Féré. Gond, physiol. des émotions. Rev. phil
Mentz 1 opérait d'une manière très originale : il présentait au sujet une feuille de papier avec tout un catalogue d'états affectifs et le priait de choisir celui qui se rapprochait le plus de son état momentané. Gomme résultat il a trouvé une alternative de courbes, brèves et longues, pour les pulsations ; la respiration devenait plus profonde et changeait de niveau ; mais aucun état n'a pu être caractérisé par des traits précis.
Lehmann a a étudié le pouls, le volume de l'avant-bras et la respiration du sujet, en comparant l'état normal aux états affectifs et émotionnels. Le tonus négatif (mécontentement) était caractérisé, d'après lui, par une diminution du volume de l'avant-bras, de la hauteur et aussi de la longueur des courbes; la respiration s'arrêtait par moments, après quoi elle devenait plus profonde et restait quelque temps irrégulière. L'action du tonus positif se traduisait par l'élévation du pouls dont le tracé devenait aussi plus long ; le volume de l'avant-bras commençait par diminuer, mais pour marquer, bientôt après, une augmentation.
Binet et Courtier 3 ont trouvé, comme effet d'une excitation violente et subite : 1° une aspiration rapide et profonde, suivie d'une accélération du rythme respiratoire ; 2° un tressaillement des muscles de la poitrine et des épaules, se manifestant même dans les cas où le réflexe respiratoire ne se produisait plus; 3° 3-4 secondes après, souvent lorsque l'émotion était déjà près de safîn,une constriction des vaisseaux périphériques.
La peur produite par le cri « au feu » ou par le contact avec une boîte qui contenait un serpent, entraînant toujours une constriction du système vasculaire avec accélération du cœur et de la respiration, mais le même effet était produit par les émotions sthéniques pour peu qu'elles aient été violentes. Les auteurs en ont conclu que les phénomènes en question dépendaient non pas de la nature de l'émotion, mais de sa force.