‹ La psychopathologie de la vie quotidienneChapitre 16 sur 50 · Souligné par moi · texte numérisé non relu

Souligné par moi

réunis, j'en trouve à peine un où le trouble du langage se laisse réduire uniquement et exclusivement à ce que Wundt appelle 1' « action par contact de sons ». Presque toujours je trouve, en plus de l'action par contact, une action perturbatrice ayant sa source en dehors du discours qu'on veut prononcer, et cet élément perturbateur est constitué soit par une idée unique, restée inconsciente, mais qui se manifeste par le lapsus et ne peut le plus souvent être amenée à la conscience qu'à la suite d'une analyse approfondie, soit par un mobile psychique plus général qui s'oppose à tout l'ensemble du discours.

a) Amusé par la vilaine grimace que fait ma fille en mordant dans une pomme, je veux lui citer les vers suivants :

Der Ajje gar possierlich ist, Zumal wenn er vom Äpfel frisst^.

Mais je commence : Der Apfe... Cela apparaît comme une contamination entre Affe et Apfel (formation de compromis) ou peut aussi être considéré comm^ une anticipation du mot Apfel qui doit venir l'instant d'après. Mais la situation exacte serait plutôt celle-ci : J'avais déjà commencé une première fois cette citation, sans commettre de lapsus. Je n'ai commis le lapsus qu'en recommençant la citation, et j'ai été obligé de recommencer, parce que ma fille à laquelle je m'adressais, occupée par autre chose, ne m'avait pas entendu. Cette répétition, ainsi que l'impatience que j'éprouvais d'en finir avec ma citation, doivent certainement être rangées parmi les causes de mon lapsus qui se présente comme un lapsus par condensation.

b) Ma fille dit : je veux écrire à Madame Schresinger (ich schReibe dcR Fnau SchResinger). Or, la dame en question s'appelle ShZesinger. Ce lapsus tient certainement à la tendance que nous avons à faciHter

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