NI RE
On devra également se méfier des malades interprètants qui, ayant eu une fois ou deux une hallucination, croient dans la suite entendre constamment parler et simulent involontairement des pseudo-hallucinations.
La pseudo-hallucination apparaît très précocement dans la pyschose d'influence, mais très souvent apparaissent en même temps qu'elle des actes automatiques. Ces actes sont involontaires, et l'individu ne les perçoit pas dans leur élaboration, mais uniquement lorsqu'il les exécute. Les malades agissent contre leur volonté. Veulent-ils aller à gauche; brusquement ils vont à droite, comme si une puissance mystérieuse les poussait de ce côté. Les malades sont par contre arrêlés dans leur action. Une malade va-t-elle parler; la voilà qui s'arrête interdite. Il lui est impossible de dire le moindre mot; une force s’y oppose, l'exécution en est arrêtée et devient impossible.
Enfin, très fréquemment, à côté des phénomènes pseudo-hallucinatoires, des phénomènes moteurs automatiques, les malades accusent des troubles cénesthésiques. Ce sont des sensations étranges de morsures, de pincements, des sensations de torsion de l'intestin.
Mais que ces symptômes soient moteurs, pseudohallucinatoires ou cénesthésiques, ils ont tous le même caractère d'automatisme, d’irréductibilité au moi, d'incocrcibilité. Leur ensemble traduit la désagrégation de l'unité psychique, et seul le clinicien est capable, à ce moment, de donner à ces divers symptômes leur véritable valeur. Le malade ne va traduire que secondairement cette notion de désagrégation qui va s'imposer
AE
à son esprit sous forme d’un dédoublement de sa personnalité. |
Les malades s'inquiètent de tous les symptômes que nous venons d'exposer. Ils ne les comprennent pas. Quand ils racontent à leur entourage ce qu'ils ressentent, on leur dit que c’est leur imagination qui travaille, que tout se passe dans leur tête; on leur conseille de ne pas faire attention. Bon conseil évidemment, mais peu facile à suivre, car constamment les phénomènes pathologiques ramènent les malades à la réalité de leur existence et dissipent l’apaisement que de bonnes paroles leur avaient apporté momentanément.
Plus tard même, quels que soient les conseils que le médecin lui prodiguera, le malade n’en tiendra aucun comple, el si ces malades viennent consulter, c’est surtout parce qu'ils savent que le médecin sera pour eux un ami qui les écoutera avec bienveillance et qui les comprendra. Quelques-uns viendront pour faire constater leur état, fiers d’être des sujets extraordinaires.
L'organisation du système est plus ou moins longue. Certaines débiles organisent immédiatement un système d'interprétation.
D’autres malades n’organisent que tardivement leur système délirant. Au début, ils sont surtout étonnés el gènés des symptômes qu'ils éprouvent. Ils ont l’impression qu'on agil sur eux, mais ils ne précisent pas. Peu à peu les pseudo-hallucinations vont aller s’accentuant, les mouvements automatiques deviennent de plus en plus fréquents, les sensations douloureuses et étranges de plus en plus prononcées. Toute une partie de leur