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CHAPITRE XI

La sphère organique et la sphère sociale de la personnalité. La théorie des caractères. La question du libre arbitre. Recherches expérimentales sur les mouvements de choix. Influence des facteurs externes sur les réflexes personnels. Influence des associations cérébrales sur les réflexes personnels. Les formes supérieures de F activité personnelle: le dessin, la sculpture, la musique. Les réflexes personnels et la fatigue. Base physiologique des réflexes personnels. Marche générale du développement neuropsychique chez l'homme. Conclusion.

On a vu plus haut que la sphère personnelle de l'activité neuro-psychique se forme de l'association des réflexes cérébraux à l'enchaînement ininterrompu des traces laissées par les réactions antérieures. Chaque fois qu'une impulsion nouvelle entraine la reviviscence de ces traces, la réaction prend un caractère personnel ou volontaire. Gomme, chez l'enfant, la première place appartient aux réactions organiques, il est clair que parmi les objets du monde extérieur les plus susceptibles de provoquer une réaction personnelle sont ceux qui exercent une action favorable ou défavorable sur l'organisme. C'est ainsi que se forme tout d'abord la sphère organique de la personnalité.

La sphère organique de la personnalité. — Notons cependant que celle-ci ne comprend pas les réactions qui répondent aux besoins immédiats de l'organisme et ont été décrits plus haut sous le nom de réflexes instinctifs. Lorsqu'un animal se jette sur la nourriture ou rejette un aliment nuisible, ce n'est qu'un mouvement instinctif. Il en est de même lorsqu'il se détourne après avoir rassasié sa faim ou sa soif. Mais lorsque l'homme après avoir mangé, met un morceau en réserve, c'est

un mouvement personnel déterminé par la reviviscence des traces de l'expérience antérieure.

Pareillement, lorsque la fatigue musculaire fait chercher le repos ou l'exubérance de la force pousse à l'activité, ce sont des phénomènes purement instinctifs, mais lorsqu'on continue de travailler malgré la fatigue ou se réserve en vue d'un travail futur, ce sont des réactions qui rentrent dans la sphère personnelle.

Ainsi, les réactions personnelles ne sont pas en rapport avec la nature, ni avec la force de l'excitant. Elles se trouvent réglées par la reviviscence des processus antérieurs, c'est-àdire par des facteurs internes qui leur confèrent l'apparence de la spontanéité.

En réalité, l'action personnelle n'est nullement spontanée.

L'enchaînement des traces cérébrales présente un facteur encore plus constant que les excitations qui viennent du dehors. Il ne tarde pas à former le noyau intime de l'activité neuropsychique, le régulateur qui intervient dans la plupart des processus réactifs. Cela fait que l'activité personnelle se distingue des phénomènes précédemment étudiés non pas par sa spontanéité, mais par sa plus grande indépendance du monde extérieur.

Avec le passage de l'existence isolée à la vie commune, la sphère personnelle de l'individu se trouve considérablement élargie. Aux traces des réactions organiques viennent s'ajouter les traces de l'interaction avec d'autres individus, qui forment une nouvelle partie de la sphère personnelle. On pourrait l'appeler la sphère sociale de la personnalité.

La sphère sociale de la personnalité. — La variété des rapports qui s'établissent entre les hommes fait que la sphère sociale a une extension encore plus grande que la sphère organique. Elle comprend tous les liens moraux de l'individu et dans les groupements plus étendus, tout ce qu'on désigne sous le nom de liens sociaux. Mais la multiplicité des traces cérébrales qui correspondent à ces réflexes, n'empêche pas une cohésion aussi étroite que dans la partie organique de la

personnalité. Tant qu'un réflexe est susceptible cle reviviscence, il fait partie du système et peut s'évoquer par les transmissions les plus étendues. « La personnalité, disions-nous dans une étude précédente, est un individu psychique aussi réel que l'individu physique1. » Elle présente un enchaînement des réactions nerveuses aussi continu que l'enchaînement des réactions physico-chimiques qui constitue la vie de l'organisme.

Selon qu'ils relèvent de l'une et de l'autre sphère, les réflexes personnels prennent le caractère à'égoïsme ou d'altruisme. Le fait est que les réactions organiques sont intimement liées au bien-être personnel de l'individu et ne peuvent diriger le cours des processus neuro-psychiques que dans le sens de sa conservation, tandis que la reviviscence des traces qui font partie de la sphère sociale introduit des facteurs indépendants du bien-être personnel et peut diriger la réaction dans un autre sens. Inutile d'ajouter que plus le niveau intellectuel de l'individu est élevé, plus la sphère sociale a de prépondérance sur la sphère organique. A l'état embryonnaire on la trouve même dans le règne animal, chez les espèces qui mènent la vie commune, mais son véritable développement ne commence qu'avec l'essor intellectuel de l'homme.

Chez celui-ci elle prend quelquefois le dessus jusqu'à provoquer des réactions contraires à ses besoins organiques. C'est ainsi que s'expliquent les actes d'héroïsme, les sacrifices de fortune et l'abandon même de la vie, qui sans le développement précité de la sphère personnelle auraient été simplement impossibles.

La fréquence des réflexes personnels. — Les réflexes personnels dont nous venons d'esquisser le mécanisme sont les plus fréquents des phénomènes neuro-psychiques. L'explication en est bien simple. Le fait est que la plupart des impressions qui nous viennent du dehors ne restent pas sans affecter la

4. W. Bechterew. La personnalité et les conditions de son développement. Saint-Pétersbourg, Ш5.

sensibilité interne de l'organisme. C'est ce que nous avons reconnu en distinguant les réactions sthéniques des réactions asthéniques. Or chacune de celles-ci, pour peu qu'elle ne soit pas tout à fait superficielle, détermine une réaction personnelle, agressive ou défensive.

Le caractère et le sens même de la réaction dépendent naturellement de l'état momentané de l'organisme. La même impression peut évoquer, selon que l'individu se trouve dans l'état de tristesse ou de gaieté, deux complexus mnésiques tout à fait différents et déterminer un élan enthousiaste ou un mouvement de recul. Il en est de même pour les états de santé ou de maladie, d'énergie ou d'abattement, etc., etc.

En ce qui concerne les différences de leur mécanisme, on peut distinguer ici les réactions motrices, les réactions verbales et les processus de concentration. Ce qui les distingue des réflexes du même nom, c'est la détermination interne plus complexe qui leur donne l'apparence d'être dirigées vers un but.

Du reste, la forme plus complexe de leur détermination permet aussi de réaliser des enchaînements plusétendus.Ainsi, la concentration peut se compliquer de la préparation à un acte, la réaction verbale peut se manifester sous forme d'un discours. C'est ici qu'il faut placer aussi les enchaînements logiques que nous avons décrits plus haut sous le nom de raisonnement.

Les réflexes personnels étant déterminés par l'état momentané de l'organisme, se rapprochent d'autre part des mouvements instinctifs, mais là aussi on peut tirer une ligne de démarcation. L'instinct est le produit direct d'un besoin organique, tandis que la réaction personnelle suppose une reviviscence des traces cérébrales et un processus d'association dont l'issue n'est nullement certaine. Il y a donc là une phase centrale bien plus complexe, qui fait que les réactions personnelles vont parfois contre l'instinct ; mais si la détermination est la même, les mouvements instinctifs peuvent bien s'exécuter avec le concours des réflexes personnels.

Dans la vie courante les réflexes personnels sont connus sous le nom d'actions ou d'actes volontaires. A quelqu'un qui ignore

la phase centrale de leur mécanisme ils paraissent tout à fait indépendants de l'impulsion externe, ce qui a fait naître l'idée de leur prétendue spontanéité. Du reste, bon nombre d'actes se produisent sans aucune impulsion externe, par le seul effet d'une reviviscence des traces cérébrales, mais ils trouvent par là même une détermination dans l'expérience antérieure de l'individu.

Ainsi, lorsqu'on voit quelqu'un faire un mouvement qui paraît tout à fait spontané ou bien s'arrêter et esquisser un geste tout à fait imprévu, on se trouve en présence d'un réflexe personnel déterminé par la reviviscence et l'association des traces cérébrales. L'impulsion externe peut être ici d'une tout autre nature, ne présentait qu'un premier choc qui, par la mise en train de l'énergie accumulée dans les centres nerveux, se transforme en une réaction impossible à prévoir.

Gela fait aussi qu'une impulsion très légère provoque parfois une réaction compliquée, tandis qu'un choc violent peut rester sans résultat. Ainsi, par exemple, tout bruit qui part de la broussaille rappelant l'envol du gibier, provoque chez le chasseur une réaction émotionnelle et une série de mouvements appropriés. Il en est de même pour le bruissement d'une robe dans la pièce à côté, tandis qu'un bruit violent, mais sans rapport avec l'expérience antérieure, ne fait parfois pas même tourner la tête.

L'action de la sphère sociale est encore plus caractéristique à cet égard. Elle peut déterminer des actes non seulement sans rapport avec l'impulsion externe, mais même contraires aux intérêts personnels de l'individu. Plus que jamais on a l'impression d'un acte spontané et cependant il a sa détermination dans la prédominance de la sphère sociale avec l'idée du bien public ou de la solidarité humaine.

Ceci nous amène à la distinction des caractères et au problème du libre arbitre.

La théorie des caractères. — Les différences qu'on observe dans la manière d'agir des individus ont depuis longtemps fait naître la théorie des caractères. On les considérait comme des

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facteurs moitié physiques, moitié psychologiques et s'est essayé à les classifier de plusieurs manières *. Du point de vue de la psychologie objective, cette théorie est naturellement sujette à revision. Il faut en éliminer les données fournies par l'introspection, telles que bonté, méchanceté, sentimentalité, etc., qui trop souvent ont été érigées en entités métaphysiques. Nous ne pouvons pas entrer dans tous les détails de cette conception, mais ce qui a été dit permet déjà d'en indiquer la base. Rappelons d'abord que la principale distinction peut être faite d'après la prédominance de la sphère organique ou de la sphère sociale qui entraînent la taxation iïégoïsme ou d'altruisme. Si on tient compte des rapports du mécanisme cérébral au monde extérieur, on peut distinguer le caractère spéculatif, artistique, actif, etc., etc. Le premier sera caractérisé par la richesse des associations cérébrales, le second par le développement des réactions esthétiques, le troisième, par la facilité des réactions externes et ainsi de suite.

Chacun de ces termes désigne une modalité du fonctionnement qui prédispose le mécanisme neuro-psychique à certaines réactions plutôt qu'à d'autres et ajoute encore à la détermination des réflexes personnels.

La question de libre arbitre. — Cela fait que nous pouvons maintenant trancher la question de libre arbitre qui a plané pendant des siècles, comme un mystère, sur l'humanité.

On sait que du côté de la philosophie comme aussi de la psychologie subjective, il a été fait bien des tentatives de résoudre ce problème.

Elles ont formé deux courants directement opposés.

L'un, passant par les épicuriens et Erigène pour aboutir à Renouvier, concluait à l'absolue liberté des actes humains ; l'autre, passant par Spinoza, Descartes et Leibnitz, concluait à une négation non moins absolue de cette liberté.

La première thèse se basait sur l'auto- observation et avait pour elle l'expérience pratique de la vie qui ne révèle rien de

Voir Lazoursky. La science des caractères (en russe), Ш0\

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la détermination des actes volontaires. De ce point de vue la volonté apparaît comme une « force psychique » exempte des lois générales de la nature. Mais cette conception était en désaccord avec l'expérience scientifique, notamment avec la conservation de l'énergie et la loi de la causalité. L'étude objective de l'univers montrait que rien ne s'y crée du néant et que chaque phénomène a une détermination dans les faits antérieurs.

Se basant là-dessus, d'autres savants affirmaient que la prétendue liberté des actes humains n'est qu'un mirage et qu'en réalité ils se produisent avec une nécessité absolue.

A l'appui de cette thèse on citait les données de la statistique d'où il résulte, par exemple, que le nombre des actes criminels est en rapport direct avec le développement de l'alcoolisme ou avec les calamités publiques, telles que la famine, les inondations, etc., etc.

On allait jusqu'à prouver que les actes les plus insignifiants, tels que les erreurs d'adresse sur les lettres, varient en nombre en rapport avec les événements de la vie sociale.

Mais quelle que soit la valeur de cette argumentation, elle ne pouvait aller jusqu'au bout de la preuve où elle se rencontrait avec l'idée de la responsabilité morale.

La plupart des gens ne pouvaient se décider à admettre qu'il ne dépendait que des lois de la statistique ou de l'hérédité, qu'ils ne devinssent eux-mêmes voleurs, assassins ou autrement criminels. Ils cherchaient à concilier une théorie avec l'autre et des tentatives de ce genre se sont répétées indéfiniment depuis Aristote jusqu'à nos jours.

Malheureusement aucune ne semblait satisfaisante et des esprits aussi éminents que Dubois-Reymond ont été réduits à reconnaître, d'une part, la causalité universelle, d'autre part la liberté humaine, sans pouvoir les concilier.

Cet insuccès est dû à l'insuffisance de la psychologie basée sur l'introspection. Du point de vue de la psychologie objective le problème est beaucoup moins difficile à résoudre. La question de l'absolu indéterminisme ne se pose même pas. Du moment où les actes volontaires rentrent dans le schéma du

réflexe, il y a là trop de facteurs déterminants pour parler d'une absolue liberté. Mais la thèse contraire doit être également rejetée. La détermination du réflexe par la mise en action de la sphère personnelle est trop sujette aux variations pour qu'on puisse l'assimiler au jeu d'un mécanisme. L'homme se distingue nettement de l'automate en ce que son mécanisme neuro-psychique est variable. Il change avec les processus physico-chimiques de la vie qui n'ont pas lieu dans une machine. Aussi faut-il dire que les conclusions de la statistique ne valent que pour la moyenne des cas : elles révèlent la prédominance de certains facteurs, mais cette prédominance ne va pas jusqu'à la nécessité et ne détermine pas tous les actes.

Quel est alors le degré de détermination des réflexes personnels ?

Cela dépend de l'état momentané de la sphère personnelle. On a vu plus haut que l'impulsion externe ne présente ici qu'un simple choc, une amorce à la reviviscence des traces cérébrales, tandis que la réaction provient d'un travail cérébral parfois très complexe.

La nature même de la réaction, agressive ou défensive, dépend de l'action stimulante ou inhibitrice produite par la reviviscence des traces cérébrales, surtout de la sphère organique. Il en est de même pour la force qui n'est que rarement en rapport avec celle de l'excitant.

Enfin, de la reviviscence des traces cérébrales dépend aussi la direction du réflexe, le choix de l'organe et la mesure du temps.

Ce dernier moment est particulièrement variable par suite de la faculté d'inhibition des centres nerveux.

Certaines actions se trouvent séparées de l'impulsion première par un laps de plusieurs semaines, de mois ou même d'années, et n'en restent pas moins déterminées par l'état de la sphère personnelle au moment de l'impulsion.

Ainsi, la détermination peut aller jusque dans les détails de l'acte, mais elle peut aussi être très peu précise. Il y a des cas où la reviviscence des traces cérébrales ouvre la voie à

deux réflexes différents, et il suffit que le tonus neuro-psychique de l'individu soit peu accentué pour que le choix de l'un ou de l'autre devienne un effet du hasard. Admettons, par exemple, qu'il y ait deux manières de faire la même chose. L'hésitation entraînera la reviviscence de deux complexus différents et pour peu qu'on se trouve apathique ou fatigué, la réaction se produira au gré du hasard.

Recherches expérimentales sur les mouvements de choix. — Les recherches expérimentales sur la détermination des réflexes personnels se sont limitées jusqu'à présent principalement à la question du temps. Des travaux qui s'y. rapportent, citons tout d'abord les recherches sur les temps de choix d'après la méthode de Wundt. On demandait au sujet de réagir aux excitations sonores par des mouvements convenus de la main ou du doigt, et s'est rendu compte que les temps de choix étaient beaucoup plus grands que celui de la réaction simple.

Le mécanisme du choix peut être étudié aussi par d'autres procédés. On peut présenter des disques diversement colorés et demander au sujet de les classer dans l'ordre des couleurs de spectre solaire, ou bien, ce qui est plus simple, des disques de la même couleur, mais de différentes nuances, et demander de les classer dans l'ordre croissant de leur intensité. Enfin, on peut donner des disques de différentes grandeurs pour former une échelle montante ou descendante. Le temps de ces opérations peut être pris à l'aide du chronomètre et pour en déduire celui de la réaction motrice on peut demander au préalable de prendre les mêmes objets sans discernement.

Dans notre laboratoire, le Dr Spirtoff a fait une série d'expériences sur l'exercice d'un choix tout à fait libre parmi différents dessins et objets situés à égale distance du sujet. Ces expériences ont été faites sur notre proposition dans le but de trouver les motifs internes du choix.

Les sujets étaient au nombre de 18 : 11 hommes et 7 femmes. On prenait en considération la grandeur des excitants, leur forme, leur coloris, la position par rapport à leur axe ou à

l'horizon, la position par rapport au sujet, l'état d'immobilité ou de mouvement, l'état d'isolement ou de voisinage, l'état de nouveauté ou du déjà vu.

Le choix se composait de dessins, de simples lignes, de figures et de corps géométriques. L'effet du convexe et du concave était obtenu par l'estampillage. L'influence de l'entourage se réduisait à celle que peut avoir la qualité même du carton, sa forme ou la présence, dans un coin, de quelques ligures complémentaires.

Les excitants étaient disposés à égale distance du sujet, à l'endroit de la meilleure vue. La présentation se faisait à l'aide d'obturateurs automatiques ou avec un éclairage momentané.

Les expériences ont révélé, avant tout, l'action prépondérante de la sphère personnelle dans les mouvements déterminés par la reviviscence des traces cérébrales. A côté de cela on a reconnu l'action inductrice des réflexes précédents, limitée cependant à la durée d'une seule séance. Pour le reste, les résultats obtenus se classent de la manière suivante :

1. En ce qui concerne la grandeur des excitants, la préférence allait aux plus grands ou aux moyens. 11 n'y avait d'exception сше pour les lettres où on choisissait volontiers les petites.

2. En ce qui concerne la position, la préférence allait aux dessins ou objets placés verticalement ; dans un petit nombre de cas le choix a oscillé entre les objets verticaux et inclinés ou entre les verticaux et horizontaux. Une préférence marquée pour les objets inclinés a été reconnue comme une exception.

3. Des lignes, le plus souvent, étaient choisies celles qui formaient des zigzags réguliers ; puis venaient les droites, les ondulées et, en dernier lieu, les lignes qui formaient des zigzags irréguliers.

4. Des angles, les droits et les aigus étaient, à de rares exceptions, nettement préférés aux obtus.

5. Des figures composées de trois lignes, on choisissait de préférence le triangle avec un angle droit; puis venaient les triangles équilatéraux ; le segment était choisi le moins souvent.

6. Des figures composées de quatre lignes, on choisissait le plus souvent le romboïde, puis le carré et le parallélogramme ; plus rarement, le trapèze et le carré de forme irrégulière.

7. Des rondes on choisissait le plus souvent le cercle et, presque autant, la spirale; plus rarement, les ellipses, les hyperboles ou les paraboles.

8. Des corps géométriques on choisissait de préférence le cube et presque aussi souvent la pyramide ; puis venaient les corps sphériques, les prismes, le cylindre et le cône.

9. Le choix entre le cercle et les figures angulaires a donné des résultats assez incertains ; les femmes donnaient généralement la préférence au premier, les hommes avaient une tendance opposée.

'10. Des couleurs, on choisissait le plus souvent le bleu, puis le rouge et le violet ; puis venaient dans l'ordre de leur fréquence, le jaune, le vert et l'orange.

11. Des quatre facteurs précités — grandeur,, forme, position et couleur — l'influence décisive revenait à la couleur et à la forme, le plus souvent à la première ; quant à la grandeur et à la position, elles avaient relativement moins d'importance.

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