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LA SENSIBILITE

OUc concopiîon étendue cl générale de la sensibilité peut s'appliquer à toute manifestation des tissus so mettant en activité, comme à la sensibilité consciente.

On appellerait mieux cette sensibilité trophique, c'est-à-dire ayant rapport aux fonctions de nutrition ; Tautre, au contraire, sensibilité de re/afton. On peut ainsi éviter quelques erreurs parce que souvent la sensibilité des organes de relation est inconsciente comme (!elle des organes de nutrition, (^omme ce sont deux ordres distincts de fonctions, il est utile de distinguer aussi leur manifestation, bien que cette manifestation puisse avoir des caractères conmiuns.

3^. La sensibilité consciente est le vrai caractère distinclif entre» \c rè^e animal et le règne végétal et c'est là que se révèle le caraolènî psychique de la fonction propre aux animaux, tandis que la sensibilité d;ms les végétaux est inconsciente, et cela toujours et d'une fai-on analogue', à celle des organes Irophiquesou de nutrition.

Le but principal et immédiat de la ])sychologie est donc d'étudier la sensibilité de relation, et de l'étudier de préférence dans ses manifestations consci(>ntes, bien qu'on ne puisse le faire sans s'occuper des éléments iniîonscients de cette sensibilité, et aussi de l'autre sensibilité qui est en connexion avec elh».

Pourtant, si on considère la série animale, la s(*nsibilité de relation a des degrés différents de développement, et elle varie avec le développement organique du sujet sentant. Dans la sériiHa plus infime ia sensibilité de natation se confond avec la sensibilité troj)hique parce qu'il n'y a pas encore séparation des deux ordres d'organes, ni, par suite, des fonctions. Mais, là où les organes de nutrition commencent à devenir distincts, parallèlement la sensibilité de relation se distingue de la trophique et, par suite, commence, pour la pi*emîèrc de ces sensibilités, la conscience en ses organ(\s propres et spéciaux. Là où les deux ordres d'organes sont entièrement dév<v loppés, séparés, la (!ons<'ien(^e de la sensibilité d(^ relation prend son maximum de développement.

Dans rhomme, chez qui cette évolution s'accomplit pendant la période embryonnaire et s'achève à l'état adulte, les deux espèces de sensibilité sont complètement distinctes et la sensibilité de relation offre toutes les variétés de développement correspondantes à la nature qui environne l'individu et qui agit sur lui, de façon à l'avenir, tkvec une précision relative, de rinfïuence et de l'action de cette nature.

33. Si Ton fait attention au phénomène général de la sensibilité de relation, on peut facilement découvrir qu'elle a dans sa naissance, comme dans son développement, un but qui n'est pas en réalité différent de celid de la sensibilité trophique, c'est-à-dire la conservation de l'être vivant. Pourtant ces deux sortes de sensibilité arrivent à leur but par des moyens différents. La sensibilité trophique sert, au moyen de l'alimentation, au maintien et au développement de l'orga-

nisme ; la sensibilité de relation sert à la défense de Tindividu. J'al.^ appelé cela principe phylattique ou défensif et le but joint au moyen,. ^^ esihophylatliqite, sensibilité de défense. Pourtant, de niéintï que la ^ sensibilité trophique se manifeste par l'activité nutritive, ainsi ia . sensibilité pliylattique se manifeste par le mouvement. Et sans le mouvement, la défense sei*ait impossible, et par suite aussi la cou- ^ servation. La sensibilité et le mouvement constituent donc les moyens de défense de l'être vivant et concourent avec les autresfonctions organiques à sa défense.

L'ensemble de ces deux fonctions forme ce que j app(^lle esthocinesis, sens et mouvement ; et le sens et le mouvement conscients avec leurs évolutions relatives constituent les phénomènes psychiques.

34. Si les phénomènes psychiques qui sont compris dans l'esthocinesis ne peuvent être divisés, l'analyse néanmoins demande qu'on examine chacun de ces phénomènes connue un tout complet, ponr les réunir tous finalement en une synthèse «générale. Et cela est ; d'autant plus utile que, comme on le sait déjà, les phénomènes dev la sensibilité prennent dans leur développem(mt une importance qui dépasse de beaucoup le but immédiat de la conservation, en sorte qu'ils ; paraissent avoir une autre orip:ine et une autre fin, et que le mou- , vement n'est qu'une chose secondaire eu égard à la sensibilité. Nous trouverons qu'il y a toujours (*orrespondan(îe entre les formes même les plus abstraites de la pensée et les manifestations motrices.

Il est donc nécessaire de commencer par l'analyse d<; la sensibiUté, comme précédant dans ses manifestations le mouvement.

35. Nous devons considérer la sensibilité <;omme la manifestation ; primitive et fondamentale d'où dérivent tous les autres phc'^nomènes : plus complexes et plus développés, c'est-à-dire que nous devons la considérer comme la forme plus homogène, mais en même temps plus instable, qui se transforme en d'autres phénomènes plus complexes et plus hétérogènes. Elle est commis la qualité primitive '. qui se développe dans la variété d<^s éléments iïoii elle dérive, ; et par lesquels elle se manifeste.

36. Les organes de la sensibilité sont les nerfs tant centraux i que périphériques ; tous les phénomènes s'achèvent dans les centres ! nerveux supérieurs, c'est-à-dire dans le cerveau que Ton sait être le siège fie la conscience. Il semble que les centres spinaux no. soient { pas doués de cons(;ience, mais de mouvement réflexe inconscient, bien que quelques physiologistes combattent cette opinion avec beaucoup d'insistance et veulent admettre aussi la moelle épinière au nombre des centres conscients.* Quoi qu'il en soit, le fait le plus certain, c'est la conscience dans les centres nerveux supérieurs. Il est certain aussi que ces centres de sensibilité sont, comme la moelle épinière ellemême, des centres de mouvement, et que ces centres sont unis aux centres de sensibilité cons(îiente et inconvSciente.

37. Les organes périphériques ne sont que des organes spéciaux

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