‹ La psychophysiqueChapitre 51 sur 62 · LIGNE .1 U S T E PLUS PETITE · texte numérisé non relu

LIGNE .1 U S T E PLUS PETITE

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J'ai fait aussi, il y a plusieurs années, des expériences étendues sur le même sujet, dans l'intention de contrôler la loi de Weber, par la méthode des erreurs moyennes. Les lignes normales allaient de lo ù 80 millimètres, mais j'ai employé le procédé immédiat, dont je n'avais pas encore reconnu les défauts. De plus, il existait des erreurs constantes non compensées. Les expériences, faites sur dix personnes, sont toutes en faveur de la loi du maximum : mais je ne puis, en raison de l'imperfection de la méthode, les regarder comme probantes. La loi du maximum me paraît d'ailleurs passablement établie sur ce point, surtout par les expériences combinées de Iligier et de Merkel.

§ 8. — Perception des longueurs par le loucher et par les muscles.

Depuis les expériences faites par Fechner sur la perception des distances par la peau, selon la méthode des erreurs moyennes, il n'y a pas eu, à ma connaissance, de tentatives pour mesurer, dans ce genre de perceptions, soit le seui^ différentiel, soit l'erreur moyenne.

Mais les distances peuvent être estimées aussi par les perceptions tactiles combinées avec les perceptions musculaires. Si par exemple j'étends le bras en faisant glisser un doigt sur une tige horizontale, les perceptions que j'obtiens me permettent d'estimer la distance que le doigta parcourue, et cette perception complexe peut être étudiée au point de vue de la clarté. C'est ce qu'ont fait Fullerton et Gattell, au moyen d^un appareil que j'ai déjà décrit (i). Ils ont employé la méthode des erreurs moyennes, sous une forme peu rigoureuse. Je reproduis cependant le calcul qu'ils ont fait des erreurs variables, car il est probable qu'il existe une relation voisine de la proportionnalité, peut-être même une proportionnalité exacte, entre l'erreur variable ainsi calculée et l'erreur pure de reconnaissance. Pour des mouvements de gauche à droite de loo, 3oo, 5ooet700 millimètres, l'erreur variable a atteint respectivement les valeurs relatives de o.o53, 0.02g, 0.019 eto.oiS.

« Ainsi, disent les deux auteurs, l'erreur variable ne suit pas la loi de Weber, mais grandit beaucoup plus lentement que l'excitation (2). » L'erreur variable serait plus voisine de la racine carrée de l'excitation, ce qui tendrait à confirmer l'hypothèse de Cattell. — Je me borne à remarquer que le

(1) Cil. VIII, s 2.

(2) On llw Perception of .unall Différences, p. .'19.

résultat de ces expériences est tout ù fait conforme à celui des expériences faites par Fechner sur la pciceplion des distances par la peau : l'erreur relative est d'autant plus faible que les excitations deviennent plus fortes. Il est plutôt vraisemblable que, dans les deux cas, on se trouve en présence de la limite inférieure de la loi de Weber. Une autre série d'expériences faites par Fullerton et Gattell avec deux autres sujets donne le même résultat (i).

§ g. — Perception des surfaces et des angles par la vue.

La plupart des expériences faites sur les perceptions visuelles de l'espace ont pour but d'expliquer la formation de ces perceptions. Quelques-unes cependant, en outre de celles qui ont pour objet la perception des longueurs, intéressent la loi de Weber.

Me Créa et Pritchard (2) ont cherché comment se comporte la variation moyenne des erreurs, c'est-à-dire l'erreur variable, par rapport à la grandeur des surfaces perçues. Ils ont donc suivi la méthode des erreurs moyennes à la façon de Fechner. Au moyen d'un appareil déjà employé par Quantz (3) pour étudier l'influence de la couleur sur l'appréciation de la grandeur des surfaces, ils présentaient à l'observateur deux plaques de cuivre percées chacune d'une ouverture circulaire : les diamètres des deux ouvertures différaient peu l'un de l'autre (d'un milhmètre environ) et l'on voyait en face de chaque ouverture une surface blanche. L'une des plaques demeurant fixe, on faisait mouvoir l'autre de façon à donner aux surfaces perçues des grandeurs apparentes égales. On

(1) Ibid., p. 55 el 59.

(2) The Validity ofthc Psychophysical Law for Ihe EMima lion of Surface Magnitudes, km. J. of Ps. Vltt, p. /Ig/i. 1897.

(3) Am. J. of Ps., VII. p. 36, 1895.

calculait la valeur de l'angle visuel soustendu par le diamètre des disques, et la variation moyenne pour loo observations, pour l'œil droit et pour l'œil gauche séparément, et deux fois pour chaque œil. En récapitulant les résultats, les auteurs ont trouvé pour la variation moyenne les A^aleurs indiquées dans le tableau XX.

Tableau XX. — Expériences de Mac Créa et Pritghard

SUR LA perception VISUELLE DES SURFACES (l).

VARIATION MOYENNE "/o

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