ORIGIKE RT ÉLÉMENTS DE LA VOLONTÉ
On a admis (1) que la localisation se fait par Tonde réflexe sensitive, et que cette onde n'est pas originelle, mais qu elle s'établit pos* térieurement et avec l'expérience ; elle est ellc-môme un courant nerveux revenant par les mêmes voies par lesquelles il a passé pour exciter et produire une sensation. On a admis encore que la localisation périphérique s'établit, quand s'établit la localisation centrale ou localisation cérébrale.
Or» pour que le mouvement volontaire s(^ produise de façon à atteindre un but, il est nécessaire que la localisation se soit faite, et que la topographie périphérique du corps soit connue. Quand l'onde de l'excitation motrice peut circuler parallèlement à l'onde réflexe de la sensation, ou onde perceptive, alors la connexion entre les sensations et les volitions est établie ; mais tant que ce cours parallèle n'existe pas, le mouvement volontaire est imparfait, sujet à l'erreur, parce qu'il ne suit pas la voie directe, et qu'il ne met pas en action les muscles appropriés. La perception et la volition sont donc connexes dans les localisations centrales et périphériques, toutes les deux sont déterminées par des courants <*entrifuges ; toutefois, la première est une réflexion de l'onde sensitive revenant par la même voie, et qui s'établit inconsciemment, bien qu'apn>s expérience ; la seconde, qui dépend de la première, est accompagnée de conscience à son origine et à son point d'arrivée, c'est-à-dire dans les muscles en mouvement.
Cette expérience et la constitution de ces courants ne peuvent s'établir que par suite de l'échange continu qui se fait entre les sensations et les mouvements, sensations douloureuses qu'on cherche à éviter, sensations agréables dans lesquelles on veut persister, efforts faits pour réaliser un plaisir qui est excité en idée, ou pour fuir une douleur que l'on prévoit. Puis les muscles qui accompagnent les sens sont particulièrement mis en action, il s'établit ainsi une connexion entre les muscles de l'œil et les sensations visuelles ; entre ceux de la langue, de la mastication et les sensations de goût, et la délivrance de la douleur causée par la faim ; entre les sensations cutanées et les muscles flexeurs de quelques organes , de la main par exemple. Et tout cela est accompagné de la conscience claire et précise de l'innervation musculaire, qui produit une conscience sensationnelle spécifique.
Quand le parallélisme des deux ondes nei*veuses centrifuges a été constitué, le mouvement d'un muscle ne s'accomplit pas toujours né(*essairement après une excitation périphérique au même point, mais il peut s'accomplir par suite de la reproduction de l'onde perceptive indépendamment de l'onde sensitive directe. C'est ainsi qu'on peut comprendre facilement comment un organe peut se mouvoir, un muscle se contracter, sans qu'aucune excitation périphérique ait
( 1) Voir livre U, chap. ix.
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été provoquée en ce point. L'habilude, l'associatioD, la persistance dans l'aciivité fonctionnelle, \a reproduction tant des perceptions que des mouvements, deviennent les facrteurs principaux d'une exécution prompte et sArc des mouvements voulus.
4)5. Un autre caractère do la volilion, c'est le but ou la fin qui doit suivie, but déterminé par l'être sentant, et par suite connu de lui et conscient. Tout mouvement provoqué produit un effet donné ; si le mouvement est de la classe des mouvements réflexes, l'efTet est accidentel dans la conscience de l'tHre sentant ; mais, si le mouvement se fait dans une direction dépendante de l'être sentant luimême, l'effet est alors établi, pi-évu, et non plus accidentel dans la conscience. Cet effet prévu et établi est la véritable lin de la volition. On voit ici la difliVence capitale qu'il y a entre l'airtion réflexe et la volition. Qu'elle se produise consciemment ou non, il y a toujours, dans l'action réflexe, le même rapport entre l'excitation et le mouvement ; la volition, au conti'aire, doit toujours être consciente et elle n'est pas toujours dans le même rapport avec l'excitation. En d'autres termes, dans l'action réflexe, le rapport est constant entre l'excitation et le mouvcmeni, il est variable dans l'action volontaire ; par suite l'effet de la première est invariable, celui de la seconde varie avec le rapport. D'oii il suit que le but, dans l'aclion réflexe, est déterminé par la structure et la fonction des organes, et que, dans la volition, il l'est par l'être sentant. On peut donc dire que la volilion est un moavemt^ntmusculaire prévu et détermmé par Vélre sentant pour produire un effet qui est aussi prèmt et déterminé.
■ii6. Dans la détermination d'un mouvement pour un effet qu'on peut prévoir et qui est prévu, il y a une ri'gle ; ce mouvement ne s'établit pasd'unemunîèreindépendante, et le but, déjà connu de l'être