Dumas. La tristesse et la joie, 1900. Paris, F. Alcan
4. J. Sikorsky. Essai d'une étude objective des états émotionnels (en russe), 1903.
première, rappelant les gémissements provoqués par la douleur physique. L'angoisse entraîne, d'après lui, la dépression et l'arrêt des fonctions physiologiques : la respiration devient plus superficielle avec de courtes ordonnées. La tristesse se distingue de l'angoisse par une dépression plus légère. La peur ressemble, sur les pneumogrammes, à l'expression de la douleur, mais avec des mouvements plus irréguliers. La honte est caractérisée par un affaiblissement de la respiration ; cette dernière devient superficielle ; l'expiration domine de nouveau sur l'aspiration et la courbe devient brisée, indiquant des arrêts momentanés de la fonction. La joie se manifeste, au contraire, par la profondeur et la vitesse des mouvements respiratoires qui facilitent les échanges gazeux dans l'organisme. L'attendrissement, étant un mélange de la tristesse et de la joie, combine les particularités caractéristiques de l'une et de l'autre courbes. Enfin, dans l'état d'indifférence, l'aspiration devient faible, lente, et l'expiration prolongée.
Vu la divergence des données obtenues par ces divers auteurs, nous avons entrepris une série de recherches complémentaires dans notre propre laboratoire. Parmi ces dernières, rappelons, tout d'abord, nos propres recherches faites à l'aide de la suggestion des états affectifs dans l'hypnose. Celles-là ont confirmé toutes les altérations du rythme et de la profondeur aussi bien des mouvements respiratoires que des mouvements cardiaques. Le Dr Lazoursky, ayant repris les mêmes expériences avec la même méthode, est arrivé à des résultats tout à fait analogues. Il s'est convaincu, comme nous, que toute émotion suggérée entraîne des altérations du pouls et de la respiration. Ces dernières étaient particulièrement vives sous l'effet de la peur, de la colère et des émotions déprimantes, tandis que la joie n'avait qu'un retentissement plus faible.
Les troubles de la respiration se sont manifestés, sous l'effet de la joie, par l'accélération du rythme et la diminution des amplitudes; sous l'effet de la frayeur et de la colère, par l'irrégularité des mouvements qui devenaient, tantôt plus profonds, tantôt plus superficiels. L'altération du pouls se manifestait
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aussi bien dans la joie, que dans la douleur, dans la frayeur, que dans la colère, par l'accélération des battements qui montaient de 20à40 à la minute. Quelquefois aussi parle ralentissement (sous l'effet de la joie).
Simultanément avec la fréquence, changeait aussi la forme des courbes.
En résumé, on a vu qu'indépendamment de leur caractère affectif, les émotions fortes et subites agissent toutes d'une manière stimulante sur le pouls et la respiration. En ce qui concerne la frayeur et la colère, on remarque dans la courbe des pulsations l'augmentation des amplitudes avec des clochers aigus et une réaction secondaire encore plus marquée. Quant à la courbe respiratoire, elle marque une aspiration profonde, suivie d'une expiration prolongée et de mouvements irréguliers.
Outre les recherches sur des sujets plongés dans l'état d'hypnose, on en a fait, dans notre laboratoire, sur les émotions provoquées dans l'état normal.
Le Dr Sreznevsky a étudié, chez cinq sujets, l'action des états affectifs, en les provoquant par le rappel des événements douloureux ou autrement impressionnants de leur passé1. Le procédé mnésique éliminait l'action du travail cérébral qui accompagne tout effort de l'imagination. L'inscription du pouls se faisait à l'aide du plethysmographe de Hallion et Compte, celle de la respiration, à l'aide de notre pneumographe à nous.
Les résultats ont confirmé le fait que les émotions, soit sthéniques, soit asthéniques, produisent une accélération du pouls, les secondes, plus grandes que les premières.
En moyenne, dans les émotions asthéniques, l'accélération était, pour chaque battement de 0,06 de seconde, dans les émotions sthéniques, de 0,03. Dans trois cas de ces dernières, on a constaté, par contre, un léger ralentissement.
La respiration a donné des résultats moins nets. En résumé on peut dire que la reviviscence des traces mnôsiques d'un