Patrici. Rivista med. italiana
l'essor du travail intellectuel, ce qui permettait de conclure que l'hyperhémie du cerveau est bien un résultat de ce dernier.
D'autre part Mosso a trouvé que la courbe des pulsations est la même pour le cerveau et pour l'ensemble de l'extrémité supérieure, tandis que les courbes plethysmographiques sont dans un rapport contraire. Autrement dit, sous l'effet du travail intellectuel le volume du cerveau augmente, tandis que le volume de la tête diminue. Mosso y voit un effet de la constriction vasculaire et non pas de la respiration, comme le pensait Fr. Frank.
D'après E. Weber l'hyperhémie commence à se manifester un peu avant la constriction des vaisseaux périphériques.
Ces résultats ont fait naître la théorie de l'antagonisme entre les vaisseaux périphériques et ceux du cerveau, d'après laquelle la constriction des premiers devait entraîner une dilatation passive des seconds et vice versa. Bon nombre d'auteurs y ont adhéré, mais les recherches faites dans notre laboratoire tendent aujourd'hui à la renverser. Citons à titre d'appui, les expériences de Levtchenco.1, Todorsky2, Beynar3, Sobolewsky * et autres qui se sont servis dans ce but de tous les procédés connus : du procédé de Hurthle, ordinaire et avec ligature préalable de la carotide, du procédé de Gartner- Wagner, du procédé de Nagel avec détermination du volume à travers une fissure du crâne, du procédé de Donders avec une ouverture artificielle dans la boîte crânienne et d'un procédé spécial inauguré chez nous, avec photographie du cerveau à travers l'ouverture crânienne 5.
1. Levtchenko. De l'altération de la circulation cérébrale pendant le sommeil, etc. Thèse, Saint-Pétersbourg, 1899.
2. Todorsky. De la circulation cérébrale au cours des accès d'épilepsie. Wratch., 1881; Thèse, Kharkow, 1900.
3. Beynar. Des variations de la circulation cérébrale dans l'alcoolisme aigu. Thèse, Saint-Pétersbourg, J 898. ,
4. Sobolewsky. De l'influence des hémorragies sur la circulation cérébrale. Thèse, Saint-Pétersbourg, 1901.
5. Notons à ce sujet que seule l'application simultanée de plusieurs de ces procédés garantit la précision des résultats. C'est ce qui a été fait chez nous (par exemple la photographie des vaisseaux était complétée par la mesure de la pression artérielle). Le procédé de Hurthle tout seul, peut se trouver insuffisant.
Au cours de ces expériences on a constaté que dans certains cas la constriction des vaisseaux de l'écorce s'accompagne d'une dilatation des grands vaisseaux du cerveau, ce qui fait que la tension cérébrale peut se relever malgré les signes extérieurs d'une constriction. Dans certains autres cas, par exemple, pendant une saignée, la constriction des vaisseaux cérébraux peut s'accompagner d'une constriction générale du système vasculaire. Dans les accès d'épilepsie on constate quelquefois une dilatation active des vaisseaux cérébraux. Ces variations doivent être attribuées soit à l'action du centre vasomoteur principal situé dans la région de la moelle allongée, soit à l'action des centres vasculaires supérieurs.
Ainsi, les changements de la circulation cérébrale ne sont pas de nature tout à fait passive, comme le croyait Mosso. En effet, même théoriquement il paraît peu croyable que le cerveau puisse servir de dépôt aux masses sanguines expulsées des autres parties du corps. Un tel afflux ne pourrait se faire sans produire d'effet pernicieux. Nous savons du reste que les masses expulsées par la constriction des vaisseaux périphériques sont recueillies par les vaisseaux de la région abdominale et par les grandes artères, tandis que la région crânienne n'y prend qu'une part insignifiante.
En ce qui concerne le développement des réactions internes chez l'enfant, notons d'abord que ce sont les premières en date dans l'évolution phylogénétique des organismes. Chez les protistes qui ne possèdent encore ni organes récepteurs, ni système nerveux, les réactions se réduisent aux contractions internes du protoplasma. Les mouvements externes ne s'y ajoutent que peu à peu avec la différenciation progressive de la structure. Il en est de même pour la vie individuelle des organismes supérieurs. Les réactions internes s'y produisent bien avant les mouvements extérieurs. Dès la période utérine on reconnaît, chez l'embryon, des variations très nettes de l'activité cardiaque sous l'effet des troubles de la circulation dans l'organisme maternel. Après son apparition au monde, les réactions internes se manifestent très nettement sous les impulsions les plus légères.
Ainsi, on observe que le nouveau-né ouvre les yeux tout larges, quand on lui donne le sein. Avec cela, nous avons remarqué nous-mêmes que son visage rougit. Ces phénomènes résultent évidemment d'une réaction sthénique générale. D'autre part, la réaction asthénique se manifeste par l'occlusion des paupières, par la pâleur, par les cris, et s'observe fréquemment quand il a faim ou qu'il est fatigué.