CHAPITRE IX
Recherches sur les concomitants physiologiques du tonus positif et négatif. Recherches sur les concomitants physiologiques des émotions. Action du tonus affectif sur les processus mentaux.
Les réactions internes, aussi bien celles qui résultent des impulsions organiques, que celles qui proviennent du contact avec le monde extérieur, ne s'achèvent pas avec la disparition de l'excitant. Elles se prolongent d'habitude sous forme d'altérations affaiblies du système cardio-vasculaire, de la respiration ou des échanges nutritifs, qui peuvent être, comme les processus réactifs qui les ont déterminées, de deux catégories : sthéniques et asthéniques.
Les unes et les autres retentissent sur les processus neuropsychiques sous forme de variations particulières qu'on appelle états affectifs.
Ainsi, les impressions externes, en tant qu'elles produisent une réaction sthénique ou asthénique quelque peu forte, font naître des états affectifs. D'autre part, les impressions organiques présentent une source autonome des variations du tonus affectif qu'on désigne habituellement comme dispositions d'esprit1. Enfin, l'activité reproductive et associative du système nerveux, qui devient à son tour un stimulus interne, agit aussi dans le même sens. Les variations du tonus affectif, qui dépassent une certaine limite, s'appellent émotions.
Outre les états positifs et négatifs on distingue encore l'état neutre et les états mélangés. En ce qui concerne les émotions,
1. Nous employons ce terme pour ne pas perdre de vue les données de la vie pratique. En réalité le mot « disposition » ne se rapporte pas à l'entité conventionnelle de l'esprit, mais à l'état des centres nerveux.
on peut les diviser, selon la participation du cerveau et des divers sens, en émotions esthétiques, émotions éthiques et autres, dont nous verrons plus loin la nature.
Commençons par l'examen des états positifs et négatifs.
Recherches sur les concomitants physiologiques du tonus positif et négatif. — Comme nous l'avons déjà dit, le tonus positif se développe sous l'effet des altérations sthéniques de l'organisme, le tonus négatif, sous l'effet des altérations asthéniques. Sur la nature de ces altérations il existe déjà toute une série de recherches, mais toutes ne nous seront pas également utiles. Le fait est que la plupart des auteurs qui ont traité ce sujet, se sont contentés d'enregistrer les traits subjectifs des phénomènes, autrement dit se sont servis d'un critérium subjectif qui rendait les résultats très différents et même contradictoires. Tels sont, par exemple, les travaux de Brahn 1 et de Gent 2 dont nous ne citerons pas même les conclusions.
L'étude de Minnemann 3 nous semble entachée du même défaut, car l'auteur ne rattache aucun changement du pouls, ni de la respiration aux variations naturelles du tonus neuropsychique.
D'autres recherches sont simplement entachées d'une terminologie subjective et n'exigent, pour devenir plus claires, que la substitution, à la formule des états agréables ou états de satisfaction, de la notion du tonus positif, et, aux états contraires, de celle du tonus négatif.
D'après les recherches de Mentz4, le tonus négatif raccourcit le tracé du pouls, tandis que le tonus positif l'allonge.
Martius 5 provoquait, chez les sujets, une altération du