‹ La psychologie objective;Chapitre 43 sur 145 · Munsterberg. Zeit. f. Psych · texte numérisé non relu

Munsterberg. Zeit. f. Psych

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de Scripture (lettres japonaises associées à des lettres allemandes) n'ont pas pu confirmer l'existence des associations inconscientes, mais ce dernier, ayant essayé de renforcer les facteurs inconscients, a obtenu une série de faits qui parlent en faveur de cette hypothèse.

Chez nous, Konorow a essayé de faire des expériences avec des impressions dont une devait s'oublier plus vite que l'autre et, en tout cas, rester inconsciente aussi bien pendant l'évocation que dans le moment précédent1. Les résultats qu'il a obtenus parlent aussi en faveur d'une évocation médiate, mais, somme toute, la question n'est pas encore définitivement tranchée.

Bergstrôm2 aétudié, comme nous l'avons déjà dit, l'action de l'exercice sur les associations et, en même temps l'action des interférences. Ces dernières se produisent, d'après lui, dans les cas où une impression A qui est déjà associée à l'impression В se trouve nouvellement rattachée à une impression G. Il en résulte une collision désignée sous le nom d'interférence.

Les expériences étaient faites à l'aide de cartes ornées de dessins ou de caractères de plusieurs catégories. Ces cartes ayant été bien mélangées, le sujet devait les disposer par groupes dans l'ordre indiqué par l'expérimentateur. Les groupes qui revenaient une seconde fois étaient marqués naturellement par un accroissement de vitesse dù à l'expérience du sujet. Mais il suffisait de changer l'ordre des groupes pour que l'effet fût directement opposé. L'interférence qui en résultait dans l'action d'un groupe sur l'autre, produisait une inhibition et un ralentissement du processus.

D'autres recherches ont été faites en rapport avec la nature du mot inducteur et du lien associatif. Jaslrow3 a fait des expériences sur les écoliers, donnant un mot au tableau noir et leur demandant d'écrire cinq premiers mots qui viendraient par association. L'épreuve a été répétée avec une dizaine de mots inducteurs. Comme résultat il a trouvé que les associations

1. Konorow. Les associations par ressemblance (en russe). Saint-Pétersi bourg, 1905.

2. Berstrôm. Amer. Journ. of Psych., 1894. .3. Jastrow. Psych. Rev., 1, 1894.

étaient rares au début, mais devenaient de plus en plus rapides et nombreuses. En ce qui concerne la nature logique du lien associatif, il en est ressorti que les coordinations étaient les plus fréquentes et, les plus rares, les associations de la partie au tout.

Thumb et Marbe1 ont constaté que les mêmes mots provoquent souvent, chez diverses personnes, les mêmes associations et que les sujets présentent deux types distincts : ceux qui se laissent guider par le mot inducteur et ceux qui répondent selon leurs propres impulsions.

F. Schmidt2 a reconnu l'existence des mêmes types, en étudiant, chez huit garçons âgés de dix ans, les associations qui se forment en réponse à des verbes. Il avait pris, comme inducteurs, l'indicatif présent et passé, l'infinitif et le participe passé d'une trentaine de verbes. Les résultats, comprenant 3.360 associations, ont montré que dans un grand nombre de cas la réponse avait la même forme verbale, quoique les sujets ne fussent pas encore bien au courant des conjugaisons. Si les verbes se trouvaient mélangés à des adjectifs, ce sont ces derniers qui avaient le dessus. Avec cela, non seulement les adjectifs opposés, mais aussi d'autres, différents, comme l'avaient déjà montré les expériences de Munsterberg.

Associations internes ou personnelles. — Les associations internes reposent, comme nous l'avons dit, sur la communauté des impressions organiques qui accompagnent les processus réactifs. Celles-ci accompagnent la plupart des réactions. De la région de l'estomac et des intestins partent les excitations déterminées par le besoin de nourriture et par la digestion de celle-ci ; de la région pectorale partent les excitations déterminées par la quantité et la pureté de l'air qui remplit les poumons ; de la région cardiaque partent les excitations déterminées par l'activité accélérée ou ralentie du cœur ; de la région génitale partent les excitations dues à l'hyperhémie

4. Thumb u. Marbe. Exp. Unters. ub. die sprachl. Analogiebildung. Leipzig, 1901.

2. Schmidt. Exp. Unt. z. Assoc.-lehre. Zeitsch. f. Psych. u. Phys. d. Sinmesorg. XX VI H, 1902.

des organes sexuels et à leur besoin de sécrétion ; des muscles du corps partent les excitations dues à leur état de fatigue ou de repos ; de la région crânienne partent les excitations déterminées par le plus ou moins grand afflux de sang et les variations qui accompagnent l'effort intellectuel.

Cette énumération est loin d'être complète. Les excitations internes n'étant pas aussi nettement localisées, sont aussi moins précises, mais elles laissent néanmoins des traces profondes formant la base même de ce qu'on appelle la sphère personnelle de l'individu. Ces dernières ont ceci de particulier qu'étant constamment renouvelées par l'afflux d'excitations analogues, elles sont dans un état perpétuel de reviviscence et forment un enchaînement ininterrompu d'impressions.

Nous dirons même plus : comme les réactions internes répondent aux besoins les plus vitaux de l'organisme et se produisent, d'une manière ininterrompue, dès les premiers jours de son existence, les impressions internes peuvent acquérir une portée directrice sur tout le cours des phénomènes neuropsychiques. C'est-à-dire, au lieu que les réactions s'enchaînent l'une à l'autre selon la connexion de leurs excitants primitifs, elles peuvent s'enchaîner d'après les traces laissées par les impressions organiques.

C'est ce qui arrive assez souvent. L'expérience journalière montre, à chaque pas, que le caractère des réactions neuropsychiques ne dépend pas autant des impulsions externes que des facteurs organiques qui se rencontrent chez l'individu. Ceux-ci déterminent les actes qu'on appelle communément personnels ou volontaires.

La continuité des impressions internes et leur connexion avec la plupart des impulsions qui viennent du dehors font de la sphère personnelle le principal régulateur de l'activité humaine.

Notons maintenant à ce sujet que les processus réactifs ne sont pas tous également établis et différenciés. Tandis que les impressions cutanées permettent de diriger la réaction vers l'endroit même qui est excité, et les réactions gustatives se rapportent directement à la région buccale, les impressions olfactives, auditives et visuelles produisent des réactions beau-

coup plus vagues. La réaction tend ici vers un point déterminé, situé à une certaine distance du corps, et exige, pour devenir précise, une certaine adaptation de l'appareil moteur.

En ce qui concerne les premières, les réactions cutanées, on peut dire avec assurance qu'elles ne dépendent pas de la sphère personnelle, relevant tout droit des centres inférieurs du système nerveux. Ceci a été prouvé par l'expérience classique avec la grenouille, qui, même étant décérébrée, enlève avec les pattes de derrière les gouttes d'acide qu'on laisse tomber sur son dos. La même chose peut être observée sur les animaux supérieurs après l'ablation des hémisphères. Ainsi un chien, privé de deux hémisphères, tend tout de même le museau vers l'endroit qui est excité. De même si on lui serre le museau pour l'empêcher de respirer, il tend les deux pattes de devant pour se libérer de l'oppression. Un homme plongé dans l'état soporeux par une lésion du cerveau ou par un narcotique, réagit tout de même, aux excitations cutanées, par un mouvement dirigé vers l'endroit touché.

On se demande même si ces mouvements ne sont pas innés et, pour les plus simples, la question doit être tranchée dans le sens affirmatif. Tels sont, par exemple, les mouvements du poussin qui, à peine sorti de l'œuf, se met à piquer autour de lui et nettoyer ses pattes d'un mouvement réflexe du bec.

Chez l'enfant nouveau-né on ne remarque rien de pareil. Ses * réactions ne commencent à se diriger que plus tard et celles que nous avons classées dans la seconde catégorie, qu'à la suite d'une adaptation progressive des organes. Il est vrai que l'œil du nouveau-né se tourne, dès la second jour, vers la lumière, mais il sutiit de l'observer d'un peu plus près pour se rendre compte que les deux yeux ne sont pas encore coordonnés. La vue ne devient possible que dans le courant de la seconde semaine et la faculté de suivre un objet ne se manifeste que dans la 3e, 5e et même 7e semaines. Quant à la recherche spontanée d'un objet, elle ne se produit que vers la І2е-16ѳ semaine. Ici l'intervention de la sphère personnelle est non seulement possible, mais doit être une condition essentielle du développement.

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