CHAPITRE V
Développement de la Volition
454. De ce que nous avons dit jusqu'ici de la volition il résulte que :
a) Elle est un mouvement suscité.
b) Par une force externe transformée en sensation consciente.
c) Produite par deux clauses, comme tout autre phénomène psychique, l'excitation extérieure et la force psychique ;
d) Qu'entre ces deux forces, il y a une relation de concours ou de concomitance ;
e) Que la force psychique oscillant dans des limites constantes, la cause de la volition, qui est double, ne peut être invariable, mais qu'elle oscille, elle aussi ;
f) La volition est par suile un effet que l'on peut estimer d'après la Bature de l'excitation qui passe par les voies du sentiment, et d'après l'état de conscience actuel de celui qui agit.
Et le caractère de la volition exige déjà qu'il y ait : 1* Une suspension entre l'excitation et le mouvement qui suit ; 2® A l'origine, une impulsion motrice par de nouvelles voies ; 3^ Un but du mouvement qui est l'effet auquel on tend par l'action.
455. Pour toutes ces considérations, la volition n'est pas un phénomène simple et facile à comprendre, mais elle est impliquée dans un grand nombre d'éléments, tant externes qu'internes, qui ne sont pas la volition mais qui sont nécessaires à sa production.
En fait, la sensation est un antécédent de la volition, elle n'est pas
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la voHlion, elle n'est pas un de ses éléments, mais elle est indisposabh» à sa production ; la suspension entre rexeilaiion et le molIf^ ment n'est pas non plus un élément de la volition, bien quelle «a soit un antécédent de caractère ncgatit*. La volillon proprement dite, cVst le mouvement qui suit, par lequel on arrive à un but;oo]ie peut néanmoins séparer ce mouvement de tous ses antécédents sioi veut le consi(l<'Ter en lui conservant son caractère, propi-e. Il importe d'insister sur ce point, parce qu'une grande partie des en-eurs w la nature de la volonté viennent de ce qu'on n*a pas distingué d'nne manière convenable la volition, l'acte volontaire, de ce qui la précède et lui donne son caractère.
On pcait faire celte remarque pour tout phénomène psychique d j(^ dirai même pour tout phénomène naturel. L'antécédent d*une sensation est une excitation externe sur l'organe des sens ; cette excitalion est né(îessaire au phénomène sensilif, mais elle n'est pas le phénomène lui-même. De mèm(s comme phénomène, la volition estai mouvement donné, mais il lui faut certains antécédents qui Id donnent sa former et son caractère.
\U{). Un autn» point sur lequel il faut insister, c'est celui-ci : que si la volition est un phénomène, comme cela n'est pas douteux, elle ne peut en aucune façon exister antérieurement en puissance dans une faculté spéciale, comme l'admettent quelques philosophes ; a elle exisKî ainsi en puissance, ce ne peut être que dans la conditioi anatomo-physiologique des organes, tant intérieure qu'extérieurs. Ob parle communément de la volonté comme d'une puissance, ce moi volonté même n'exprime qu'une abstraction, non une force sp<*cifi(|ue, une substance?. L'idée de la préexistence de la volonté à 11 volition, au phénomène particulier, a été une source d'erreurs trî'S graves dans la déterminai ion de la signification et de la valeur de cetie volonté. II me si».mble qu'on peut dire avec bi'ièveté et précision que la volition est une fonction,
457. Le développement de la volonté dépend de celui de rinielligence. La volition qui apparaît an plus bas degré de Téchelle animale, aux premiers degrés de la vie humaine, dans le nouveau-n<\ est le germe de la volition future qui s'est développée avec la conscience déterminée des motifs, de la iin à laquelle on tend dans ra(!tion, et des processus intermédiaires entre les motifs et l'effet ultime d<^ la volition, c'est-à-dire avec la conscience des consé- (luences de l'acte à accomplir. Quel que soit pourtant le développement du processus de la volition, la relation primitive que nous avons trouvée entre les organes sensoriels et les organes moteurs reste constante, de même que, dans les conditions normales, le lien entre nerfs afférents et efférents, et centres de sensation et de mouvement, est inaltérable. S'il y a quelque différence entre un processus volontaire simple et un processus développé, cette ditierence ne peut venir que d'une suspension plus ou moins grande dans l'ext^
cuiion de Tacte, d*une subdivision des intermédiaires du processus môme, ces intermédiaires devenant une série de faits et d'actes que Ton peut analyser avec précision et clarté. C'est l'opération intellectuelle surtout qui s'immisce dans le processus volitif avec une série d'accessoires qui aident à donner une conscience plus grande de la volition, et une pleine connaissance des conséquences de l'etTet produit par elle.
Il est, par suite, nécessaire que nous examinions chacun des éléments ou chacun des faits qui concourent à donner ce développement au processus de la volition.
Les éléments ou faits premiers sont :
1** Excitation ou motif à l'action ;
2^ Impulsion psychique au mouvement;
3* Mouvement.
Les éléments et faits secondaires, qui en réalité ne sont que des dédoublements des premiers avec un développement plus grand, sont :
1" Choix entre les motifs ;
2** Détermination ;
3" Exécution ;
On peut donc les ranger tous ainsi d'après l'ordre chronologique et dans une série qui corresponde à l'ordre réel et successif :
r MoUfs ;
2o Choix entre les divers motifs ;
3® Impulsion psychique ;
4° Détermination ;
5* Exécution et mouvement. •