‹ La psychologie objective;Chapitre 63 sur 145 · Ebbinghaus. Bas Gedâchtniss · texte numérisé non relu

Ebbinghaus. Bas Gedâchtniss

gulières de la faculté de reproduction. Si les intervalles étaient suffisants pour donner au sujet un certain repos, les fluctuations devenaient moindres. Ensuite ils ont relevé l'action de la fatigue, de la concentration nerveuse et des différences individuelles selon que le sujet appartenait au type visuel, auditif ou moteur1.

Accessoirement ces expériences ont montré que si on dispose les syllabes deux par deux sur une mesure trachéique, l'évocation devient plus facile même après un renversement de leur ordre dans les répétitions. Il va sans dire que la formation de bouts rimés facilite encore plus la reproduction.

A. Jost confirme pleinement les expériences d'Ebbinghaus en ce qui concerne la valeur des intervalles pour la fixation des souvenirs 2. D'après lui aussi, les expériences espacées sur plusieurs journées donnent des résultats meilleurs que celles qu'on fait dans l'espace de quelques heures. Outre cela il a montré que la reproduction dépend du nombre des lectures comme étendue, mais non pas comme solidité. Ce qui rend les traces mncsiques plus solides, ce sont les associations.

Ainsi, par exemple, les lettres sont mieux retenues lorsqu'elles forment des syllabes, les syllabes, lorsqu'elles forment des mots.

Nous voici arrivés aux associations qui, parmi les facteurs internes, ont un rôle prépondérant dans la formation des traces cérébrales. Pour s'en rendre compte, on n'a qu'à répéter les expériences de Muller et Pilzecker qui, d'une série de mots, demandaient les mots voisins et obtenaient des réponses étonnantes de justesse. Scripture a essayé de mettre en lumière l'action inconsciente des associations 3. Pour cela il montrait au sujet une série de mots allemands couplés avec des mots japonais que ce dernier ne savait pas lire. Puis il montrait une autre série de mots allemands avec les mêmes mots japonais et, choissant dans une des deux séries un mot au hasard, lui

1. Miiller etSchumann. Das Gedàchtniss. Zeilschr. f. Psych., 1894.

2. A. Jost. Die Associationsfâhigkeit. Zeilschr. f. Psych., 1897.

3. 8cripture. Ueber den associativ. Verlauf d. Vorstellungen. Phil. Stud., VII, 1У02.

demandait de répondre par un mot à sa volonté. D'après l'auteur, dans un grand nombre de cas la réponse comprenait l'autre mot allemand, mettant en lumière l'action du mot japonais qui avait été couplé avec les deux. Malheureusement, les expériences de Scripture n'ont pas été sans reproche au point de vue technique et nous ne saurions les citer qu'à titre documentaire.

Munsterberg a essayé de les répéter avec plus d'exactitude, mais les résultats qu'il a obtenus étaient peu concluants et l'ont amené à se prononcer dans un sens opposé l. Il est vrai qu'il a opéré avec des impressions très variées, et ce qui est exact pour les réactions visuelles, peut l'être moins que pour les autres sens. Dans une série d'expériences il montrait au sujet deux rangées de mots couplés avec des syllabes dépourvues de sens, dans la seconde, des mots combinés avec des sons musicaux, dans la troisième, des mots combinés avec divers parfums, et, dans la quatrième, suivis d'une pression sur la main gauche. Comme les mots n'étaient qu'au nombre de cinq, il pouvait différencier les pressions en les appliquant chacune sur un doigt différent. Dans la cinquième série les mots étaient accompagnés de cartons colorés. Dans la sixième, à la place de mots, on trouvait des reproductions de tableaux, accompagnés également de cartons colorés. Dans la septième, il montrait de nouveau des mots, mais en les couplant avec des figures géométriques. Il se peut bien que la variété des expériences ait nui à la clarté des résultats.

Howe, W. Smith et Cordes ont obtenu des résultats égalemenf imprécis. Le premier montrait deux séries de mots couplés avec des syllabes dépourvues de sens et, dans une autre expérience, six mots et six dessins couplés avec des figures géométriques 2. Les évocations dues au signe intermédiaire ont été assez rares. W. Smith3 montrait cinq mots et cinq syllabes dépourvus de sens, marqués les uns et les autres de petits signes graphiques qui dans trois cas étaient communs et dans deux

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