‹ La psychologie objective;Chapitre 52 sur 145 · Bechterew. Les fonctions nerveuses (en russe) Ііѵ. IV · texte numérisé non relu

Bechterew. Les fonctions nerveuses (en russe) Ііѵ. IV

des appareils musculaires, des canaux semi-circulaires qui se trouvent en rapport avec l'appareil auditif, et de la région du troisième ventricule qui est en connexion avec l'appareil visuel.

Le cervelet est relié aux hémisphères cérébraux par des voies croisées : ses pédoncules antérieurs se croisent audessous des quadrijumeaux et, s'interrompant en partie dans les noyaux rouges, en partie dans les noyaux des couches optiques, se prolongent sous forme de fibres corticales vers la région du grand cerveau. Outre cela, celui-ci se trouve relié au cervelet par les fibres centrifuges qui font partie du système frontal et des systèmes temporo-occipitaux, ainsi que par les fibres centripètes du pédoncule moyen opposé. On peut donc dire que le mécanisme de la station debout et de la marche est localisé dans les centres sous-corticaux — du pont de Varole, du cervelet et des couches optiques 1 — mais que ces derniers travaillent sous le contrôle des centres supérieurs. C'est pourquoi un animal privé d'hémisphères cérébraux peut généralement rester debout, marcher et même courir, mais ne peut exécuter aucun mouvement psycho-réflexe, comme par exemple, prendre la fuite devant l'ennemi ou se jeter sur la proie. Les oiseaux privés d'hémisphères cérébraux se tiennent encore tout à fait bien sur les pattes et peuvent même voler, mais ne bougent plus de leur place, quelque chose qu'on fasse autour pour les effrayer.

Il est vrai que les oiseaux, même complètement décérébrés, sortent quelquefois de leur immobilité et se mettent à errer autour, mais cela résulte d'excitations purement intérieures, telles que, par exemple, le manque de nourriture.

Chez les mammifères les faits se présentent un peu autrement. Ils restent généralement capables de se déplacer sous l'effet d'excitations extérieures, mais se tiennent difficilement sur les pattes, surtout au début après l'opération. Cela prouve que chez eux les impulsions corticales jouent un plus grand rôle, et que plus on s'élève sur l'échelle des êtres, plus celles-ci deviennent prépondérantes.

1. Voir W. Bechterew. Les fonctions bulbo-médullaires. Doin, 1908, p. 324-335.

Le chien de Goltz marchait, il est vrai, fort bien après l'ablation des hémisphères cérébraux, mais il ne faut pas oublier que l'opération avait été faite en plusieurs fois avec des intervalles assez prolongés, ce qui donnait à l'organisme la possibilité de compenser les lacunes dans la coordination statique. Chez les singes, nous l'avons vu de nos propres expériences, la perte d'une certaine partie de l'écorce cérébrale entraîne des troubles déjà plus profonds et qu'ils n'arrivent plus à compenser. Quant à l'homme, la station verticale qui le caractérise dépend, sans aucun doute, encore plus de l'écorce cérébrale. On sait qu'une hémorragie bilatérale, lorsqu'elle se localise dans les régions motrices du cerveau, entraîne chez lui non seulement la perte de certains mouvements, mais aussi l'impossibilité de rester debout et de marcher. Et dans certaines lésions de l'écorce, lorsque la faculté de se tenir debout et de marcher reste intacte, on voit d'autre part l'impossibilité complète de se déplacer, ce qui indique la perte totale des mouvements psycho-réflexes.

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