Haab. Neurol. Centr
2. Pilz. Ueber Aufmerksamkeitsreflex der Pupillen. Neurol. Cenlr., 1899
3. Heinrich. Die Aufmerksamkeitund die Function d. Sinnesorg. Zeitschr. f. Psych. u. Phys. d. Sinnesorg, IX et XI.
dernier peut être produit par une impulsion interne. Il suffit que celle-ci aboutisse à la reviviscence des traces cérébrales d'une impression qui devient alors le but de la concentration nerveuse. Il n'y a de différence que dans la partie périphérique du réflexe qui, n'étant plus adaptée à l'acte de perception, se trouve altérée ou affaiblie.
Au dehors, la concentration interne se traduit par le froncement des sourcils, par la fermeture des yeux, par l'écartement des axes visuels, souvent aussi par la direction du regard de côté, avec arrêt de la respiration et immobilisation, plus ou moins complète, du corps.
Si la réaction est troublée par des bruits, il s'ajoute à cela un mouvement des deux mains tendant à protéger les oreilles.
Ainsi, la concentration interne présente avant tout un ensemble de mouvements de défense en vue de protéger la reviviscence des traces cérébrales. Mais à côté de cela on peut saisir dans le système musculaire, certains mouvements ayant un caractère d'appui ou de renforcement. Tels sorit, par exemple, les mouvements d'articulation, autrement dit la parole intérieure qui se traduit au dehors par de légères contractions de la langue, des lèvres et des muscles du gosier. Ceux-là sont particulièrement importants, lorsqu'il s'agit de se concentrer non pas sur une image sensorielle, mais sur des symboles verbaux.
La concentration nerveuse présente souvent un acte purement réflexe. On le reconnaît aussi bien dans les mouvements d'adaptation qui forment la concentration visuelle ou auditive, que dans les mouvements d'articulation que nous venons de relever comme concentration interne. Mais, à côté de cela, elle peut avoir également le caractère d'un acte personnel. Ceci arrive, lorsque l'impulsion vient de la sphère personnelle du sujet. Il est évident que dans l'état de distraction n'importe quel phénomène externe ou interne peut fixer la concentration nerveuse de l'organisme. Mais on n'est pas toujours dans cet état. Normalement ce sont les facteurs personnels qui jouent ici le rôle déterminant. L'ensemble des facteurs personnels exerce une action favorable ou inhibitrice et règle par
là le jeu de la concentration nerveuse. C'est ce qui rend possible la direction de la vie intellectuelle et les opérations élémentaires de la logique, telles que la comparaison, l'analyse et la synthèse.
D'autre part, comme la sphère personnelle de l'individu se trouve en rapport non seulement avec les impressions nouvelles, mais aussi avec les traces laissées par les réactions précédentes, il en résulte la possibilité de détourner la concentration nerveuse vers la reviviscence des traces cérébrales et de donner à la concentration interne, un caractère nettement personnel.
La concentration nerveuse étant une condition essentielle de tout travail humain, surtout du travail intellectuel, est en rapport direct avec la quantité et l'exactitude de ce dernier. Aussi a-t-on cherché à se servir de l'un pour mesurer l'intensité de l'autre.
La mesure de la concentration nerveuse. — La méthode dont on se sert le plus souvent pour mesurer le degré de concentration nerveuse est la méthode des corrections, inventée par A. Binet1. Elle consiste à faire barrer certaines lettres dans une liste imprimée. Elle a été reprise avec quelques variations par Binet lui-même etHenri2, par Sharp 3, Vaschide 4 et, dans notre laboratoire, par Wladimirsky 5, Wladytchko 6, Ilyine7 et beaucoup d'autres.
La valeur de cette méthode est dans sa simplicité. La longueur du texte marque la quantité de travail fournie par les sujets et le nombre de lettres barrées vis-à-vis de celui des lettres omises, le degré delà concentration nerveuse.
Les variations proposées consistent à se servir d'un tableau
1. A. Binet. Attention et adaptation. Année psych., 1900, p. 369.
2. Binet et Henri. La psychologie individuelle. Année psych., 1895.
3. Sharp. Individual psychology. Amer. Journ. of psych., 1889, IV.
4. Toulouse, Vaschide et Piéron. Technique de psych. exp., 1904.
5. Wladiminsky. Traits caractéristiques de la concentration nerveuse chez les sourds- muets {en russe). 1908.
6. Wladytchko. Comm. à la Soc. de psych. russe. St-Pbg. Mars, 1908.