‹ La psychophysiqueChapitre 9 sur 62 · A DEUX MAINS · texte numérisé non relu

A DEUX MAINS

Alain gauche

Main

droite

Sommes de hD

Dz= o.o4 p

Kl'-

3 GOO 3 OOO

8 3io

Le résultat de cette série confirme les expériences précédentes : les nombres de cas vrais sont peu différents pour les deux poids principaux, et les valeurs de hD sont naturellement aussi très rapprochées. Cela est visible surtout si l'on considère les sommes des cas vrais et les sommes des valeurs de hD ; mais, même dans le détail, les deux nombres d'une même colonne verticale sont toujours assez voisins. D'ailleurs, comme dans les deux premières séries, le nombre des cas vrais est un peu plus élevé (sauf dans une colonne) pour le poids principal le plus fort, c'est-à-dire que l'influence du poids du bras n'est pas encore devenue négligeable.

Ainsi, les expériences de Fechner sur les poids soulevés ne contredisent pas la loi de VVeber. Fechner admet qu'elles la vérifient autant qu'elles peuvent le faire, puisqu'on ne peut pas éliminer l'influence perturbatrice du poids du bras. 11 est vrai qu'il subsiste une difficulté ; c'est que les nombres des cas vrais, pour le poids de 3oo grammes, sont plus élevés qu'ils ne devraient être, puisque c'est pour ce poids que le poids du bras doit abaisser le plus fortement la diffc-

(i) El. d. Ps., I, p. igO.

M. Foucault.

rence rclalive réelle. Le fait est trop régulier pour paraître accidentel ; il l'est du moins d'une façon presque parfaite dans la série à deux mains (tableau I). C'est là une anomalie, dit. Fechner (p. i88), qui fait à ce sujet des réllexions judicieuses, mais finit par déclarer que la raison de cette marche exceptionnelle de la sensibilité est inconnue (p. 200).

§ 4- — Sensations de température (1).

« La question de savoir dans quelle mesure notre loi s'applique à la sensation de température, dit Fechner, renferme encore des obscurités. » Ainsi débute le passage •dans lequel Fechner expose ses expéiiences sur la façon dont on apprécie les différences de température. Les expériences sont, en effet, très difficiles à conduire, et Fechner n'en a pas fait un grand nombre, De plus, il existe une difficulté spéciale relative au calcul des résultats en vue de vérifier la loi de Weber : quelle est ici l'excitation, comment la mesurer et où placer le zéro d'excitation ? Fechner résout cette question en disant que le zéro d'excitation est indiqué par la température à laquelle nous ne sentons ni chaud ni froid : il fixe, d'une manière tout empirique, dit-il (p. 2o3), cette température à distance égale de la température de congélation de Teau et de la température du sang, c'est-à-dire à i4° 77 Réaumur (soit à 18° 46 centigrades). Dès lors les excitations de température sont représentées par la différence entre cette température moyenne et les températures considérées.

La méthode d'expérimentation employée est la méthode des différences juste perceptibles. L'index et le majeur de la main droite sont plongés à une profondeur constante dans un

(i) El. (I. Ps., I, aoi-aii .

large vase de terre contenant de l'eau, puis dans un autre vase contenant aussi de l'eau, dont on fait monter (en y jetant des morceaux de métal) ou descendre (en y mettant de la glace) la température, jusqu'à ce que l'on obtienne une diflërence juste perceptible de température. Les deux températures sont alors notées sur des tbermomètres qui plongent dans l'eau. Les thermomètres étaient gradués de façon à permettre de lire le vingtième de degré.

Pour les températures entre io° et 20° R. (c'est-à-dire entre i2°5 et 25° centigrades), Fechner a trouvé la sensibilité si grande que les différences perçues ne pouvaient être évaluées avec exactitude: les différences observées sont en général de un ou deux dixièmes de degré, et les nombres donnés par Fechner manquent de sûreté.

Au-dessus de 20°, plus exactement à partir de ig^iS R., la loi de Weber paraît s'appliquer d'une façon assez régulière. Le tableau suivant reproduit les résultats des expériences de Fechner sur des températures allant de iq^iS R. à 3i°35. Je calcule les différences relatives par un procédé plus simple que celui de Fechner et qui me paraît plus propre à faire voir rapidement quelles indications fournissent les expériences au sujet de la loi de Weber. J'emprunte au tableau de Fechner (p. 2o3) les différences juste perceptibles qu'il a observées et les températures 1° pour lesquelles il les a observées ; les valeurs de t° représentent les moyennes des deux températures entre lesquelles existaient les différences; Soient e l'excitation, la

valeur absolue de la différence observée, et — la dilïerence

relative. Le tableau VII donne les résultats.

Gomme on voit, le rapport des différences juste perceptibles aux excitations correspondantes est sensiblement constant. Dans deux cas seulement, l'écart de la moyenne est assez considérable, puisqu'il s'élève une fois à environ i/4 et une autre fois à environ i/5. D'ailleurs, il faut remarquer que, comme on ne peut lire que le 20° de degré, les valeurs de D

sont simplement approximalives, et par exemple le nombre o, 1 5 représente une quantité dont la valeur exacte est comprise entre o,i25 et 0,176. Enfin, il faut tenir compte des erreurs possibles de lecture, des oscillations probables de la sensibilité, etc.

TABLEAU VII. — Sensations de cuaud

liCAllT DE LA MOYENNE 0.035l

— o.oo4o

— o.ooo5

-|- o.ooSo

Au-dessous de la température moyenne (i/i°77 R), les différences juste perceptibles sont trop petites pour pouvoir être notées exactement tant que l'on reste au-dessus de 10" R. Au-dessous de celte température, les difl'érences juste perceptibles peuvent être notées. Le tableau suivant donne les résultats : la différence relative juste perceptible a été calculée d'après les nombres fournis par Fcchner (p. 206) pour la valeur de l'excitation et la valeur absolue de la différence juste perceptible.

TABLEAU VITI. — Sensations de froid

e= i4°77 — fR

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