémoire des choses et l'oblige par suite à s'exprimer en termes descriptifs.
La destruction des fibres associatives entre le centre visuel du langage et le centre graphique rend impossible la lecture et la copie, mais le malade reste capable d'écrire spontanément et sous la dictée.
Enfin, la destruction des fibres associatives entre la sphère personnelle et les centres verbo-moteurs abolit le caractère volontaire de la parole. Dans ces cas-là les malades répondent par association aux questions qu'on leur pose, mais d'euxmêmes ne parlent pas.
Rappelons encore un cas particulier que nous avons décrit sous le nom de parasymbolie corticale. Le malade en question parlait d'une manière tout à fait incompréhensible pour l'entourage par suite de la confusion des sons et des syllabes. Anatomiquement, ce trouble doit être ramené à une lésion du centre verbal dans la circonvolution temporale gauche et des fibres associatives.
Le développement de ces différents centres varie, du reste, selon les individus, ce qui fait que les troubles psychiques peuvent s'écarter, plus ou moins, de ce schéma. Quant au fait qu'ils se développent dans l'hémisphère gauche, on le considère d'habitude comme étant en rapport avec la prépondérance de la main droite. La pathologie nous montre, en effet, que chez les gauchers ils se trouvent dans l'hémisphère droit. Certains auteurs signalent, il est vrai, qu'à l'autopsie on trouve plus de foyers pathologiques dans l'hémisphère droit qu'il ne se rencontre de gauchers, mais Lippmann objecte avec raison que ces derniers seraient bien plus nombreux si leur tendance innée n'était corrigée par l'éducation.
Quant aux mouvements qui accompagnent la parole, il est tout à fait certain qu'ils relèvent des mêmes centres que les mouvements volontaires. On voit notamment qu'avec la destruction des centres corticaux situés dans la circonvolution rolandique s'abolissent aussi bien les mouvements volontaires que les gestes et la pantomime, tandis que la mimique réflexe reste. Il s'ensuit que ces mouvements ont à peu près le même
mécanisme, passant par les centres des circonvolutions centrales et les parties antérieures de la région frontale.
On voit d'autre part que dans les cas de paralysie déterminés par la lésion de la voie motrice dans la capsule interne, les gestes et les mouvements de la pantomime deviennent impossibles. Il est clair que ces réflexes ont les mêmes voies conductrices que les mouvements personnels.
En résumé, les mouvements qui accompagnent la parole, lorsqu'elle prend un tour quelque peu animé, dérivent dii même mécanisme central avec cette différence que la parole résulte de la transmission des réactions visuelles ou auditives au centre moteur situé dans la circonvolution de Broca, tandis que les gestes résultent de la déviation du courant nerveux vers les centres corticaux de la circonvolution antéro-centrale et des circonvolutions de la région frontale.