Binet et Henri. La fatigue mentale
Mosso1, l'inventeur du plethysmographe, s'en était déjà servi pour reconnaître des faits analogues. Ainsi, il s'était rendu compte qu'une simple multiplication de 8 par 17 suffit pour altérer le pouls du sujet. Le volume de l'extrémité diminue de 4 centimètres cubes, le dicrotisme est moins net, la courbe des pulsations baisse. La systole du cœur, quelle qu'en soit la force, ne produit pas de soulèvements, mais la partie diastolique de l'onde reste plus élevée. Mosso avait conclu de tout cela que l'altération du pouls provient toujours d'une excitation qui accompagne le passage du repos au travail cérébral. Cependant nous avons déjà vu qu'un travail un peu prolongé, quelqu'intense qu'il soit, ne s'accompagne d'aucune altération du pouls et il semblerait plutôt que ce phénomène résulte d'une altération combinée de l'activité cardiaque et de la respiration.
Fr. Frank 2 avait également signalé l'altération du pouls sous l'effet du travail intellectuel, mais il la mettait en rapport avec le changement de la respiration.
Des phénomènes analogues ont été reconnus par Kraepelin 3, Tannhofer4 et par Gley3. Ce dernier a en outre constaté un élargissement de l'artère carotide avec augmentation du dicrotisme et des altérations contraires de la radiale.
Comme travaux plus récents on peut signaler ceux de Patrizi 6, Kelchner7, Laitz8et enfin les recherches d'E. Weber9. Ce dernier a trouvé que sous l'effet du travail intellectuel le volume des membres et des parties extérieures du corps diminue, tandis que celui des organes internes, par exemple, des intestins, accuse une augmentation.
4. Mosso. Acad. délie scienze di Torino, Vol. XI, 1875. — Die Diagnostik des Puises, Trad. ail., 1899.