‹ La psychologie physiologiqueChapitre 9 sur 130 · OBJET DE LA PSYCHOLOGIE · texte numérisé non relu

OBJET DE LA PSYCHOLOGIE

le plus grand nombre de cas. ]1 est peu de pei'sonnes qui ne sentent la difficulté de la digestion, ou les impulsions artérielles, ou celles du cœur, dans Tétat sain. D*autrc part, il est certain que, quand il y a trouble, on a, de ces faits, des sensations douloureuses. Cela est Trai pour tout organe de nutrition. Si quelquefois, dans l'état ordinaire et de bien-être des organes, leurs activités ne donnent lieu à aocime remarque parce qu'elles restent inconscientes, la raison principale en est qu'elles constituent alors l'état d'e\(*itation normale ou d'équilibre de lorganisme. Du reste cela signifie que toutes les fonctions sont tantôt conscientes et tantôt inconscientes.

24. Les phénomènes de relation, mouvement et sensibilité, ne relèvent pas seulement de la physiologie ; ils relèvent encore de la psychologie. D'après cette seule considération, ils doivent être coiis<Ments. Pourtant, envisagés au point de vue de la physiologie, ils sont encore ou conscients ou inconscients. Examinons le monument.

On peut le distinguer en :

a. Mouvement automatique inconscient, h. Mouvement réflexe inconscient,

c. Mouvement volontaire conscient,

d. Mouvement réflexe conscient.

I*ar mouvement automatique, en ce moment, je n'entends pas

celle transformation du mouvement volontaire qui dépend de l'habitnde, mais je veux parler du mouvemt'ut qui est le propre de tout élément organique et principalement du protoplasme des cellules, comme on peut h» remarquer très bien dans les cellules végétales, cl de ce mouvement qu'on observe dans les cils vibraliles qui sont <bns les organes internes des animaux supérieurs et (constituent les origanes du mouvement des animaux inférieurs. Cette espè(îe de nonveroent est inconsciente. Les mouvements réflexes sont, partie conscients, partie inconscients ; les mouvements volontaires sont tous conscients. On peut donc dire du mouvement ce qu'on a dit des autres fonctions. La sensibilité est aussi consciente ou inconsciente, comme l'ont très bien démontré les physiologistes et comme on le î^rni mieux encore dans le développement ultérieur des autres parlies de ce livre.

25. (l*») De tout cela on peut donc inférer que dans les deux classes de phénomènes physiologiques, nutrition et relation, on trouve la conscience et l'inconscience.

La physiologie pourtant étudie ces deux classes de phénomènes comme son objet propre et s'en occupe spécialement, qu'il y ait conscience ou non. Mais la psychologie a toujours en vue la partie cnnscientc des phénomènes qu'elle étudie.

Pourrait-on dire que la psychologie étudie tous ces phénomènes, mais seulement quand ils sont conscients ?

Rcclierchons avant tout d où dérive la conscience dans les uns et les autres.

26. Tout ensemble de phénomènes a un centre de production, comme le foie, par exemple, la rate, l'estomac avec ses appendices, le cerveau, etc., etc.

Pourtant ces centres spéciaux n'ont pas tous en eux-mêmes le siège de la conscience de leurs propres fonctions. On peut poser en principe que les centres des phénomènes de nutrition ne sont pas sièges de conscience tandis que, au (contraire, (^eux des phénomènes de relation le sont.

(2^) Donc la conscience des phénomènc^s de nutrition est hors de leurs centres de production, et elle est placée dans les centres des fonctions de relation.

(3*) D'où on tire que les centres d(îs phénomènes de relation sont des centres psychiques^ sièges de la conscience de tous les phénomènes physiologiques. Et j'appelle les centres de relation, centres psycliiques, panre qu'ils ont une propriété qui leur appartient exclusivement et commence à les distinguer des autres centres. C'est la conscience placée au centre même de productitm des phénomènes. Cependant on ne peut dire que ces centres psychiques produisent toujours des mîmifestations conscientes, leur travail est parfois inconscient.

Il va de soi que les phénomènes produits par les centres psychiques sont des phénomènes psychiques.

(4**) Maintemmt de ce qui précède il résulte qu'il n'y a pas de limite absolue entre les phénomènes physiologiqu(îs et l(»s phénomènes^ psychiques, parce que les uns et les autres sont conscients et inconscients, et qu'ils ont encore un autre (*aractère commun: (5*) qui est de produire les phénomènes selon leur nature spéciale.

(6**) Pourtant tout centre de producrtion est séparé des autres par la division du ti*avail physiologique, non par une complète indépendance ; tous sont des parties d'un tout qui est l'être vivant.

27. (7*) Mais les centres psychiques ont un caractère prédominant qui est la direction et la «coordination de la vie d<î nutrition et de relation. L'anatomie suffit à établir ce fait ; car les centres de relation, qui sont aussi les centres psychiques, constitués par le cerveau et la moelle épinière, distribuent partout leurs filets nerveux, tant à la périphérie du coi*ps que dans les organes de nutrition eux-mêmes, le foie, le cœur, l'estomac, et ces nerfs servent comme intermédiaires de diverses natures dans les fonctions de ces organes et comme instruments de sensibilité pouvant avertir des troubles des fonctions. Cela a son importance et se rapporte, pour la garde de l'être vivant, à un principe de conservation que j'ai déjà appelé esthophylattique (1).

(1) Voir mon livre : L'origine dei fenomeni psichici, e loro siguificazione biologica, UilaiU, 1885, chap. ii.

Page 1