CHAPITRE IV
Origine et éléments de la volonté
439. II est certain que le premier mouvement volontaire doit naître quand Texcitationmotiiçe et le mouvement musculaire ne sont pas en parfaite correspondance avec le stimulus sensible douloureux que Ton cherche à éviter.
Dans les organismes simples, et dans les organismes complexes, une correspondance complète originelle entre des excitations afférentes et efférentes d'un côté, et le mouvement qui en résulte, est ou une action réflexe simple, ou une action organisée par hérédité, c'est-à-dire un instinct. Mais si, au contraire, à un stimulus douloureux, de quelque nature qu'il soit, succède un stimulus à un acte tendant à l'éviter, et si l'acte se produit sans que l'effet suive, c'està-dire si le stimulus douloureux persiste, alors un autre mouve* ment es( provoqué pour atteindre le même but. On suppose que le stimulus douloureux est conscient, c'est-à-dire qu'il constitue un état psychique; le mouvement qui suit est regardé comme une forme d'action réflexe directement excitée, et le résultat négatif de l'acte tendant à éviter la douleur comme conscient. Le même mouvement sera répété avec plus de force ; mais son insuccès provoque une nouvelle excitation motrice par une autre voie, excitation qui sera comme une tentative pour arriver au but qui est d'éviter la douleur. Ce nouveau mouvement suppose, au moins à Tétat iiidimentaire, la conscience anticipée de l'effet qui doit suivre. S'il a un succès négatif, d'autres voies nouvelles sont recherchées, et, naturellement, avec la même conscience anticipée du mouvement qui doit suivre.
Entre un mouvement et un autre il doit y avoir, sans aucun doute, un retard, une pause; et dans cette pause, si petite qu'elle soit, il y a une représentation anticipée du mouvement qui suivra. Cette suspension est le germe de l'action volontaire, elle constitue la différence la plus essentielle entre une action réflexe ou instinctive et une volition. A ce point de vue, on peut définir la voliontin-moMvement qui ne vient pas immédiatement après une excitation , mais après une suspension pendant laquelle il y a une conscience anti^ cipée du mouvement même,
11 est fort probable que le mouvement ((ui se produit après la pause ne sera pas approprié pour faire disparaître le stimulus douloureux, il y aura alors essai d'une nouvelle voie, comme on l'a dit. Ces nouvelles voies motrices ne sont pas adaptées antérieurement par la nature ; si elles l'étaient, les mouvements correspondants
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suivraient iinmédiutenK^nt, ci sei-aicnl par suite de vt^ritables actioni réflexes. La volition est donc un mouvement excité à traven de nouvelles voies qui ne sont ni les voies liabiluclles, ni les voies adaptées. Au caractèi'e indiqué précédemment, il faut ajouter cet luitrc qui est tout aussi important et qui distingue la volition du mouvement réne\e.
4i0. Pour que l'excilalion motrice se tourne vers une autre voie, différente de la voie propre ii l'aciion réilexe, il est nécessaire que l'être sentant ait un(! eertaine aptitude nu mouvement suscite directement, et sans connexion avec les excitations périphériques et sensitives. Ce qui peut Ctre explicjué par le mouvement spontané. C'est Bain (I) qui a essayé de déterminer et dedmonli-er l'activité spontanée, et c'est le pliysiologisle Millier qui en a donné les premières preuves.
Des courants nerveux qui partent des centres, par suite d'une exubérance d'énei-gie due k la nutrition, vont à la périphérie par les organes moteurs, les muscles, lesquels, sous leur influence, entrent en activité sans direction et sans règle. Ces mouvements sont déterminéset dirigés vers un cfl'et utile par la sensation. La preuve la plus claire de l'atrlivité spontanée résulte, d'après Bain, de divers faits. II y a d'abord la tonicité musculaire, qui est un état de tension du muscle reposé et qu'on peut regarder comme un degré inférieur du mouvement, l'uis viennent la contmcUon permanente des sphincters, le mouvement rotaioire qui résulte d'une section faite d'un seul calé du mésencéphale ou d'autres gan[;lions, puis les mouvements qui précèdent ta sensation au réveil, ceux des petits enfants qui sont incessamment en mouvement, ceux des jeunes unimaux et ainsi de suite. Tous ces mouvements prouvunt, dit Bain , qu'il y a une