‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 58 sur 92 · INCOXSCIENCE DANS LES PROCESSUS PSYCHIQUES CENTRAUX · texte numérisé non relu

INCOXSCIENCE DANS LES PROCESSUS PSYCHIQUES CENTRAUX

poiil-c^tre moins sujette que d'autres aux objections, et a été trouvée facilement intelligible (1).

Dans tout le chapitre, Qu'penter cherche à expliquer, d'après le principe émis, les cas divers de la cérébration ou de Faction réflexe inconsciente, cas que j'ai déjà énuraérés plus haut.

300. L explication donnée par Carpenterestla plus intelligible et la plus simple, elle serait entièrement vraie si on acceptait sa théorie sur les fonctions du cerveau et des ganglions sensoriels, en ce qui regarde la conscience. Mais nous avons déjà considéré cette théorie comme insoutenable, surtout après les expériences faites sur les localisations cérébrales, et nous avons admis que la partie supérieure du cerveau était siège de conscience en même temps que les ganglions.

En comparant les opinions émises par Hamilton, Mill, Carpenter, on y trouve un principe commun qui se rapporte au fait d'un processus psychique inconscient^ constituant, pour Mill, une simple action, ou antécédent physiologique. Je rappelle ici ce que j'ai déjà dit dans le premier (!hapitre de ce livre, à savoir que les antécédents d'un phi'momène conscient sont inconscients, et que le phénomène psychique est constitué par des éléments physiques. Mais le processus physiologicpie que nous avons considéré comme inconscient a ét<î celui des nerfs périphériques, ce qui a rapport aux excitations extérieures directement produites par des forces naturelles. Mais m\ peut-il y avoir aussi un processus central qui ne passe pas à la conscience, c est-à-dire qui reste à l'étîit purement physiologique? — Voi(M ce qui, à mon avis, constitue le phénomène de la cérébration. Le processus central dérive d'une excitation centrale et est suscité par une autre excitation centrale ou par une périphérique, d'une façon analogue à ce qui arrive dans le [irocessus de reproduction ; il peut donc se confondre avec ce menu; processus puisqu'il est réglé par les mêmes lois d'association.

Dans la reproduction, on a trouvé qu'une excitation en amène une autre ou un groupe d'autres, et que ce groupe peut aussi en amener un autre, et ainsi de suite, de sorte qu'il y a une chaîne d'iUats conscients, simples ou complexes, qui sont induits et induisent à leur tour. L'association peut se faire entre les nœuds de groupes d'états conscients, ou entre les éléments extrêmes et souvent accessoires d(î ces groupes, par suite*, entre des perceptions qui sont entrées au point de fixation, et d'autres (jui sont restées (lans le champ dc^ la conscience. On a dit de plus qu'il y a des états consci(*nts (|ui dérivent d'excitations faibles, et d'autres, au contraire, d'excitations intenses. Les premières laissent des traces ou des voies peu profondes, tandis que les autres forment des voies habituelles et plus faciles à parcourir.

(1; Op, cit., p. 517. — Cfr., tout le chap. xiii.

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Or, dans le rappel de quelques étals de conscience, il peut arriver <]uc quelques intermédiaires ne viennent pas à la conscience, bien qu'ils soient des anneaux nc'-cessaircs d'association. Il est facile de concevoir que ces intermédiaii-es ont été rappelés, induits, et qu'ils en ont ensuite induit d'auti-es qui se sont manifestés à la conscience; ils sont pourtant des états inconscients, parce qn'ils sont restés des processus incomplets. Ils peuvent être dérivés déjà d'excitations faibles, et être rappelés, dans la reproduction, par des états encore plus faibles, parce que l'excitation de reproduction est, en général, plus faible que l'excitation originelle, % 279. Par suite de celle faible intensité initiale et de cette intensité encore plus faible dans la reproduction, celte excitaiion n'a pas passé à la phase ultime du processus psychique, et elle est resiée inconsciente. Néanmoins elle a gardé son activité inductrice à l'égard des aulres, lesquelles, étant d'une intensité originelle plus grande, ont eu, dans la reproduction, la force d'achever le processus et de le mener jusqu'à la conscience. Ainsi dans l'exemple rapporté par Hamillon, A, B, C sont liés par une association ; A reproduit induit B, qui, par suite de sa trop faible inlensilé, reste à l'état de pur processus physiolo- (pquc, mais qui induit C, lequel arrive à la conscience. Le processus physiologique de reproduction peut <-ti'e représenté par A — b — C, et le processus psychique par A — — C, c'est-à-dire avec une lacime.

301. Dans le raisonnement, le processus reproductif domine essentiellement ; les relations affirmées sont enti-e perceptions reproduites. Or, si l'une de celles-ci n'est pas consciente, il n'est pas possible de trouver et d'affirmer la relation. De là ce cas qu'on ne S£Ùt pas trouver la solution ou la conclusion d'un raisonnement

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qu*émcrgent quelques-uns de ces premiers états qui étaient restés en arrière. Toutefois, cela n'arrive pas pour la série tout entière de ces états, mais seulement pour quelques-uns avec leurs résultats, ou seulement pour ceux qui se présentent alors d'une façon inattendue. Quelquefois la solution ou la relation cherchée se trouve entre éléments qui sont en groupes ou cercles d'associations diverses et distantes, et unies seulement par des éléments accessoires et secondaires.

Dans ce cas, l'effort de la volonté pour trouver les éléments rationnels épars ne conduit pas à la fin cherchée. 11 faut un certain temps pour que Texcitation sinsinue dans les voies les plus secrètes des éléments nerveux, pour qu'elle passe par divers intermédiaires, parfois conscients, parfois inconscients, jusqu'à ce qu'elle arrive à trouver les voies propres, et les éléments qui se rapportent à une excitation donnée. D'où il arrive que souvent on réfl(H;hitsurun problème pendant bien des jours et bien des mois, avant d'en trouver la solution, laquelle peut jaillir inopinément, parce que, quand tout le processus commencé est complet, elle se manifeste alors, et dans quelque circonstance que ce soit.

302. Je crois qu*il n'y a personne qui n'ait remarqué ce phénomène particulier dans les divers faits de la vie commune : Oublier l'endroit où on a placé un objet, s'efforcer de le retrouver et ne pas y réussir ; et, après quelque temps, avoir subitement claire et distincte la mémoire de cet endroit. Penser à la façon dont on sortira d'une dîfticulté, n'arriver à aucune solution et être suspendu pendant quelque temps, même une ou plusieurs semaines; et un beau moment, alors qu'on est occupé à autre chose, s'apercevoir d'une solution qui vient à l'esprit et qui jaillit d'une pensée récente. Penser à un sujet en écrivant, et ne pas trouver l'ordre des idées pour le développer ; y penser pendant quelque temps et se fatiguer parce qu'on n'en vient pas à bout, puis un jour après ou seulement une nuit, après avoir dormi, être apte à écrire sur ce même sujet, comme si on y avait pensé tout le temps dans l'intervalle, alors qu'au contraire, on n'y a nullement pensé.

303. Des phénomènes de c(îtte nature peuvent donc être appelés processus centraux inconscients, étant semblables aux processus périphériques incofiscients. Les causes de celte inconscience des processus centraux peuvent se réduire à : 1"* une faiblessi?! d'intensité initiale et originelle et h une foiblesse d'intensité de la force induetive ; 2° à une reproduction ou induction dé\îée ; 3** à l'étîit actuel de la conscience qui est occupée |)ar d'autres modifications ; 4** à la distance qui sépare les éléments rationnels appartenant les uns et les autres à des (*ercles d'associations divers et distincts , lesquels cercles ont entre eux des liens secondaires. Ces causes peuvent se trouver isolées dans les phénomènes, elle peuvent aussi se trouver composées entre elles, comme on la fait remarquer pré

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demment. El ceci conlirme ce qu'on a dit en parlant du phénomène psychique en géDéral, qu'il a pour anlécédents des éléments inconscients ou de nature physique. S'il <'tait facile d'obsencr ce fait dans les sensations, il n'était pas aussi Tacilc de le faire dans les phéuomènes plus élevés, comme le raisonnement et la mémoire; mais après la démonstration que nous avons donnée plus haut des phénomènes inconscients, il ne reste plus aucun doute sur le principe général émis : le pi-ocessus d'un phénomène psychique est de nature physique, et la conscience en est la deinière phase.

Après cela est éclairer ce que précédemment, en annonçant la loi d'induction, on disait de l'excitation inconsciente, à savoir qu'elle peut évoquer ou induire une fonction consciente. On peut expliquer aussi par là (!C fiiil que dans les songes, comme dans le somnambulisme, on peut avoir des phénomènes nouveaux analogues à ceux de la veille. Enfin, par ces phénomènes inconscients, est confirmée la détermination de l'objet de la psychologie, étahlie dès le pi'incipe, c'est-à-dire que ;

La psychologie s'occupe des phénomènes organiques qui ont pour caractère prédominant la conscience des fonctions, et aussi des antécédents immédiats de ces mêmes phénomènes conscients.

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