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Je vais parler maintenant des sensations habituelles

Pour elles, le fait de l'épuisement temporel de l'organe ne peut se produire dans les mêmes conditions d'excitation d'une durée plus ou moins longue. Et en effet, s'il en était ainsi, l'épuisement seraiL pennanent ; ce qu'on ne peut admettre, non seulement abstraitement, mais même expérimentalement. En effet une excitation de nature différente produit un etlet réel, une sensation. Prenons poui* exemple la peau, comme organe du tact, et la nuiqueuse nasale. Si nous sommes dans une chambre oii se trouvent des particule^ odoriférantes, au bout d'un certain temps, nous ne percevons plus l'odeur, nous pouvons percevoir cependant une nouvelle odeur. Ce qui veut dire qu'à la longue, cette excitation continue et perniauentCT . <iui devra être toutefois d'um» intensité modérée, n'agit plus avec Ui

même énei^e initiale, mais avec une énergie plus modérée, pour établir des courants nerveux constants, isodynamiques, pourrait-on dire, qui se rapportent à un état d'excitation que Ton peut qualifier d'équilibre de l'être sentant, comme tous les (gourants nerveux dérivés des excitations constantes et invariables des fonctions organiques. On a alors une espèce d^accommodation, seulement pour une excitation donnée, non pour une de nature différente au point de vue de la qualité. Le phénomène de l'excitation, apparaissant plus intense au commencement pour diminuer ensuite, n'est pas différent de ce qui arrive mécaniquement dans une force initiale ou choc. Devant vaincre la résistance du corps frappé, elle semble avoir une énergie plus grande parce que le corps frappé subit dans le premier moment un déplacement proportionnel à sa for(.*e de résistance et au choc reçu. Tel est le phénomène d'une sensation qui apparaît plus intense au premier moment que dans la suite ; la résistance vaincue, l'excitation d'une même intensité produit des courants nerveux constants, et celle-ci, l'effet produit, perd de son intensité ; mais dans tout ce processus, il y a un temps de réparation de la force modifiée ou transformée dans les organes.

Ce phénomène qui est de nature physique, d'un côté, et se manifeste comme effet nul au point de vue psychique, n'existe pas pour toutes les sensations, comme on la dit en parlant des sensalions à excitation intermittente; mais il appartient aux sensations à excitation continue. De fait, pour la vue, comme pour louie, la sensation ne diminue pas jusqu'à zéro, elle ne diminue même en aucune façon;au contraire avec l'accommodation à la quantité d'excitation on a une sensation plus claire et plus distincte ; tandis que pour les autres sensations, à l'opposé, on a un décroissement jusqu'à zéro. Leicitation habituelle et permanente annule l'effet psychique pour les sensations à excitation continue, elle ne produit aucune conséquence pour celles à excitation intermittente.

62. Après ces considérations sur la nature de l'organe ou de la force nerveuse modifiée par une provocation à l'activité psychique <kuis l'effet utile de la sensation, il me semble que la loi logarithmique de Weber peut s'appliquer à 1 état initial et intermittent de la force, non à l'état permanent d'exchation, et qu'alors il ne sera l>esoin d'aucune modificaiion à la loi, comme le propose Delbœuf qui ^t faire entrer dans le calcul l'état de l'être sentant après une sentttion donnée, en attendant toutefois que celte sensation se dégrade fisqn'à zéro. Et je suis convaincu que la loi de Weber ne pouvait regarder le eus d'une annulation totale de sensation, pour lequel Gttil aurait eu une autre expression, comme le veut le professeur Wbœuf.

63. Si nous voulons considi^rer l'intensité de la sensation d'une ntre manière, nous trouvons d'abord que l'excitation est décomposable en éléments similaires. L'excitation ou la force extérieure qui

opère sur les org:incs est un mouvement, comme toutes les manifestations de force ; ce mouvement est formé de beaucoup d'autres plus petits et élémentaires. Considérée comme excitation sur les organes, la fon^e agit comme un complexus, non comme si elle était simple, et elle doit agir en un temps déterminé, c'esl-à-dire ' que le nombre des éléments de la force excitatrice doit se trouver réuni dans un temps, ou dans une unité de temps donnée, pour produire un eflet utile. Dans une unité de temps, un certain nombre de ces éléments peuvent être la limite minima ou maxima de la force excitatrice. Dans ce cas, non seulement le nombre est modifié, parco. qu'il peut y avoir des valeurs diverses d'éléments qui agissent alors avec une vitesse plus ou moins grande, mais encore la grandeur du même élément. Ainsi, si la force extérieure est un mouvement ' vibratoire, comme celui de l'air dans le son, il y a un nombre diffé- ' rent d'ondes dans une même unité de temps, et différentes longueurs d'ondes, paimi lesquelles la plus rapide est la plus petite, et au contraire la plus lente est la plus grande.

El pourtant, quelle que soit cette variation des ondes, il est certain que, pour la plus petite sensation perceptible, il en faut un nombn* donné, qui est en rapport avec la sensibilité limite de chacun. Un nombre inférieur resterait non perçu et a fortiori un seul de ces éléments. Si la sensibilité était plus fine, et l'éUiit assez pour être excitée par un seul élément, ce serait là la limite minima naturelle de toute sensation, et pour tout individu.

Tout élément d'une force opère pourtant selon sa valeur, comme un nombre quelconque d'éléments quelque petit qu'il soit, mais il n'est pas apte à provoquer la force psychique à la sens;ition correspondante ; le logarithme de l'unité est zéro. Mais il doit y avoir un processus nerveux pour un petit nombre d'éléments, parce que ce nombre peut être, dans quelques cas, considéré conmie la limite maxima d'exciUibilité. Un individu n'a aucune sensation perceptible pour huit vibi'ations à la seconde, il n'en est pas de même d'un autre. Ce qui veut dire que le processus nerveux est incomplet ou dans un un étal débile et que la résistance est trop grande pour que le phénomène s'accomplisse, en se transformant en un phénomène conscient. J'appelle l'effet une sensation inconsciente, et je nomme encore inconscients tous les éléments delà sensation. D'oii il résulte qu'une sensation consciente dérive d'éléments inconscients.

Considérés dans leur véritable essence et dans leur vraie valeur, j'estime que les éléments de sensation ont une signification purement physique et physiologique, tandis que la sensation a un caractère psychique. Pourtant, bien qu'ils n'aient pas de valeur comme phénomène psychique, ils ont de l'importance comme éléments indispensables du phénomène psychique; ils constituent son antécédent apte à devenir phénomène conscient, ou de caractère psychique. Et l'importance de cette considération ne se borne pas

là ; on montrera que les élémenls inconscients eux-mêmes peuvent être cause d excitation d*im phénomène conscient, spécialement (tans la reproduction des sensations.

64. La sensation, outre son intensité ou sa force, a encore la qualité , c'est-à-dire la manière différente dont une modification peut arriver dans les organes sensoriels, ou le mode spécial de modification sensible pour une excitation différente et spéciale. Ainsi la vue donne la sensation des couleurs diverses, la forme, retendue des objets visibles, i*ouïe les sons avec toutes leurs variétés.

Les sensations par rapport à leur qualité, comme le reconnaît très bien Wundt, peuvent se diviser en deux classes: sensations qualitativement uniformes, et sensations qualitativement variées. Les premières sont celles qui font connaître seulement une qualité se manifestant avec les gradations possibles d'intensité. Ce sont les organes généraux de la sensation qui ont cette qualité uniforme, comme la peau qui se manifeste dans les trois sensations de poids, de température et de tact, et les sensations musculaires de toute espèce. La seconde classe de sensations comprend celles qui I dérivent des sens spéciaux, vue, ouïe, odorat, goût : ici le phénomène est varié et a des gradations diverses.

65. La sensation a un autre mode ou propriété, c'est ce que les philosophes allemands appellent sa(ona/t7é,-c esta-dire le plaisir ou la douleur ou l'état moyen d'indifiérence. Une sensation a non seulement une certaine intensité dans une qualité qui lui est propre, mais encore eOepeut être agréable ou douloureuse, selon certaines conditions spémlcs de l'être sentant, correspondant à la force et à la qualité de h sensation. Cette tonalité de la sensation constitue pour elle une [Propriété importante, qui a rapport à la conservation de Tétre sentant, et doit être considérée comme la partie essentielle du phéno- ■èiie primitif, parce que de cette propriété dépend la défense de fétre vivant, comme la raison des relations avec la nature, à l'état (rimitif.

Je montrerai à son lieu la nature et l'essence de ce mode de la ftBsation, c'est-à-dire quand je devrai considérer le phénomène Mément et dans son évolution.

66. Si nous réunissons les modes de la sensation, nous trouvons 'elle a intensité, qualité, tonalité. Si nous voulions la considérer

un de ces modes en moins, ce serait une abstraction. Cependant itensité est cette propriété de la sensation, qui est comme le tère d'une force, lequel se manifeste dans le plus ou moins de r ou de puissance de la force. La tonalité est relative à l'avantage an désavantage de l'être sentant, la douleur et le plaisir étant idérés à l'état natif. La qualité est le troisième élément essentiel la sensation ; elle se rapporte à une correspondance plus directe ^Mre rétre sentant et sa modification, avec la force naturelle exté-

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rieurc, variée et diverse dans ses manîfcstatious ; la qualité dépend tant de la structure des organes que du mode spécial d'action de la force extérieure sur les organes mêmes. Un corps qui est présent à la vue et excite sur la rétine une lumière diffuse, et qui provoque la vision d'une couleur, provoque encore celle de sa forme et de soa étendue propre, et ces excitatations sont distinctes et différentes pour pouvoir produire deux sensations diverses bien que simultanées.

La sensation n est donc pas un phénomène simple, comme on l'a si souvent dit, mais c'est au contraire un phénomène complexe dans son mode; elle est multiforme, et bien qu'elle soit un produit purement subjectif, quia une valeur seulement comme fait întérieurt on ne peut cependant pas nier son rapport avec l'extérieur, oU avec l'autre cause d'où part la première impulsion qui la fait naîtra- La qualité de la sensation est la construction d'une forme qui peut être dite limage de la force matérielle extérieure ou de l'objet qt*' agit comme force excitatrice; laquelle forme ou image, par habitude et par suite d'un phénomène spécial à l'être sentant, est générale" ment rapportée à l'objet lui-même, et est confondue avec lui, conmi^ si c'était sa nature même. Elle constitue proprement ce qu'on ^ coutume d'appeler représentation ou perception ; mais, comnc^* chacun voit, c'est un mode de la sensation, comme la tonalité, mod^ qui ne peut en être séparé ; sinon la sensation perd ce qu'elle ^ d'essentiel, elle n'est plus quelque chose de distinct, de significatif 9 elle ne contient plus rien, mais elle est une modification de pur^ tonalité, caractère agréable, ou désagréable, ou indifférent.

67. Depuis longtemps les philosophes se posent cette question * La sensation est-elle perception? Un grand nombre la résolvent négativement ; d'autres, et spécialement ceux de l'école d'Herbart, [)ositivement. Ceux-ci posent que la perception (Vorstellung) est un complexus de sensations (Ëmpfindungen), et que par suite une sensation est une représentation simplifiée. Wundt, qui n'accepte pas cette théorie, admet que la perception consiste à réunir des sensations et qu'il lui faut pour cela une activité particulière, ce qui en fin (l(î compte reviendra à dire qu'entre l'activité sensitive et l'activité perceptive, il doit y avoir des degrés. Si la question devait se réduire à ces ternies, elle serait résolue, et la divergence existerait plutôt dans les termes que dans la réalité. On ne niera sûrement pas qu'enti'c une perception simple et une complexe il ne doive y avoir (lifférence d'activité ; mais cela n'empêche pas que le phénomène ne soit le même avec la différence du simple au complexe, comme le veut l'école d'Herbart.

s Pour moi, j(ï dis que la sensation est déjà perceptive dès son apparition, et qu'ensuite la perception devient un fait développé et distinct, qui a besoin d'une activité particulière. La perceptî^itc de la sensation consiste, pour moi, dans le fait de saisir de la façon

la plus simple, la présence de la cause extérieure dans Timage que nous nous formons de l'objet, dans la qualité de la sensation même. Si la couleur et la forme sont des sensations au point de vue de la qualité, la couleur et la foime sont saisies dans quelque chose d*e\teneur; il en est de même de la température. Le contact, par exemple, d'une piastre froide avec le bras d'un enfant, lui fera retirer son braçou repousser Tobjet. La perception, comme mode de la sensation, n'est pas claire, distincte comme un phénomène de connaissance, et comme Test la perception de Wundt, de Lewes et des autres, mais c'est quelque chose d'enveloppé, de peu clair, un simple avertissement de laprc»scnce d'un objet externe sans qu'on le connaisse encore.

La qualité de la sensation en constitue donc, dis-je, le (caractère perceptif, lequel se développe continuellement avec la sensation même ; c'est-à-dire que l'activité psychique, déjà mise en action par des excitations sensitives, grâce au rapport qu'elle a sans cesse avec l'extérieur, gnke aussi à la concomitance et à la coopération de toutes les sensations, en vient dans son développement à analyser et à examiner toutes ses modifications, et s'élève ainsi à une nouvelle torrac et à une nouvelle manière d'être plus (îomplexe et plus variée.

NI l'élément représentatif ne se trouvait pas déjà dans la sensation, on ne sait pas comment et d'où il pourrait dériver, puiscfu'il n'y a aucune autre source de la perception que lu (communication avec le tnonde extérieur par la sensation (1).

L'analyse de ce fait ne peut donner que le résultat aucfuel je suis arrivé. En revenant à Wundt, je trouve qu'au nombre des sensations proprement dites, qui ne sont pas perceptions, il place, en parlant de i'ouic, les combinaisons de tons et en même temps de sons, les détonations, interinipUons, dissonances, rharmonie ou h; manque d'harmonie et d'autres choses encore. Toutes c(?s choses ne sont-elles pas plutôt perçues et senties, c'est-à-dire n'est-ce pas par la sensation perceptive que ces diverses modifications nous sont connues ? Pour moi cela ne fait pas de doute. Le passage qu'il établit de ces phénomènes à d'autres plus complexes du même sens me parait arbitraire; les ims et les autres sont connus et annoncées grâce à la perceplivité de la sensation même, perceptivhé qui s'est dév(*loppée merveilleusement chez les hommes, bien qu'Inégalement.

G8. Je conclus sur ce point en disant que la sensation, dans son caractère complexe, a deux modes, outre» l'intensité, par suite» de» ai c|ui a été dit ; ces modes, qui sont la qualité et le ton ou la tonalité, se développent avec une ceitaine indépendimce, et deviennent, à leur plus haut degré de développement, deUx phénomènes distincts, l'un avec le nom de perception dans son sens \v plus propre, et

(l) Voir sur la sensation l'ouvnige de rautcur, IVon'a /îswiof/ica dolla prra'zîonr, Ch. V\ Milan, 1881.

lauti'c avec celui d(î sentiment, qui comprend l'expression piîmitive de la douleur, du plaisir ou état d'inditl'érence, et celle plus haute de ridéal, du beau, du juste, du bien. La perception a son développement dans les manifestations variées de la connaissance ou de Tintelligenc(^ La si^nsation n'est autre que le phénomène fondamental, le principe continuel de l'activité psychique, ce qu'on peut représenter par le schcme suivant :

Excitation. — Force psychique

J'ai dit que la perception et le sentiment se développent avec uO* certaine indépendance, mais cette indépendance n'est pas totale, cai'i comme on le montrera, le développement de Tune est en rapport avec celui de l'autre.

69. Piusque j'ai regardé la sensation sans le mode de perceptivité, comme une abstraction, non comme une réalité, je ne traiterai pas d'abord de la sensiuion conune on le fait générah^ment, pour arriver ensuite aux perceptions plus complexes et plus distinctes, quiontétc considérées par d'autres comme les seules et véritables peix!eption8. Ayant à parler, en fait, de la qualité de la sensation, je dois traiter de son élément représentatif, qui est Tun de ses éléments composants, Tune de ses significations. Je parlerai donc des perceptions ; je che^ chei*ai comment elles sont suscitées et produites dans les organes, ce qu'elles signifient comme formes ou images repi*éseDtaUvcs, passant du degré \v plus simple au degré le plus complexe, faisant dans ce but abstraction de la tonalité, qui sera dans la suite Tobjet d'une étude distincte. Dans tout ce que nous en dirons la sensation sera envisagée comme modification du sujet sentant, et de la manière la plus générale.

70. 11 reste maintenant à parler de la division des sensations. Sur ce point, je laisserai parler Bain.

c On dit ordinairement que nous avons cinq sens: la vue qui s'exerce par l'œil, l'ouïe par l'oreille, le tiict par la peau, Todoral par le nez, le goût par la bouche. Les physiologistes admettent en outre un sixième sens, plus vague, qu'ils nomment sensibilité commune ou générale.

« Ils y font rentrer diverses sensations internes relatives aux fonctions de la vie organique, les sensations de plaisir ou de douleur qui dérivent de la plus grande partie du coi*ps et celles qui sont provoquées par des conditions insolites. Ce sont, pour en citer quelquesunes, les sensations de chaud et de froid, de faim et de soif, de

nausées, de réplélion de 1 estomac, et les sensations organiques qui accompagnent d*ordinaire les passions, les émotions fortes.

« Dans cette énumération nous reconnaissons déjà des groupes distincts qui peuvent se rapporter à des appareils organiques distincts. Ainsi la faim, la soif et les sensations opposées, la nausée, la plénitude de l'estomac, et les sensations relatives à l'évacuation du canal alimentaire sont associées à lapparcMl digestif. On peut les appeler sensations digeslives.

«La privation d'air produit une sensation dont le siège est dans les poumons ; c'est une sensation associée à la respiration,

« La chaleur et le frisson se rapportent à la peau, aux poumons, et à toutes les opérations organiques en général. Les organes génitonrinaires ont aussi leurs sensations particulières qu'il vaut mieux ne

pas faire rentrer dans la sensibilité commune La seule diflicnlté est

de savoir où il faut placer ces classes de sensations organiques. Je crois qu'il faut les mettre avec les sensations. On objectera qu'elles D'ont pas toujours un objet extérieur qui leur corresponde. Sans doute, ce ne sont pas des sensations au sens propre et rigoureux du nïoi ; elles n*ont pas une cause extérieure comme le plaisir provenant d'un son, la répulsion causée par une saveur amère ; mais dans le plus grand nombre de cas, sinon toujours, c'est un objet extérieur que Ton peut désigner, qui est le stimulus de ces sensations : par exemple dans les sensations digestives, l'objet, c'est le contact des aliments avec le canal alimentaire. — L'analogie est si grande, que nous ne cessons pas de comparer nos sensations internes aux sensations proprement dites. Ces considérations nous déterminent à placer ces impressions à côté des sensations (1). »

En acceptant les considérations du professeur Bain, Il est bon de faire remarquer qu'un grand nombre de ces sensations, bien qu'on puisse les considérer comme ayant dans un objet externe leur stimulus propre, ne sont pas représentatives comme les sensations spéciales ou externes ; mais qu'elles constituent seulement un état de sensibilité, tonalité ou ton de la sensation, partie aflectivedu phénomène; la cause stimulante étant de caractère physiologique, comme il arrive encore dans certains cas de maladie. C'est pourquoi on pourrait mieux les classer comme états de sensibilité que comme sensations véritables. L'indétermination pourtant peut être considérée comme diminuée, si Ton pense qu'elles sont localisées, comme l'a montré Bain lui-même. Cette localisation est déjà une forme représentative, bien qu*elle ne se rapporte pas à un objet extérieur ou perçu. Elles peuvent être réunies sous le titre de Sensations de la vie organique,

(Il Biiin, Lfs SeM et VinleUifffuce, pp. 81-S3 (traduit en français par M. Cazelles. — F. Alcan, éd.)

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