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Les figures en relief étaient préférées aux autres

13. Les figures en mouvement avaient de même un avantage considérable, sauf pour l'image du lion qui était préféré dans une pose immobile, debout ou couché.

14. En ce qui concerne le cadre de la présentation, les objets encadrés de détails complémentaires étaient choisis avec une préférence bien marquée.

15. En ce qui concerne la nouveauté et l'originalité, les résultats étaient plutôt négatifs ; on préférait les objets plus ou moins connus, tandis que les objets rares, exotiques ou anciens, étaient peu choisis.

16. Enfin, la position, vis-à-vis du sujet, donnait lieu à une t appréciation très spéciale; on préférait les objets situés en

haut et à droite du sujet. En ce qui concerne la distance, les objets éloignés ou situés à une distance moyenne étaient choisis de préférence aux plus rapprochés.

De cet aperçu, on peut conclure que les mouvements de choix subissent l'action inductrice non seulement des réflexes précédents, mais encore d'une masse de facteurs qui constituent l'expérience antérieure du sujet.

Influence des facteurs externes sur les réflexes personnels. — En ce qui concerne les conditions externes des réflexes personnels, il faut relever, en premier lieu, l'influence des mouvements concomitants. Cette question a été étudiée dans notre laboratoire par le prof. Ossipow1. Le sujet devait passer le doigt médian de la main droite dans l'anneau de l'ergographe de Messo relié à une poulie, et faire des mouvements de contraction, en tirant sur le fil. Au bout de quelque temps les mouvements s'égalisaient suivant un certain rythme, de sorte qu'on pouvait établir une courbe individuelle caractérisée par la constance des amplitudes. A ce mouvement on ajoutait alors un autre exécuté avec la main restée libre, avec un pied ou même avec les deux.

Les expériences ont montré que les mouvements passifs, même très compliqués, ne retentissaient presque pas sur le mouvement de contraction. Quant aux mouvements actifs, ils avaient une répercussion considérable, surtout si l'extrémité correspondante était également chargée d'un poids. En résumé, on a vu que les mouvements concomitants influent sur le réflexe personnel en raison directe de leur complexité et de l'effort musculaire qu'ils nécessitent. L'action inhibitrice ne diminue qu'avec la formation de l'habitude.

Ces recherches ont été complétées dans notre laboratoire par le travail de Mmcs Solovtzova et Barankéeva2. Celui-ci avait pour objet un mouvement de contraction et d'extension de deux doigts. Les expériences commençaient, comme dans le cas précédent, par l'établissement d'une courbe normale du

1. Ossipow. Contribution au problème des coordinations motrices (en v russe). Nevrol. Westnik., 1904, livr. 3.

2. A. Solovtzova et V. Barankéeva. De l'influence des mouvements musculaires les uns sur les autres (en russe). Rousski W?'atch, 1906, n° 25.

mouvement, après quoi on étudiait les variations .produites par la fatigue, l'altération du tonus neuro-psychique, les émotions, le défaut de concentration et par les mouvements concomitants. Ces derniers se divisaient, à leur tour : 1° en mouvements concordants ; 2 . mouvements discordants ; 3. mouvements opposés et 4. mouvements exécutés dans deux plans différents. Outre cela, on prenait en considération l'influence de leur rythme.

Les résultats se réduisent, brièvement, à ceci. Tout mouvement complémentaire retentit sur l'exécution du mouvement principal. Plus il est complexe, plus le retentissement est profond : par exemple, un mouvement circulaire ou fait dans un plan différent, retentit beaucoup plus que les mouvements concordants. Le rythme a aussi une grande influence : les mouvements arythmiques altèrent la courbe bien plus que les rythmiques. L'altération diminue après quelques répétitions où se manifeste la formation de l'habitude. L'action de l'habitude est très individuelle ; chez certains sujets elle se manifeste beaucoup plus vite que chez d'autres. Les mouvements des extrémités inférieures retentissent bien plus sur la courbe du mouvement des doigts que les mouvements de l'autre main ou du bras. Des deux extrémités inférieures, l'extrémité opposée a une action plus forte que l'extrémité homonyme.

L'action simultanée des deux extrémités inférieures est moins forte que celle de l'extrémité opposée toute seule. Dans tout cela il y a des différences individuelles très marquées.

Mais l'action des mouvements concomitants n'est pas la seule qui modifie les réflexes personnels. Ils sont sujets à toutes sortes d'influences externes parmi lesquelles on peut citer particulièrement l'influence des excitations sonores.

Les expériences de Mme Hirman (de notre laboratoire) ont montré que les mouvements de contraction d'un doigt tirant sur l'ergographe de Mosso, se modifient sous l'influence des sons et, tout particulièrement, de leur rythme. On a vu notamment qu'ils se ralentissent ou s'accélèrent selon la mesure des •sons. L'exécution des morceaux de musique exerce une action

encore plus profonde comme cela a été maintes fois constaté par les observateurs.

Le mécanisme des réflexes personnels est exposé à bien d'autres influences externes, mais l'étude de celles-ci reste encore ouverte.

Influence des associations cérébrales sur les réflexes personnels. — Passons maintenant à l'action indirecte sur les réflexes personnels, par l'intermédiaire des associations cérébrales.

L'expérience montre que si le réflexe personnel se produit en réponse à une excitation convenue, il répondra aussi à toute excitation associée à la première. Ainsi, par exemple, si ол convient de répondre par un mouvement de contraction du doigt à la production d'un certain son, il suffit de faire accompagner celui-ci de l'illumination d'une lampe électrique pour que le mouvement des doigts continue sur la production de l'excitant lumineux tout seul.

Naturellement ici comme pour les réflexes simples, l'effet dépend des conditions où s'est faite la présentation simultanée des excitants : du nombre des excitations simultanées, de la vitesse de leur succession, de l'intensité de l'excitation associée, de la concordance de l'une avec l'autre dans le temps, de la régularité de leur rythme, etc., etc. Chez nous tout cela a été confirmé par les recherches de Mme le Dr Dobrotworskaïa.

Les expériences étaient faites, comme il a déjà été dit plus haut, dans une chambre obscure. Gomme excitant principal, on prenait le son d'un timbre électrique, comme excitant associé, l'illumination d'une lampe électrique dont la force variait, selon les cas, de 1,5 à 10 et à 25 bougies. Le sujet devait répondre par la pression du doigt sur un ballon en caoutchouc dont la compression se transmettait à la plume de l'appareil enregistreur.

La présentation des excitants se faisait de trois manières différentes.

Dans le premier groupe d'expériences, la lumière et le son

étaient produits simultanément, puis, après un certain nombre d'épreuves, l'excitant sonore était supprimé ; dans le second groupe, les deux excitations étaient séparées par un petit intervalle; dans le troisième groupe l'excitation sonore s'ajoutait à la fin de l'excitation lumineuse. Grâce à ces combinaisons on a pu étudier outre l'effet de l'excitation directe, la possibilité de faire des intervalles, l'influence de leur durée et de leur rythme.

Enfin, pour empêcher la transformation des réflexes personnels en réactions automatiques, on intercalait des expériences de contrôle qui étaient de deux sortes : ou bien on supprimait les deux excitations en même temps, ou bien on faisait une série d'épreuves avec les excitations sonores toutes seules.

Les formes supérieures des réflexes personnels : le dessin, la. peinture, la sculpture, la musique. — Les impressions externes peuvent avoir un effet cumulatif et produire un état de tension qu'on désigne comme besoin organique de l'individu.

Objectivement celui-ci présente un réflexe inhibé qui se décharge dans un enchaînement de réactions. Parmi les réflexes de ce genre, les plus élevés sont ceux qui proviennent d'une émotion esthétique : le dessin, la peinture, la sculpture et la musique.

Quelque complexes que soient les réactions de ce genre, on peut les étudier également d'un point de vue objectif. Naturellement cela exige une étude plus circonstanciée et peut nécessiter, pour chacune, plusieurs séries d'expériences.

En ce qui concerne le dessin, on peut demander aux sujets de le faire de tête sur une certaine donnée ou bien étudier la manière dont ils copient un modèle.

Dans le premier cas, on tiendra compte de la richesse du contenu, du développement des diverses parties, de la finesse des détails, de la perspective, etc.; dans le second, de l'exactitude du dessin, de la corrélation des parties, de la régularité des lignes, etc., etc. Il est bien entendu que dans une étude de ce genre, il faut se renseigner sur l'exercice préalable de

la faculté et, pour faire des recherches comparatives, il faut prendre des sujets à peu près également développés.

Dans notre étude sur l'évolution du dessin chez l'enfant nous avons reconnu que l'adaptation du dessin au modèle ne s'obtient qu'assez tard; il commence par être simplement expressif1. Ce sont là deux modes d'activité qu'on retrouve dans toutes les formes de l'art plastique et même dans l'art musical. La musique cherche souvent à décrire, mais elle peut aussi être simplement expressive. Elle peut se réduire à une décharge spécifique des complexus émotionnels et dans un cas comme dans l'autre présenter un enchaînement de réactions dont le mécanisme se prête bien à l'étude objective. Mais làdessus les recherches systématiques font encore défaut et c'est là une partie de la psychologie objective qui appartient à l'avenir.

Les réflexes personnels et la fatigue. — Rappelons encore les expériences sur le travail musculaire et la fatigue qui ont un rapport direct aux réflexes personnels. Le fait est que l'effort musculaire se résout généralement en réflexes personnels, soit qu'il s'agisse d'écarter un obstacle, soit qu'il s'agisse de soulever un poids.

Dans toute réaction externe, on peut distinguer, comme Га dit le Dr Schoumkoff, la part qui représente le « réflexe du travail utile ». Par ce terme, il désigne la partie du travail musculaire qui répond à l'excitation reçue. Celle-ci peut être mesurée comme grandeur, comme exactitude, comme vitesse et comme durée.

Les mensurations exactes du travail musculaire n'ont commencé qu'avec l'adoption de l'ergographe de Mosso qui a reçu, depuis, plusieurs perfectionnements. Parmi ces derniers, le plus important est dû àKraepelin.

Mosso a trouvé, dès les premières expériences, que chaque homme a une courbe du travail musculaire qui est caractéristique pour lui2. Ensuite, il a découvert que si on compare l'ef-

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