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En considérant les nom jres contenus dans la colonne des diflerences relatives, on vc it que, en passant des températures les plus basses aux pins élevées, la différence diminue, c'est-à-dire que la sensibilité augmente, la loi de Weber exigerait que la différence relative lut à peu près constante: elle ne l'est pas, elle varie au moins du simple au triple. La décroissance de la sensibilité à mesure que l'on va vers des températures plus basses suit pourtant une marche assez régulière : elle est à peu près constamment proportionnelle au cube des excitations, comme le remarque Fechner. « Le froid produit donc, dit Fechner (p. 2o5), une forte diminution de la sensibilité. Vraisemblablement on trouverait une déviation semblable (de la loi de Weber), si, au-dessus de la température du sang, on s'approchait de la température où apparaît la sensation de brûlure ; il reste étrange cependant que la déviation au-dessus de la température moyenne ne commence qu'à une température élevée, tandis que, au-dessous de la température moyenne, elle commence tout de suite. »
En résumé, Fechner ne considère le résultat de ces expériences que comme un résultat provisoire, susceptible encore d'être modifié. (( Je tiens, dit-il, la loi de Weber pour assez vraisemblable dans les limites qui ont été indiquées, mais en aucune façon pour prouvée » (p. 207, 208). En effet, les expériences sur les sensations de chaud (tableau YII), qui paraissent vérifier la loi, sont trop peu nombreuses. J'ajoute que le résultat le plus sûr des expériences de Fechner sur ce point est que la faculté d'apprécier les différences de température est faible pour les basses températures, grandit ensuite de façon à passer par un maximum, pour diminuer de nouveau dans les températures élevées. Mais le point où se rencontre le maximum de sensibilité est loin d'être fixé avec sûreté. Il se trouverait selon Fechner aux environs de la température moyenne où Fechner fixe le zéro d'excitation. Mais des expériences faites, sur l'invitation de Volkmann, par Lindemann {De sensu caloris, Ilahs, 1857, dissertation
de doctorat en médecine) tendent à montrer que le maximum serait aux environs delà température du sang; seulement ces expériences sont peu nombreuses et manquent peut-être de rigueur (i). Quant à Weber, qui a étudié aussi le sens de la température, il se borne à dire que, la main entière étant plongée dans l'eau, on découvre avec beaucoup d'attention une différence de i/5 ou i/6 de degré Réaumur, que la plupart des hommes peuvent découvrir une différence de 2/5 de degré, et que ces différences sont les mêmes aux environs de la température du sang et à -f 14° R (2). On ne peut tirer de là aucune indication relative à la loi de Weber.
§5. — Grandeurs extensives (3).
La loi de Weber, qui semble s'appliquer, au moins dans certaines limites, à une partie importante des sensations intensives, s'applique-t-elle aussi aux sensations extensives ? Oui, selon Weber, qui d'ailleurs, comme on l'a vu plus haut (ch. II), s'est contenté d'un très petit nombre d'expériences. Fechner, avec l'aide de Volkmann, a fait des expériences nombreuses pour résoudre cette question en ce qui concerne l'appréciation des longueurs par la vue et par le toucher.
Les expériences sur les perceptions visuelles ont été faites par la méthode des erreurs moyennes. Cette méthode a été exposée dans le chapitre précédent en ce qui concerne la manière générale d'instituer les expériences et d'en interpréter les résultats.
Dans une première série d'expériences, sur la vue, Fechner employait pour déterminer les distances les pointes d'un compas ouvert placé sur la table; les branches du compas étaient cachées pour que l'appréciation de l'angle ne
(0 Fechîcer, El. d. Ps., I. aog, 210. Cf G.-E. Mulleh, Zur Grundle- (junrj dcr Psycliopliysik, p. 9a3.
(2) Tusl und Gcincinfjejuhl, p. 554.
(3) El d. Ps., r, 31 1-236.
pût entrer en compte. L'expérience consistait, un autre compas étant placé sur la table à côté du premier, à en écarter les pointes de façon à former une distance qui parût égale à la première. La distance visuelle était la distance la plus favorable, environ i pied parisien. — Cinq distances normales ont été employées, allant de dix à cinquante unités : l'unité était la moitié de la ligne décimale parisienne (c'est-à-dire I mill.Cia/i). — La série se compose de deux sections de soixante expériences pour chaque distance normale. Le tableau IX donne les sommes d'erreurs pures pour chaque distance normale. Les erreurs constantes provenant des différences de position, c'est-à-dire de ce que la distance normale était placée à gauche ou à droite, ont été éliminées. Pour obtenir l'erreur pure moyenne d'une observation individuelle, il suffirait de diviser chaque somme d'erreurs par 120 : mais il est inutile de faire cette opération, puisque chaque somme d'erreurs pures provient d'un même nombre d'erreurs. Il suffit d'établir les rapports des sommes d'erreurs aux distances normales correspondantes, ainsi que l'a fait Fechner dans Revision (p. 336). La loi de Weber exige que ces rapports soient constants.
La deuxième et la troisième série des expériences sur lesquelles s'appuie Fechner ont été faites par Volkmânn. Les distances étaient déterminées par trois fils blancs tendus verticalement par des ]3oids. La distance de perception était de 800 millimètres. Chacun des nombres donnés dans les tableaux X et XI représente en millimètres les sommes des erreurs pures pour trois sections de 16 expériences, soit pour 48 expériences. Les nombres donnés d'abord par Fechner dans Elemente diffèrcnl, légèrement de ceux que Volkmann a publiés plus tard(i) et que Fechner a reproduits dans Revision (2). Les deux tableaux X et XI reproduisent les nombres de Volkmann et de Revision.
(i) Pliysioloçi'ischc IJnlcrsuchwujen im Gebiele dcr Oplik-, llelï I, p. 129.. (a) Revision dcr Hauplpunkle (1er Psychophysilc, p. 338.
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