I. — ouïe
71. Organe de Voûte. — L*organe de l'ouïe n'est pas situé, comme d'autres, de façon à pouvoir être examiné facilement. On peut voir seulement, à l'extérieur, la partie qui a le moins d'importance, c'està-dire celle que nous appelons vulgairement oreille, quiestlepavtf- Ion, Les parties internes sont situées dans la botte du crâne et méritent une attention particulière.
FiC. 7. — Oreille d'aprcs Ilelmholtz; D conduit auditif: B cavité du tympan; E trompe d'Eustache; A labyrinthe ; ce membi-ane du tympan; o fenétix! ovale ; r fenêtre ronde.
La figure ci-dessus nous montre, en grandeur naturelle, les principales parties de l'organe. Le conduit auditif se termine intérieurement à la membrane du tympan. Cette membrane est ronde et tendue obliquement; elle est suivie plus profondément d'une cavité pleine d'air, nommée cavité du tympan, dont les parois sont osseuses. Dans cette cavité se trouvent quatre osselets appelés : marteau, enclume, os lenticulaire, étrier. La cavité a une ouverture interne qui communique avec un canal, la trompe d'Eustache, qui se dilate comme une trompe ordinaire et est en communication avec la cavité du pharynx.
A la partie interne de la cavité du tjjfmpan sont deux ouvertures fermées par une seule membrane, la fenêtre ovale, qui reçoit la base de rétrier, et la fenêtre ronde dont la membrane est tendue librement.
Au moyen de ces deux fenêtres, on pénètre dans le labyrinthe qui est une cavité osseuse à parois formées par des membranes et des oi^anes très importants, et qui en outre est remplie de liquide.
Dans le labyrinthe on distingue deux parties, d'un côté le limaçon, de Vautre les canaux semi-circulaires. Le labyrinthe mérite une mention spéciale parce que c'est là que se trouvent les organes de la perception des sons. C'est une cavité pleine d'eau, entièrement limitée et fermée par des parois osseuses, excepté à l'endroit des fenêtres. D se divise en deux parties principales, le vestibule avec les conduits, ei le limaçon. Le vestibule est une cavité ronde, séparée de la cavité du tympan par la membrane de la fenêtre ovale. Du vestibule sortent les conduits ou canaux situés dans trois plans qui se coupent à angle droit ; à l'extrémité de chacun d'eux se trouve un renflement rond en ferme de bouteille, Vampoule. Entre les parois du vestibule et celles de ces canaux sont des membranes qui forment le labyrinthe membraneux reproduisant la forme du labyrinthe osseux. Le labyrinthe membraneux est rempli et entouré d'eau; à l'intérieur se trou- Teni les ololithes, cristaux de carbonate de chaux. Les fibres nerwuses, dérivant de la division du nerf acoustique qui s'étend par le canal interne de Toreille, entrent des parois du labyrinthe osseux dans l'intérieur du vestibule et des ampoules, et viennent s'y terminer en se condensant, tandis qu'elles pénètrent entre les cellules de l'épithelium qui recouvre cette membrane.
Le limaçoti a un plus grand développement. Il est formé d'un canal spiroïde divisé en deux parties par une membrane qui présente seufement une étroite ouverture au sommet. Par cette ouverture une pwie du limaçon, Véchelle du vestibule, communique avec le vesti- We; l'autre ou échelle du tympan vient se terminer, avec la memterne de la fenêtre ronde, dans la cavité du tympan. Entre ces deux fchelles, se trouve un espace séparé par une paroi membraneuse, appelée Véchelle moyenne; cette dernière est formée par deux memdruies: l'une, la membrane vestibulaire, très mince, tournée vers l'échelle du vestibule ; l'autre, la membrane basilaire, située sous l'aphelle du tympan.
Sur cette dernière viennent aboutir les appareils terminaux du
iierf acoustique ; ils sont situés entre elle et une autre, la membrane
lêgumentaire ou membrane de Corti. Entre la membrane tégumen-
t^re et la membrane vestibulaire se trouve un espace libre rempli
de l'eau du labyrinthe. Du bord de la crête spirale les nerfs entrent
dans l'espace compris entre la membrane basilaire et la membrane
légnmentaire. Dans cet espace on distingue une série de corps
appelés bâtonnets ou corps de Corti. Ils sont internes et externes
et sont formés d'une substance de nature osseuse; ils se replient en
tanne de voûte. Leur nombre est d'environ 3,000 (1).
(I; Wundt. LehrUuch der Physiologie, pp. 659-00.
40 PSÏCHOIOCIE PHYSIOLOGIQUE
La créle spirale ou acoustique esl une proéminence placée près des parois membraneuses des ampoules, el qui atteint un très grand développement clioz les poissons. A sa surface on voit des cils longs
- Créle iplralt; A crjtc acousiiquc ; hf
Cl durs qu'on doit t^garder comme les oi^anes terminaux des nerfs, parce que de nombreuses fibres neneuses se distribuent dans cette trOte. Ces cils sont probablement mis en vibration par les ondes du liquide du labyrinthe, et provoquent les sensations de son (Ilemsiein). 72. L'excitation des sensalions de son est ordinairement constituée par des mouvements périodiques de l'air, mouvements de va-et-vient d'une certaine rapidité, cjui arrivent à la membrane du tympan, et la mettent en mouvement. Ce mouvement se propage par les osselets adhérents à lu membrane du tympan, et de là par les liquides intérieurs, i) passe au labyrinthe, dans le limaçon où se ti-ouve l'autre liquide qui entoure les membranes et de plus la cr^te spirale avec ses longs cils, les corps ou organes de Corti. Le mouvement du liquide du labyrinthe provoque celui de la crête, laquelle, étant en communication avec le nerf acoustique dont les extrémités pénètrent dans son Intérieur, et en même temps avec les corps de Corti qui sont, eux aussi, composés de libres et de cellules, propage les excitations mécaniques jusqu'au nerf lui-même. Pourtant je crois qufl l'excitation, bien qu'elle soit purement mécanique à la partie périphérique , et à l'extrémité des lilels nerveux, ne diUère cependaDt pas dans son effet des autres excitations, c'est-à-dire qu'elle dut provoquer, dans la substance nerveuse, uoe action chimique,, moavement et changement moléculaire, qui se propage, dans la longueur
du nerf, jusqu'aux centres psychiques. Dans le cas de non-inter-
rnpUon et à Tétat normal du nerf et des centres, on a une sensation
de «on.
73. Ces mouvements de Tair sont dits vibrations et ne sont pas
d'une autre nature que les oscillations du pendule ; ainsi les lois générales de ces oscillations sont valables encore pour les vibrations acoustiques et les mouvements vibratoires de Tair. (lelles-ci peuvent être régulièrement ou irrégulièrement périodiques. Les premièi*cs produisent ce que nous avons coutume d'appeler son^ les autres ce que nous avons coutume d'appeler bruit.
La figure 9 montre les vibi*ations régulières dans une période de temps ; la figure 10, les vibrations irrégulières. Les sons comme les bruits ne sont pas ordinairement constitués par une seule onde vibra-
Km;. îi.
Fie. 10.
toire y mais par plusieurs ondes se succédant dans une unité de temps. Dans le bruit, les ondes sont irrégulières, non seulement i prises en particulier, mais encore dans leurs relations. Dans le son, an contraire, les vibrations ajoutées doivent Hve dans le rapport de i -^ -; et ainsi de suite, comme le montre la figure 1 1 , dans laquelle
Fio. H.
denx ondes qui sont comme ^ se ramènent à la résultante qui [cn dérire.
74. Le son a différents modes : Vintensitéy la hauteur, la qualité :«• le timbre.
Llntensilé dépend de Tamplitude des vibrations. Plus est grande litode des ondes sonores, plus le son est intense. Cette intensité
peut encore dépendre des renforcements du son au moyen des résonances.
La hauteur dérive du nombre des vibrations. Lsl meilleure manière d'examiner la hauteur du son est de considérer la série des sons que nous donne l'échelle musicale. Comme chacun sait, elle se compose de sept notes ainsi nommées :
do, ré, mi, fa, sol, la, si.
Ces notes ont entre elles des rapports exprimés en nombres, en désignant le do par 1
do ré mi fa soi la ai dc!^
J. A JL 1- JL îi o * 8 4 3 2 3 8 *
c*est-à-dire qu'on a les relations suivantes :
pour l'octave 1 : 2. pour la sixte 3 : 5
pour la quinte 2 : 3 pour la tierce 4 : 5
pour la quarte 3 : 1 pour la seconde 8 : 9
pour la septième 8 : 15.
Si do est représenté par 2-i, on aura la série suivante des vibrations :
Cette relation est constante, et peut s'exprimer par la proposition suivante : des différences égales absolues de hauteur de ion correspondent à des différences égales relatives des nombres des vibrations (Wundt). Ce qui revient à dire que ces relations restent invariables, bien que les nombres absolus des vibrations puissent varier.
Nous ne distinguons pourtant pas facilement la hauteur absolue d'un son, mais, au contraire, nous distinguons facilement les inte^ valles de hauteur des sons. Il faut des oreilles très exercées pour reconnaître la hauteur absolue, tandis que nous pouvons sentir distinctement 1 égalité ou la différence de deux intervalles.
D'où il suit que nous ne percevons pas le nombre des vibrations, mais les relations entre les nombres de vibrations, ce qui concorde avec la loi déjà énoncée pour l'intensité des sensations en correspondance avec leurs excitations.
En appelant A la hauteur du son, V le nombre des vibrations, 6 le ton le plus bas de l'échelle, correspondant à la limite minima, et K la constante, nous aurons l'équation :
A = K log. nat. j- (Wundt).
La hauteur est égale au logarithme du nombre des vibrations (excitations) en faisant b= \.
En d^autres termes, on peut, pour plus de clarté, poser le schème suivant :
^ Nombre > des vibrations )
Nombre ^ des sensations )
C'est-à-dire que les sensations sont les logarithmes des nombres correspondants des excitations , la base du système logarithmique étant 2. C'est ce que Ton peut voir encore dans l'expression des ociaves, comme Ta exposé Fortlage (1) dans le tableau suivant :
laue Ctitn
Cciln
Cni^e
FeUU
i'^ Simante
V MOIai
.Nombre des vibrations
en one seconde
îfombre des iribrations en éî de seconde
ïîombre des vibrations en ^ de seconde
Longueur d'onde en pieds
longueur d'onde . ^^ ^^ ^^^
en pieds m *^ m ^ ^ ^
l<)6ariUime du nombre
des vibrations 12 3 4 5
^ ji ôe seconde
Logarithme de la longueur d'onde en pieds
De ce tableau résulte encore la relation entre le nombre et la longueur des ondes vibratoires. Le nombre des vibrations est [en raison inverse de la longueur des ondes , en sorte que toujours des ondes moitié moins longues comportent un nombre double de vibrations en une seconde, des ondes trois fois moins longues, un nombre triple, et ainsi de suite, ou encore la longueur des ondes et le nombre des vibrations sont entre eux comme :
Ce que j'ai dit me semble suffisant pour démontrer comment, dans la hauteur du son, il y a correspondance avec la loi déjà annoncée sur rintensité des sensations.
75. Passons au timbre ou qualité du son. Au moyen du timbre nous reconnaissons qu'un son est émis par un instrument donné. La même note do, par exemple, donnée par un violon ou par un piano, a une qualité ou un timbre différent, et nous pouvons ainsi en recon-
(1) BeitrcLge sur Psychologie^ Leipsig, 1875, pp. 181-194. \i) Fortiage, op, cit, pag. 497.
naître facilement la provenance. C'est ce que les Allemands appellent d'un mot très expressif Klangfarbe, couleur du son ; Tyndall a proposé en anglais le mot correspondant clang-tint.
Physiquement ce fait vient de ce que non seulement un instrument vibre dans son entier, mais qu'il se divise en plusieurs parties dont chacune vibre comme si elle était séparée, et donne un son propre qui s'ajoute au son de l'instrument entier. Supposons une corde longue d'un mètre, comme dans le monocorde ou sonomètre ; si on la touche, elle donne un son appelé fondamental; si on la divise par le milieu, chaque partie donne un son qui est au premier dans le rapport de 1 à 2, ou qui est à l'octave du son fondamental ; elle peut être divisée en trois, quatre ou cinq parties. Or si la corde, à une certaine tension, sans ^'ire divisée arlificiellement, vient à être touchée, elle émet un son qui est compose du son fondamental, do par exemple, si la tension correspond à cette note, plus des sons ajoutés par les divisions naturelles qui se forment. Ceux-ci ont reçu le nom de sons complémentaires ou hypertons ; on les appelle encore sons harmoniques. Ce qui arrive dans la corde sonore, anîve dans tout instiniment de musique.
L*oreille exercée distingue le son fondamental des sons complémentaires, et, comme dans les diflerences de sons, l'oreille l'emporte sur la vue pour l'analyse des sensations variées de son. Pourtant oii on peut le mieux observer et percevoir la qualité du son, c'est quanA la hauteur ou l'énergie du son est moyenne. Dans les sons plus graves, le son fondamental est trop faible eu égard aux sons complémentaires ; dans les plus aigus au contraire, les hypertons dépassent la limite de la perceptibilité.
76. Limites d'excitabilité du son, 11 y a une limite mininia. Selon Helmholtz, 11) vibrations à la seconde sont en moyenne la limite minima pour une sensation consciente, 38000 la limite maxima. En expérimentant de diflérentes façons, le nombre de vibrations est variable. En employant un moyen très énergique, 8 vibrations à la seconde ont encore été suffisantes pour produire une sensation, la plus petite possible. 11 faut pourtant remarquer que cette limite est variable avec les individus, selon qu'ils sont doués d'une sensibilité plus ou moins grande, outre qu'une certaine habitude est nécessaire pour ces expériences.
Ces sons si bas, si faibles ne sont pas propres à la musique ; en réalité ils ne sont pas agréables. Le son le plus bas que l'on peut dire musical selon Wundt est de 28 à 30 vibrations à la seconde. Dans les pianos on use habituellement ou du (/o de 33 vibrations, ou du /a le plus grave de 27,5 vibrations ; le plus élevé est le la* A^ 3,520 vibrations. Pour donner une idée claire de tout cela, je transcris le tableau de Helmholtz calculé sur la base du ton la de 440 vibrations, comme c'est l'usage en Allemagne.
Contre
Grande
Octave
Première
Seconde
Troisième
Quatrième
Octave
Octave
Simple
Octave
Octave
Octiive
Octave
do à si
do ù si
do à si
do à sï
do" à si"
do" il si"
do"" -À si""
do
ri
mi
fa
sol
la
HO
Le professeur Blasema reconnaît comme limites du piano forte moderne les sons qui vont de 27 vibrations à 2500, en donnant 3,480 vibrations au la le plus aigu qui, suivant la table d'Helmoltz, en compte 3,520.
Le son le plus bas du violon est de 193 vibrations environ ; le plus élevé peut être fixé à 3,500. « Ce chiffre, dit-il ensuite, n'est pas fe plus élevé ; certains pianos forte vont jusqu'au septième do qui con^pond à environ 4,200 vibrations ; et avec la petite flûte, on vrire jusqu'à 4,700 vibrations et plus. Mais il est fort douteux que la iBQsique ait un profit véritable à s'étendre jusque-là. Les sons trop aJgDs sont stridents, et perdent entièrement ce son plein et net qoi constitue le caractère principal des sons musicaux. On peut conclure sans exagération que les sons musicaux sont compris entre Î7 et 4,000 vibrations. »
< Une question intéressante entre toutes, c'est celle de la voix ikomaine et des limites entre lesquelles elle est comprise. Nous deroDS distinguer entre les voix d'hommes et celles de femmes ; ces dernières sont représentées à peu près par un nombre de vibrations double de celles des hommes. Dans chacune de ces voix on fait ensuite, pour les besoins de la musique, trois sous-divisions, et on a ainsi pour l'homme les voix de basse profonde, de baryton et de thîor ; poiu* les femmes, les voix de contralto, de mezzo-soprano et de soprano, i
Ce que montre clairement le tableau suivant. Les (!hiffi*es entre parenthèses représentent des cas exceptionnels de voix que l'on a entendues sur les théâtres.
Etendue et limites de la voix humaine
si mi ré fn
Tù fa fa dièzc sol
Barjton
46 PSYCHOLOGIE PHYSlOLOCaQUE
snl la la do dièzc
Ténor (98) 109 435 (541)
<lo mi la la
Contralto (110) 164 696 (870)
mi fa la si
Mezzo-soprano (l 64) 174 870 (976)
sol la do mi
Soprano (196) 218 1044 (1305)
c Les limites extrêmes, de la voix humaine (hommes et femmt réunis), conclut le même professeur, peuvent être comprises dai 4 octaves du do = 65 au do = 1,044 vibrations, en ne comprenai pas certains cas extrêmes (1). >
77. Les limites de la perception des sons, avons-nous dit, variei dans les divers individus, c Le docteur Wollaston à qui nous devoi la première démonstration de ce fait, écrit Tyndall, remarqua, un jou qu'il tentait de déterminer la hauteur de sons très aigus, que roreiil d'un de ses amis, présent à Texpérience, était entièrement insensibl au son d'un tuyau d'orgue très petit, dont l'acuité n'arrivait pasencor aux limites ordinaires de perception de l'oreille humaine. Pour cet ami 1 sens de l'ouïe était fermé pour une note de 4 octaves plus élevée qu le mi moyen du piano. > Après ce fait, le même auteur rapporte se observations personnelles qui confirment parfaitement l'existence d ces limites individuelles de la perceptivité des sons. H ajoute ensuiti que quelquefois l'absence de perception de certains sons est pure ment temporaire.
€ Derrière la membrane du tympan se trouve une cavité pleine en partie d'osselets qui la traversent, en partie d'air : cette cavité communique avec la bouche par un conduit qui est la trompe d'Eustache. Ce conduit est régulièrement fermé, et par suite l'air de la cavité située au delà de la membrane ne communique pas avec Tair extérieur. En ce cas, si l'air extérieur devient plus dense que celui de la cavité, il presse la membrane du tympan de dehors en dedans* Si, au contraire, Tair extérieur est plus rare, la trompe d'Eustacbe étant fermée, la membrane éprouve une pression de dedans au dehors. Dans ces deux cas, on éprouve une douleur, et on est à moitié sourd. Dans la déglutition, la trompe s'ouvre et l'équilibre entre les deui pi'essions se rétablit (2). >
78. Les sons peuvent se composer, et on a alors une compositiof de sons. Les ondes vibratoires d'un son, excitées simultanément avei d'autres ondes d'un autre son, produisent un son composé que l'oi peut exprimer par la résultante des deux ondes (fig. 11). Mais si le ondes sont de la même amplitude et de la même vitesse, on a ui renforcement du son ; si pourtant ils sont de la même amplitude ! peut se produire un phénomène dit d'interférence. C'est-à-dire qa
(1) I^ non H la imutiquoy Ir.itl. fr. Félix Alcan, éd., p. 58. •
(•2) Le Son, trad. fran<;., pp. 79-80 el sc(|.
les couches aëriennes condensées dans les phases vibratoires, coïncidant avec la raréfaction de Tair produite par les autres ondes placées en dessous, et n^ciproquement, il résulte que la même couche d'air demeure en repos, les deux ondes étant de phases opposées, comme deux forces incidentes qui ne produisent aucun etfet positif. Alors 11 se produit un phénomène négatif, un silence au lieu d*un son, ce qui constitue Finterférence. Si les phases ne coïncident pas parfiûtement, ce qui arrive quand le nombre des vibi*ations superposées diSere un peu du nombre des vibrations en une seconde, comme par exemple de 125 à 100, de 250 à 200, on sent alors une interiiiptioD et des renforcements à des intervalles donnés et pour les cas cidessus de 25 entre 125 et 100, de 50 entre 250 ou 200. Ces renforcenenls s'appellent baltements et peuvent devenir très désagréables, et produire une dissonance.
Maintenant, en considérant plus attentivement ces compositions de loos, on observe que, par la superposition des sons, on a un Ion ou iOA résultant ou combiné.
Ceh arrive quand les sons qui se produisent sont suffisamment farts, pour que les perturbations^soient sensibles ; mais la loi trouvée parHelmholtz n*est plus vraie dans la pratique pour les perturbations citrémcment petites, ni quand elles dépassent une certaine limite*. hb somme et de la différence des deux sons naissent de nouvelles ODdes vibratoires qui donnent un son qui leur est propre, lequel s'ajoute aux deux sons fondamentaux composants, en sorte qu'on entend ordinairement trois sons; supposons qu'un son soit de 200 ^rations, un autre de 250, le son combiné est de 50 vibrations, et c*est un son de différence. Le son provenant de la somme est ordittirement très faible. Ce son résultant peut être produit encore par h combinaison des hypertons entre eux et avec les sons fondamenluix. Bien que la sensibilité humaine soit capable de percevoir tous ^8008 et leur sonune ou leur différence et les sons résultants, f rimagination, écrit Tyndall, est entièrement impuissante, non Kolement à concevoir mais même à se représenter confusément l'état de latmosphère, qmmd il donne passage à cette multitude de «ons(l)f.
79. Ce-s battements, dont nous avons parié plus haut, sont des perturbations du son, ou des sons composés combinés. Ce fait a une grandi; importance dans la théorie de la musique, et dans la sensation des sons musicaux combinés. Les accords musicaux ne sont autre chose que des combûiaisons des sons de Téchelie diatonique, lesquelles combinaisons se lont dans les rapports simples de nombres de vibrations des sons. C'est <;e que Tyndall exprime de la façon suivante : ta combinaison de deux notes est d^autcint plus af/rénhfe à Voreille
i\:USan, page 305.— Voy. Wundt, Pxijcholouie Pliyniologique, cbap. ix, 3.
que le rapport de la vitesse de leurs vibrations est exprimé par des nombres plus simples ^1).
Le professeur Blasema, en rappliquant à trois sons ou plus, a formulé ainsi le fait : pour qu'un accord formé de trois sons ou plus soit consonanty il faut que les différents sons composants soient^ quant au nombre de leurs vibrations, dans un rapport simple, non seulement avec le son fondamental, mais aussi entre eux (2).
La consonance la plus parfaite est Tunisson 1 : 1 ; Tiennent ensuite l'octave 1 : 2 ; la quinte 2 : 3 ; la quarte 3 : 4 ; la tierce majeure 4 : 5 ; la tierce mineure 5:6.
La cause de la consonance ou de la dissonance se trouve dans les battements ou les intermittences de son, qui ne peuvent jamais manquer de se trouver dans toute combinaison de sons, excepté à Tunisson. Helmholtz a trouvé que la dureté et le caractère désagréa* ble des battements commencent à disparaître quand leur vitesse dépasse 33 vibrations à la seconde ; ces inconvénients cessent complètement et les battements commencent à produire des sensations agréables à partir de 132 vibrations et au-dessus. La consonance est donc produite par les battements quand ils se succèdent assez rapidement pour faire disparaître l'intermittence sensible. De fait, ea analysant une octave au moyen des sons du diapason qui donnent l'un 256 vibrations, l'autre 512, on trouve 512 — 256, ou une différence de 256 battements, par suite accord et consonance. Ainsi la quinte donnera une différence de 38 i — 256 = 128; la quarte 384 — 312 = 72, la tierce majeure 320 — 256 = 64, et ainsi de suite. Dans ces derniers sons on commence à sentir les intermittences et la consonance n'est pas aussi parfaite que dans la quinte et dans l'octave.
Ce qui arrive entre les sons fondamentaux se produit encore entre les sons fondamentaux et les hypertons qui, par suite, peuvent \ devenir dissonants (3).
Wund en pariant de la dissonance a cru devoir faire une restriction aux mots dissonance, consonance harmonique,
La dissonance doit être limitée à ces perturbations de sons composés causées par les battements et par suite par les interruptions de la sensation. Nous devons donc appeler consonant tout son qui, pour notre oreille, ne produit aucun battement perceptible. Au contraire nous emploierons le mot harmonie pour le cas oii un certain nombre de sons partiels de plusieurs sons s'accordent. L'idée de la consonance et celle de l'harmonie, continue le même auteur, ont presque toujours été confondues et Helmholtz a encore tenté d'établir d'une façon scientifique l'identité de ces deux idées, alors qull fait dériver la disharmonie des battements, et par suite de ce que nous
(1) Le Son, p. 310.
(2) Le son et la Miufique, Ir. fr., p. 85.
(3) Cf. Tyndall.o;/. ciY., Leçon VIIL Wundl, op, cit., pp. 369etseq.
appelons la dissonance, et qu'il pose l'idée d'harmonie comme un
Mmplc fait në^tif, la considérant comme l'absence de dissonance.
Ce sont deux choses différentes. La dissonance peut, dans certaines
circonstances, renforcer l'impression perturbatrice de la disharmonie,
. nais il peut y avoir désaccord sans dissonance et, jusqu'à un cer-
Uùn point, dissonance sans désaccord (1).
80. L'harmonie, pour Wundt, se trouve dans Vafpnité des sons (Klangverwandtschaft) et non dans l'absence de dissonance comme le veut Helmholtz. Ce principe est analogue à ce qu'avaient admis Hameau et d'Alembert qui afGrment que nous appelons d'ordinaire harmoniques les sons qui ont entre eux des tons partiels communs, ou qui apparaissent comme éléments d'un seul et même son fondamental (2).
L'affinité des sons consiste en ce que l'ordre des sons, que présuppose la série des sons, ou l'échelle diatonique, unit en soi des sons pour lesquels certaines parties delà série sont identiques.
L'affinité des sons est de deux sortes. Elle consiste d'abord en ce que certains sons partiels (Partialtone) reviennent toujours vers une classe déterminée de sons, encore que la hauteur du son fondamental et des hypertons correspondants puisse changer : en ce cas certains sons partiels apparaissent comme accompagnant constamment b sons comparés l'un a l'autre. Ou bien les sons partiels qui coïncident changent avec la relation des vibrations des sons fondamentaux, auquel cas la hauteur de ceux-ci détermine l'afGnité. La première de ces affinités est dite constante^ la seconde variable. On distingue encore dans la seconde l'aflinité directe de l'aHinité indirecte, H ne me semble pas nécessaire d'exposer ici cette théorie : je dépasserais les limites qui me sont imposées. C'est pourquoi je note seulement quelques-unes de ces affinités dans les sons partiels, prises ça et là dans Wundt, et cela pour qu'on ait quelques notions de la théorie.
Intervalle (son fondamental C) octave c.
Relation des nombres de vibrations 1:2
Nombre d'ordre des tons partiels coïncidants.
— du plus bas 2, 4, 6 | 8, etc.
— du plus haut 1,2,3 | 4
double octave c'
Relation 1:4
Tons partiels j | ' 2
.... Quinte C.
RelaUon 2 : 3
Tons partiels... | ^' ^' g' ^g
(l) Physiot. PgycMotf., pp. 270-71 et seq.
!,2) Wundt, op. cil,, pp. 520-20.
SiRGI.
50 PSÏCHOI-OUIE PHÏSIOUtCHit'E
Uuailc F.
Kelation
To„»pa,iick... j â; ?; 's; jS, „,c.
D'une autre façon, la série des tons partiels de deux sons, foiidiuncntal, G quinte, est ainsi exprimée :
I (C) 2, 4 6 8 10 12 14 Iti Il (G) 3 () 9 . \i 15, etc.. .
L'harmonie résulte, d'après ces eonsidérattons très brèves, i nienls positifs, e'est-à-dire que dans des sons divers i! y a de; inents communs, ou résultats communs, comme des multiple nombres qui sont ici les nombres des vibi~dtions (1).
II. - VL K 81. Organe delavue. — En regardant les yeux d'un individu v on s'aperçoil immédiatement qu'ils présentent deux parties
Kic. lî. — Counc anltro-imsli'ricurc dir Vn-ii : I norf ii|itic)iic : 1! corniT ; 6, H tlK 7, SporlinnB anlérjrurus c\ |his ti-ri pures ilc la iticmlininu di' l'humRur 3ijiii'u«> corps ctllaire; Il iria : 1^ |iu|ijlli': in. t;l rOlinc; 19 crUuilliu; Jl corjis mI l'hanilini aiili'^Hcurc; 33 chambre |iusliTîcurr.
distinetos, l'une blanche el l'antre colorée de forme drculalr
(1| WandI, op. cil., pp. ûOl-niS. Sur le raraftiTi: fuDdainenUil dt- la ( musicale dessous. Cf. FortIaKe, i^rWnii/» :ur PtifiAoloyie, p|>. l',>l-3Zl — tlentalion aiut Intuilio», pp. 181- S, rcniiiniuc ipie b lliéorie di' llelnihi deux etlt%, l'un nt^tistir, l'uutre piisilif.
Le côté négalir consiste dans l'absence des liaiiementis on iniernulii'i) Koià [losilif pose pour condiiion de l'harmonie l'cxciiatiun siuiuiiaiiëc de uu plusieurs tcreupes de Tiliros nervi-usis potii' deux tons ou sons l'oinpiis
PERCEPTIVITÉ DE LA SEÏ^SATION 51
partie blanche se continue par la surface non visible de Tœil pour former la cornée opaque, membrane assez épaisse pour protéger Torgane de la vue. Là où finit la partie blanche ou cornée opaque sur le devant commence la cornée transparente^ qui présente une convexité plus prononcée ; on peut voir, en fermant les yeux, comme elle s'étend au-dessous des paupières. La cornée opaque ne laisse passer qu'une lumière très intense mais peu distinctement ; la cornée transparente, au contraire, est pure et translucide pour donner passage aux rayons lumineux. Au delà se trouve une chambre pleine d'im liquide qui est l'humeur aqueuse ; au delà se trouve Viris avec son ouverture la pupille. L'une et l'autre s'aperçoivent à travers la cornée, et sont colorées. La couleiu* de la pupille vient du fond de l'œil, celle de l'iris des éléments pigmentaires qui sont la continuation de la choroïde. L'iris peut se dilater ou se rétrécir au moyen de muscles spéciaux. En avançant, derrière l'iris, on trouve le cristallin ou lentille cristalline, tissu fibriilaire assez compact, ayant b forme d'ime lentille biconvexe. Ensuite vient le corps vitré, substance gélatineuse qui remplit le reste de la cavité de l'œil. Dans cette cavité ce qui se présente d'abord c'est la rétine, membrane qui s'étend dans toute la cavité sous forme de réticules, d'où son Bom de rétine. Sous la rétine se trouve une seconde membrane, la choroïde, qui est en contact avec la cornée opaque; elle est composée de cellules pigmentaires qui sécrètent la couleur noire qui la rend obscure.
Dans l'ensemble, l'œil ressemble à la chambre noire du photophe. La lentille est constituée par tous les milieux réfringents à vers lesquels pénétrent les rayons lumineux ; les parois noires l représentées par la choroïde ; le verre du fond, c'est la rétine laquelle se réunissent comme à leur foyer les rayons visuels. Le rôle de toutes les parties de l'œil est celui d'un appareil d'opla pupille, la lentille, la choroïde, le corps vitré sont des ux purement physiques, destinés à faire pénétrer la lumière de certaines conditions. Le noir de la choroïde est nécessaire empêcher la diffusion des rayons lumineux qui seraient tous s dans la cavité oculaire même , tandis qu'il sont ainsi et permettent à l'organe sensible, la rétine, d'accomplir rôle. Les albinos, hommes et animaux, ont une vision impar- ; la sécrétion pigmentaire leur fait défaut non seulement dans poib, mais encore dans l'œil dont le fond nous apparaît rouge, à l'endroit de l'iris, par suite des vaisseaux sanguins de la
rétine mérite une plus ample description (iig. 13). Elle
an nerf optique qui s'inti*oduit dans l'œil à peu près vers le
i; elle est une expansion de ce nerf, c'est-à-dire qu'elle n'est