‹ La psychologie objective;Chapitre 58 sur 145 · Àltum. Der Vogel u. sein Leben · texte numérisé non relu

Àltum. Der Vogel u. sein Leben

BECHTEREW.

encore de l'éducation de leur descendance. Dans les classes supérieures de la société les soins de ce genre durent non seulement jusqu'au moment où l'enfant devient capable de se conduire lui-même, mais jusqu'à la formation de sa personnalité sociale qui, pour certaines professions, ne s'acquiert qu'après la majorité. Il est vrai que poussée jusqu'à ces limites, l'activité des parents prend un caractère personnel et volontaire, se laissant guider par les facteurs externes et les associations cérébrales ; mais dans certains mouvements qui se produisent au moment de crise ou de danger, on reconnaît encore une origine instinctive.

L'instinct de conservation. — L'instinct de conservation a une origine aussi mystérieuse que l'instinct maternel, mais se rattache à un besoin plus direct, au besoin de protéger sa propre existence. Il serait difficile de dire à quel moment de la phylogénèse et par quels procédés ont pu s'acquérir certains de ces réflexes, mais tels qu'on les trouve, ils répondent à un besoin tout à fait évident, aussi naturel que celui qui produit l'instinct de nutrition. Au fond, ils se rattachent l'un à l'autre comme l'instinct social se rattache à l'instinct sexuel. Ils ont une source commune : la continuité de l'existence. Voici quelques exemples. Les jeunes saumons, à peine sortis des œufs, se mettent à descendre le fleuve vers la mer, mais, arrivés à l'embouchure, s'y arrêtent pour quelque temps. Ce phénomène s'explique, si on prend en considération que le passage direct dans l'eau salée aurait agi sur eux d'une manière pernicieuse. C'est là évidemment un mouvement instinctif.

Les pagures, au sortir de l'œuf et sans être guidés par aucun exemple, s'introduisent dans les coquilles qui doivent leur servir d'abri. Mais ils ne le font que lorsque celles-ci sont vides. Si la limace est encore dedans, ils attendent qu'elle crève, après quoi ils la dévorent et s'installent à sa place {Agassiz).

On sait que le brochet se nourrit de poissons vivants, mais ne touche pas à l'épinoche malgré son petit volume, et cela

s'explique par le fait que celle-ci a des épines qui la rendent dangereuse à avaler. Et cela s'observe aussi bien chez les vieux brochets que chez les tout jeunes.

En ce qui concerne le mécanisme de ce phénomène il importe de relever qu'ici, contrairement aux cas précédents, la détermination est bien plus externe qu'organique. Cela se comprend du reste, car il ne s'agit ici, en fin de compte, que d'une réaction défensive de l'individu et celle-ci ne peut se produire que sur une impulsion externe. Quand s'établit-il cet arc réflexe, comment se transmet-il par hérédité, nous ne saurions le dire aujourd'hui. Nous constatons seulement que certaines espèces réagissent à l'approche de l'eau salée, comme d'autres à l'aspect seul d'une bête, sans avoir aucune expérience personnelle.

L'instinct de conservation peut s'étendre et s'exprimer en réactions bien plus complexes que les mouvements déjà cités. Voici, par exemple, un fait très curieux observé par Hudson chez les cerfs des pampas. Lorsque la femelle, accompagnée d'un petit, sent l'approche d'un chasseur, elle s'arrête et regarde fixement dans la direction de l'ennemi ; le petit reste figé sur place. Puis tout d'un coup, comme sur un signe, il s'élance au loin à une distance de 600 à 1 000 yards, s'étend par terre soit dans un trou, soit caché dans les herbes et reste ainsi jusqu'à ce que la mère vienne le retrouver. Celle-ci reste encore quelques instants comme si elle était pétrifiée, puis, lorsque les chiens sont déjà tout à fait près, elle se met à courir dans une direction opposée à celle du petit. Elle court d'abord lentement, comme si elle boitait un peu, s'arrête de temps en temps et excite par là les ennemis, comme font aussi les perdreaux, les canards sauvages et les pluviers pour détourner l'attention de l'endroit où se trouvent leurs petits. Enfin, lorsque la chasse est déjà suffisamment détournée, elle s'élance à toutes jambes1.

Une forme encore plus vague de l'instinct de conservation peut être observée dans les migrations des oiseaux. Que ce phénomène n'est pas un produit de l'expérience individuelle,

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