‹ La psychologie objective;Chapitre 32 sur 145 · Sreznevsky. Thèse (en russe), Saint-Pétersbourg · texte numérisé non relu

Sreznevsky. Thèse (en russe), Saint-Pétersbourg

caractère émotionnel rendait la respiration moins régulière ; le tonus dépressif rendait les mouvements respiratoires plus rapides et plus profonds ; le tonus positif entraînait tantôt l'accélération (dans 7 cas), tantôt le ralentissement (dans 4 cas) ; la profondeur variait aussi, indépendamment de l'accélération, c'est-à-dire, les mouvements étaient tantôt accélérés et plus profonds, tantôt accélérés et plus superficiels.

D'autres recherches, détaillées et approfondies, ont été faites par le même auteur sur l'action du choc que produit un coup de revolver ou un éclair de magnésium Voici quels sont ici les principaux résultats :

La respiration est marquée, tout d'abord, par un mouvement aspiratoire, suivi généralement d'un autre, ralenti et plus court, mais quelquefois encore assez prolongé ; après quoi viennent quelques mouvements accélérés, de plus en plus profonds et réguliers jusqu'à ce que la respiration revienne à l'état normal. Le même choc, produit dans l'état d'hypnose, n'a pas donné de résultats aussi nets, ce qui s'explique peut-être par l'insuffisance de la suggestion.

Dans les cas où le sujet était prévenu et les excitations, visuelles ou auditives, quoique aussi violentes, étaient attendues, l'effet faisait également défaut : il ne survenait qu'un ou deux mouvements d'aspiration, courts, mais assez profonds.

Une frayeur moins subite, résultant, par exemple, de la vue d'un serpent, produisait, tout d'abord, un arrêt de la respiration, suivi, en deux cas sur trois, d'une série de mouvements superficiels ou d'une aspiration profonde avec expiration ralentie. La différence s'explique ici comme un effet de la concentration nerveuse, qui, pour un coup de revolver ou un éclair de magnésium, n'a pas le temps de se' produire.

Le pouls devient tout d'abord accéléré, le maximum d'accélération revenant au 5me-6me coup ; après quoi il se ralentit ou revient à l'état normal. En même temps que l'accélération, se produit aussi une élévation du tracé. La courbe du volume marque aussi une hausse sensible. Quelquefois (dans les

i. Sreznewsky. Ibid.

expériences avec le magnésium) l'élévation du pouls est précédée d'un abaissement, de un à deux coups; elle en est généralement suivie, avec un minimum de dix à quinze secondes, après quoi la courbe revient à la normale. Vu l'accélération du pouls, l'augmentation du volume doit être ramené au renforcement de l'activité cardiaque, en partie, peut-être, à l'élévation du tonus musculaire. »

Le sphygmographe de Jacquet donnait un allongement de l'onde et un abaissement dès le premier coup après la détonation ou l'éclair.

Pour le pouls également, l'effet devenait nul, si le sujet était prévenu de l'expérience.

Les expériences qui ont été faites avec enregistrement photographique de tous les phénomènes externes, ont montré que, tout d'abord, se produit le clignement des paupières, ensuite les mouvements respiratoires et, enfin, les mouvements réflexes des doigts. L'accélération du pouls commence dès la première onde.

Outre les phénomènes déjà cités, on remarque aussi les réactions pupillaires qui se produisent sous l'effet des émotions. Bien des auteurs ont signalé que les pupilles se dilatent sous l'effet de la frayeur et se contractent sous l'effet de la colère ou de la rage1. Les recherches plus récentes de Htibner2 éclairent ces phénomènes d'une manière un peu différente. Elles semblent prouver que la réaction des pupilles aux impulsions psychiques se manifeste toujours par la dilatation, suivie plus tard de constriction ou de variations moins marquées. La constriction initiale dans les cas de colère ou de rage ne serait pas réflexe, mais due à un processus d'accommodation. Une simple question adressée au sujet suffit pour produire la dilatation des pupilles.

Le tonus musculaire ne reste pas non plus sans subir l'influence des états affectifs. Les émotions sthéniques s'accom-

1. Gratiolet. De laphysiol., etc., 1865; Rohlmann et Witkowsky. Arcli. f. Anal. u. Phys., 1878; Féré. Sensation et mouvement, 4887, etc.

2. Hùbner. Untersuch. liber die Erweiterung d. Pupillen. Arch.f. Psych. undPhys. d. Sinnesorg, 1906, Bd 41.

pagnent d'une élévation du travail musculaire, tandis que les émotions asthéniques produisent un effet déprimant.

Enfin, comme phénomènes émotionnels, on reconnaît encore certaines altérations des organes internes, tels que les intestins et la vessie. Les sécrétions qui se produisent ici sous l'effet de la frayeur doivent être ramenées à la péristaltique renforcée des intestins et à la constriction de la vessie, accompagnées d'un relâchement momentané des sphincters. Du reste, les fonctions sécrétoires marquent en général des altérations très sensibles. Telle est la sécrétion salivaire, la sécrétion du suc gastrique et les sueurs qui se produisent sous l'effet des émotions. Plus loin, nous les examinerons en détail. Notons, pour le moment, que les émotions sthéniques exercent une action stimulante, tandis que les émotions contraires déterminent l'arrêt des sécrétions ; mais il arrive aussi que ces dernières produisent une sécrétion abondante, comme le prouvent « les sueurs froides » sous l'effet de la frayeur.

Action du tonus affectif sur les processus mentaux. — Les états affectifs et émotionnels, ayant leur base dans la circulation et la nutrition du cerveau, ne restent pas, non plus, sans action sur le cours des processus neuro-psychiques. L'expérience a montré de ce côté-là, que le tonus positif entraîne une succession accélérée d'impressions et d'associations mentales, tandis que le tonus négatif agit d'une manière ralentissante.

Dans cet ordre d'idées signalons tout d'abord les recherches de Mme Soukhova-Ossipova 1 sur le tonus affectif en rapport avec les perceptions visuelles, recherches faites d'après nos conseils et, en partie, dans notre laboratoire.

Les expériences ont porté sur 45 sujets différents. Chacun a été examiné de 8 à 10 fois et chaque fois il a été fait de 10 à 15 expériences. Gomme appareils on en avait essayé plusieurs avant d'arrêter le choix : celui d'Albert, celui de Gattel, un appareil avec un obturateur photographique et un autre avec une lampe à incandescence 2. Finalement ce sont les deux

Page 1