‹ La psychologie objective;Chapitre 57 sur 145 · G. Lager. Entdeckung d. Seele. Leipzifi · texte numérisé non relu

G. Lager. Entdeckung d. Seele. Leipzifi

« Les traits du visage, dit Moll, les cheveux, la forme du corps, diffèrent beaucoup chez l'homme et chez la femme. Mais à côté de cela la couleur de la peau n'est pas, non plus, indifférente. Généralement les négresses ont peu d'attraits pour les blancs... Le timbre de la voix a aussi une certaine importance. Une femme fine de corps, mais douée d'une voix grossière ou basse produira un effet repoussant. Nous croyons que ce dernier facteur est même plus important qu'on ne le pense d'habitude. Nous le déduisons non seulement du succès des chanteurs, mais encore des observations sur les aveugles. »

Moll ajoute à ce sujet qu'aucun organe sensoriel n'a d'importance exclusive pour la direction de l'instinct. En cas de perte il peut facilement être remplacé par un autre.

Il est bien entendu que chez l'homme tout cela se complique par l'activité associative des centres cérébraux et par l'intervention de sa personnalité. De l'appréciation qui en résulte pour l'individu doit dépendre en fin de compte la direction de l'instinct sexuel.

Notons encore que l'expérience personnelle peut entrer quelquefois en collision avec les usages de la race et du pays. Telle était, par exemple, dans l'ancien temps, l'usage qui conférait au seigneurie droit « primae noctis » et celui qui obligeait de prêter sa femme aux hôtes de marque. Ici les facteurs sociaux ont une action restrictive sur le mécanisme de l'instinct.

En résumé, chez tous les animaux, y compris aussi l'homme, l'instinct sexuel est déterminé par une impulsion héréditaire, mais se dirige selon les conditions d'existence de l'espèce. Chez l'homme, à ces facteurs généraux il s'ajoute des différences de classe et une différenciation encore plus fine basée sur le développement de sa personnalité.

L'instinct maternel. — Comme suite à l'instinct de fécondation et de procréation on trouve un instinct qui a pour but la conservation de la descendance et qu'on désigne d'habitude sous le nom d'instinct maternel.

Ici nous commencerons par écarter une foule de questions, à savoir, si la mère agit consciemment, de son propre chef ou sur la demande des petits, dans l'intérêt de ceux-ci ou dans l'intérêt de l'espèce, etc., etc. Ce sont des jugements purement subjectifs, basés sur une interprétation qui n'a de valeur qu'à l'égard de soi-même. Du point de vue de la psychologie objective il n'y a là de nouveau qu'une question : à savoir, si l'activité nouvelle relève des facteurs organiques ou des facteurs externes, soit dans quelle mesure elle relève des uns et des autres.

Gomme facteur organique on en trouve un de nature impersonnelle, héréditaire : le besoin de protection pour la partie de l'organisme qui doit perpétuer l'espèce. Aux degrés les plus bas de l'échelle des êtres, lorsque la reproduction se fait par bipartition ou par bourgeonnement, ce besoin n'existe pas. Chaque partie qui se détache est aussi viable que l'organisme maternel tout entier. Dans la génération asexuée le besoin de protection ne s'étend pas au delà de la période utérine. Avec la reproduction sexuelle l'organisme atteint un degré de complexité qui nécessite des actes de protection bien plus étendus. Ces derniers peuvent avoir un caractère préparatoire ou un caractère protecteur dans le sens propre du mot, cela ne change rien à leur mécanisme ; ce sont toujours des mouvements automatiques qui se distinguent des autres catégories de réflexes parce qu'ils ont pour but non pas l'individu même, mais sa descendance.

On sait que les poissons déposent souvent leurs œufs dans des cavités artificielles. Ainsi, par exemple, les truites les déposent dans un petit trou qu'elles font avec leur queue. Les saumons cherchent une cavité naturelle qu'ils recouvrent après la ponte. Les perches fixent leurs œufs à une racine ou derrière une pierre qui leur sert de protection, et l'épinoche construit même dans ce but de véritables nids. Tout cela ce sont des mouvements du même caractère.

Pour faire comprendre combien ils sont automatiques, il suffît de citer les exemples suivants. Au dire d'Altum, les oiseaux qui couvent des œufs se montrent liés par le temps et

non pas par la besogne qu'ils font1. Si au bout de sept ou huit jours on leur met des œufs frais, on voit qu'ils cessent de couver comme si les œufs n'étaient pas changés et sans s'occuper du fait qu'il s'en faut de presque rien pour les faire éclore. Il en est de même pour l'instinct qui les force de nourrir les petits. Ils cessent de les nourrir à date fixe, sans faire attention même à des cris de faim.

W. Wagner rapporte un fait également très caractéristique. Il a observé notamment que si on détruit un nid d'hirondelles dans les premiers jours après l'éclosion des petits, c'est-à-dire lorsque « la courbe du sentiment maternel » est encore très élevée, l'instinct nourricier parle d'une manière tellement impérieuse que les vieux s'envolent vers d'autres nids et se mettent à nourrir des petits étrangers, malgré la résistance des parents qui est parfois très vive.

Cet exemple montre, on ne peut mieux, combien l'instinct maternel, malgré l'apparence de finalité, est loin d'une activité personnelle. De tous les instincts, c'est peut-être celui qui relève le plus d'un besoin organique et se laisse le moins guider par les excitants externes. En effet, prenons comme exemple un oiseau. Que de fois ne voit-il pas un brin de paille ou une brindille de bois sans que cette vue détermine chez lui le moindre réflexe ! Mais voici venir le moment de la ponte des œufs, et l'oiseau, qui n'en a pas encore la moindre expérience, se met à recueillir tout cela pour en faire un nid. A la construction du nid succède la couvée, puis la recherche et l'apport de la nourriture aux petits. Chez les mammifères, les soins maternels vont encore plus loin, presque jusqu'à l'âge adulte des enfants. Mais où l'instinct maternel atteint le sommet de son développement, c'est dans la race humaine et surtout chez l'homme civilisé. Les conditions de la vie humaine sont telles qu'un enfant même âgé de plusieurs mois, s'il était abandonné, ne tarderait pas à périr, et, s'il était élevé sans direction, deviendrait incapable de vivre avec les autres. Force est donc aux parents de se charger non seulement de la nourriture, mais

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