G. Tarde. Les lois de limitation. Paris. F. Alcan
action réflexe, tels sont donc les trois termes de la psychologie. Entre ces trois formes de l'activité, il n'y a pas de barrière, il n'y a pas d'hiatus, il n'y a pas d'abîme. La gradation est régulière, sans fissure, sans lacune. Et pourquoi y en aurait-il ? Où a-t-on vu dans la nature ces transitions brusques que déjà niait Aristote ? Les soudaines apparitions d'un phénomène nouveau n'existent nulle part1. »
On voit combien nous serions loin de l'exactitude, si nous interprétions le mouvement imitatif du voisin du point de vue des phénomènes subjectifs qui ne sont accessibles qu'à luimême. Quel droit aurions-nous d'affirmer qu'il ait pensé de môme que nous au lieu d'avoir agi tout à fait automatiquement ? Il est évident que le processus objectivement constaté n'y aurait rien gagné en clarté et que la psychologie, telle que nous la comprenons, n'a nullement le devoir d'éclairer ce côté du phénomène.
Extension de l'étude a la totalité de l'arc réflexe. — Mais si la psychologie objective renonce à approfondir le côté subjectif des réactions, elle étend les recherches à la totalité de l'arc réflexe, tenant compte aussi bien des impulsions qui l'ont déterminé que des variations externes ou internes auxquelles il aboutit. De ce point de vue le champ de ses recherches est bien plus vaste que celui de la psychologie subjective qui n'a pour objet que la phase centrale de processus et n'éclaire ni son origine, ni sa fin.
En réalité, on arrive partout et toujours à découvrir la cause externe d'une réaction neuro-psychique. Là où cette dernière paraît spontanée, le facteur externe n'est que plus ou moins éloigné et il faut le chercher dans le passé. La psychologie objective arrive ainsi à établir la corrélation complète de l'organisme avec le monde externe, sans tenir compte des phénomènes subjectifs que nous sommes portés à lui attribuer, par analogie avec nos propres états dame. Pour elle il n'y a ni sensations, ni images, ni idées. Elle ne doit considérer que