DIFFÉRENCES EN C
>NC£
Dittérences
ODces
17 onces
manque
(i) Je souligne ce mot qui ne l'est pas dans Weber. (2) Prolégomène XII, p. 5.
Dans ce tableau le lettre a indique les résultats des pesées faites alors que la main est posée à plat sur une table, donc par l'intervention du sens du toucher seuL
La lettre b indique les chiffres obtenus dans les expériences où le sens musculaire intervient également^ le sujet soupesant les onces et les drachmes.
On voit que le 4^ sujet n'a pas fait la série complète des expériences.
A priori, l'affirmation que les sujets perçoivent aussi aisément la différence entre les poids légers qu'entre les poids lourds choque le bon sens. Car on a beau présenter la loi sous une forme un peu spéciale, dire que la différence perçue demeure constante alors que les termes de comparaison varient de quantité ou d'intensité absolue, il n'en découle pas moins cette conclusion que les petites différences sont saisies avec autant d'exactitude que les grandes, ce qui paraît insoutenable.
Personne n'admettra que nous voyons aussi aisément le dixième de millimètre que le décimètre. Et si la difficulté de percevoir les petites distances apparaît clairement quand on opère sur des millimètres ou des dixièmes de millimètres, il est raisonnable d'admettre que cette difficulté va en diminuant à mesure que l'on considère des longueurs croissantes, allant du millimètre vers le mètre. Il est raisonnable d'admettre que plus on s'éloigne du millimètre plus sûrement on apprécie les longueurs ; et que quelque part sur l'échelle des longueurs, entre le millimètre et le mètre ou au delà, se trouve une zone où les difficultés étant réduites au minimum, les appréciations sont relativement faciles.
Il est probable que cette zone n'est pas exactement la même pour tous les hommes ; qu'elle est plus longue pour ceux qui ont le sens musculaire plus affiné ou qui ont exercé ce sens par un entraînement antérieur, ou enfin qui se livrent à ces mensurations avec un maximum d'attention. Voilà ce que le bon sens et l'observation vulgaire nous portent à admettre. Si donc on veut établir que lé sens commun est dans l'erreur sur ce point, il convient d'appuyer cette assertion sur un nombre suffisant d'expériences indiscutables. Elles devront être, ces expériences, d'autant plus précises et d'autant plus nombreuses qu'on opérera sur des séries de stimulations plus rapprochées des stimulations qu'on prend comme terme de comparaison. Si, en effet, faisant soupeser d'une, part les kilos et notant les différences de poids les plus faibles perçues dans ces conditions, faisant ensuite soupeser des poids de 10 grammes, soit la centième partie des précédents, on constatait une précision identique dans les rapports perçus entre les poids de la première série et ceux de la seconde ; si un sujet distinguait 950 grammes de 1 kilo, et aussi facilement 9,5 grammes de 10 grammes, la question semblerait à peu près résolue dans le sens formulé par Weber. La différence entre i kilo et 10 grammes est si considérable, que si même alors le
rapport — se maintient, c'est qu'il est bien réellement
constant. Supposons que de semblables résultats fussent obtenus dans un grand nombre de pesées faites
(i) Prolégomène XH, p. 51.
par une dizaine de sujets, la loi pourrait être considérée comme à peu près certaine. Si au lieu de faire comparer à des kilos des poids loo fois moindres on se contentait de présenter des poids de 200 grammes soit 5 fois plus faibles seulement, les difficultés étant a priori hediMCOMç moindres, il faudrait pour déclarer ce rapport exact des expériences beaucoup plus nombreuses et surtout un nombre de sujets beaucoup plus considérable.
Or, qu'a fait Weber ? Il a comparé aux expériences faites avec des onces, d'autres expériences faites avec des drachmes, c'est-à-dire le - des premières. Il eût donc dû opérer tout au moins sur un grand nombre de sujets, pour pouvoir tirer des données expérimentales une conclusion à peu près exacte.
« En tout, je citerai, dit-il, quatre expériences. » Quatre sujets seulement ont comparé les poids différents en onces et en drachmes. Mais du moins les résultats auxquels sont arrivés ces quatre sujets sont tellement concordants qu'il semble inutile de recourir à d'autres expériences?
Reportons-nous au tableau reproduit plus haut.
4 sujets ont fait d'abord chacun plusieurs pesées, la main posée à plat sur une table, ils ont comparé successivement à 32 onces et à 32 drachmes les poids en onces et en drachmes tout juste sensiblement inférieurs. Voilà donc pour chacun deux comparaisons, dont les résultats sont exprimés par des chiffres.
En tout 8 résultats : 4 pour les onces, 4 pour les drachmes, résultats qui devraient concorder. Or, chez un seul sujet il y a égalité. Le second perçoit une
différence quand à 32 onces il compare 22 onces, et à ^2 drachmes 22 drachmes.
Chez les trois autres il n'y a pas égalité, mais différence, et différence notable, tellement notable que chez les deux seuls qui ont fourni des résultats (ceux du 4® sujet manquent), chez ces sujets, dis-je, la différence va du siniple au double !
Le premier sujet perçoit une différence en onces qui est de /j et une différence en drachmes qui est de 6*; le troisième perçoit une différence en onces de J2 et une différence en drachmes de 6,
Quand on compare les chiffres exprimant les résultats des expériences où le sens musculaire est intervenu concurremment avec le toucher, les conclusions sont encore moins favorables : ici encore sur les
5 résultats, 2 seulement concordent, mais ils sont si bizarres qu'on ne peut les admettre comme valables : en effet, il s'agit du sujet numéro 3. On trouve que sans soupeser, il perçoit des différences de 12 onces et
6 drachmes, et en soupesant, des différences de 6 onces et encore 6 drachmes ! Chez lui le concours du sens a accru la finesse à percevoir le poids des onces puisque la différence est tombée de 12 à 6; mais pour les drachmes l'intervention du sens musculaire n'a produit aucun changement.
Cette simple constatation montre mieux que tous les raisonnements la valeur des expériences et celle des chiffres qui en expriment les conclusions.
Même en passant sur ces bizarreries, ad mettons, avec Weber. que ces résultats aient une signification ; que doit-on logiquement déduire des données précédentes?
Pour les expériences où le toucher seul intervient il faudrait 4 paires de résultats, la dernière est incomplète. Les trois autres donnent ceci :
Différences en poids non perçues : onces. . . 15 drachmes. . . 8
De ces données, si Ton veut absolument tirer une conclusion, découle ceci : lorsqu'un même sujet compare par le toucher seul, des poids différents plus lourds et des poids différents plus légers il perçoit plus aisément la différence cnlre ces derniers. En effet, sur trois sujets, deux perçoivent, pour les drachmes, une difiérence proportionnelle deux fois moindre que celle qu'ils perçoivent entre les onces. Le troisième perçoit ' les différences également bien dans Tune et l'autre expérience.
Lorsque les sujets soupèsent les poids à comparer, la différence entre les poids des drachmes ou poids légers semble au contraire plus difficile à saisir, en effet sur les quatre sujets un seul a perçu la différence 6. Les trois autres perçoivent mieux la différence entre
les poids constitués par des onces, respectivement / -,