Brahn. Exp. Beitrage z. Géfuhlslehre. Phil. Stud., XVIII
2. Gent. Volum. u. Pulscurven bei Gefuhlen u. Affecten. Phil. Stud., XVIII, 1903.
3. Minnemann. Athmung u. Puis bei actuellen Affecten. Beitrage z. Phil., Bd I.
4. Mentz. Die Wirkung acust. Sinnesreize auf Puis u. Athmung. Phil. Stud., BdXI.
5. Martius. Ueber die Lehre v. der Beeinflussung d. Puises u d. Athmung. Beitrdge z. Psych. u. Phil., Bd I, 1905.
tonus affectif, en leur demandant soit de réciter mentalement une poésie, soit de revivre par la pensée un événement agréable ou douloureux. Les altérations positives n'ont pas donné de résultats qui permissent de distinguer nettement un état de l'autre. On constate seulement que l'accélération du pouls était plus fréquente que le ralentissement. Dans les cas où l'altération du tonus résultait d'une impression externe, on obtenait un pouls plus long.
D'après Hirsch1, le tonus négatif entraîne une accélération du pouls avec diminution de hauteur. Le volume de l'extrémité diminue généralement, mais il arrive aussi d'observer le contraire ; la respiration devient plus rapide et moins régulière. Le tonus positif entraîne d'habitude un ralentissement, mais parfois aussi l'accélération du pouls ; la hauteur augmente ; le volume de l'extrémité augmente également, mais il arrive aussi le contraire ; la respiration devient irrégulière et ralentie, mais cela provient peut-être de causes secondaires. Zoneff et Meumann 2 ont trouvé que la respiration est particulièrement sensible aux variations de la sphère neuro-psychique. Ils ont constaté que, dans un état positif, le rythme de cette dernière devient plus superficiel et plus rapide, tandis que dans un état négatif il devient plus profond et plus lent. Dans le premier cas, le tracé des pulsations s'allonge ; dans le second, il se raccourcit.
Kiesow 3 a étudié, à l'aide du sphygmomanomètre de Mosso, les variations de la pression capillaire des doigts dans les différents états neuro-psychiques, entre autres, aussi affectifs. Comme résultat général, il a trouvé que ce n'est pas l'activité neuro-psychique elle-même, ni le processus de la concentration qui produit une altération de la pression sanguine, mais le tonus général dont elles s'accompagnent. Autrement dit, les processus d'association n'ont une action sur les organes inter-
1. Hirsch. De l'altération du pouls et de la respiration dans les étals psychiques (en russe). Thèse, 4899.
2. Zoneff et Meumann. Ueber Begleiterscheinungen psych. Vorgânge in Athm. u. Puis. Phil. Stud., ХѴШ, 1903.
3. Kiesow. Versuche mit Mosso's Sphygmomanometer. Phil. Stud., XI,
nés que dans le cas où ils s'accompagnent d'un tonus affectif.
En résumé, dans les états affectifs, les altérations du pouls, du volume des membres, de la pression vasculaire et de la respiration sont loin d'être établies d'une manière unanime. Bon nombre d'auteurs affirment que le tonus positif est caractérisé par le ralentissement du pouls avec renforcement des pulsations, et le tonus négatif, par l'accélération avec affaiblissement de ces dernières; d'autres, comme Gent, prétendent avoir trouvé l'effet contraire ; quelques-uns, enfin, comme Hirsch, Martius et Minnemann, consignent des résultats variables : tantôt l'accélération, tantôt le ralentissement.
D'une manière générale on peut conclure que le tonus positif produit souvent un renforcement du pouls, et le tonus négatif, un affaiblissement, suivi aussi d'accélération. L'état du système vasculaire se trouve caractérisé, dans le premier cas, par la dilatation des vaisseaux, dans le second, par un processus de constriction. Quant à la respiration, elle devient sous l'effet positif plus fréquente et, souvent, plus profonde ; sous l'effet négatif, aussi plus fréquente, mais, souvent, irrégulière ou plus superficielle.
Mais la différence des résultats dans un aussi grand nombre de recherches ne peut être ni un effet du hasard, ni le produit d'une simple erreur. Elle semble prouver quelque chose de très essentiel, notamment que les altérations viscérales ne forment pas la base même des processus affectifs.
Nous en concluons dans un sens contraire à Lange, que ces derniers ne résultent pas d'une altération du système cardiovasculaire, mais des processus de circulation et de nutrition du cerveau, qui retentissent ensuite sur les organes vasomoteurs. Cette hypothèse se confirme par un fait observé dans notre laboratoire (D'Sreznewski), notamment que sous l'action d'une frayeur, l'altération du tonus affectif se produit avant les premiers symptômes d'une variation dans l'état du cœur et des vaisseaux.
Il s'en suit que les altérations du pouls et de la respiration peuvent varier selon l'état de la tension sanguine et malgré cela se produire en rapport avec le même tonus affectif.
Recherches sur les concomitants physiologiques des émotions. — Les altérations du tonus neuro-psychique qu'on désigne sous le nom d'émotions, doivent résulter, a priori, de réactions encore plus profondes. En effet, toute une série de recherches expérimentales ne laissent là-dessus aucun doute.
Ainsi, Claude Bernard 1 avait déjà noté, comme effet de la joie, un arrêt subit du cœur, suivi de battements renforcés, stimulant l'afflux du sang au cerveau.
Mosso 2 avait trouvé que toute émotion, même faible, s'accompagne d'une dilatation des vaisseaux de l'écorce cérébrale et d'une constriction des vaisseaux périphériques. Ce fait a été démontré à l'aide de la fameuse balance où il apparaissait clairement que la tête devenait plus lourde sous l'effet de l'émotion.
Dans son étude sur la peur il dit que les émotions douloureuses ou terrifiantes produisent des altérations très nettes, mais seulement lorsqu'elles sont subites ; la moindre préparation du sujet affaiblit considérablement l'effet.
Dans ses recherches ultérieures Mosso admet la coïncidence, en certains cas, de la dilatation des vaisseaux cérébraux avec une dilatation simultanée des vaisseaux périphériques 3. En même temps il signale une accélération du cœur et de la respiration.
D'après Féré 4 les émotions agréables élèvent le tracé du pouls ; les émotions déprimantes le font baisser jusqu'à l'alignement complet des courbes ; la peur produit une diminution subite du volume de l'avant-bras. La respiration varie d'une manière encore plus nette. Une émotion prolongée produit des mouvements expiratoires analogues à ceux qui caractérisent le rire. Il n'y a pas jusqu'à l'éclairage coloré qui ne retentisse sur la respiration : la lumière rouge, dans le sens du renforcement, la lumière bleue, dans le sens de l'affaiblissement.