‹ La Psychose d'InfluenceChapitre 9 sur 39 · DESCRIPTION CLINIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION CLINIQUE

Période de début.

Le début de la psychose d'influence est très variable. Tantôt il est brusque, et la première manifestation est une pseudo-hallucination, ou même quelquefois, bien que le fait soit plus rare, une hallucination psycho-sensorielle; tantôt au contraire il existe une phase prémoniloire pendant laquelle les malades perçoivent des phénomènes étranges. Ce sont des pensées qui apparaissent sans raison, en dehors de la volonté du sujet et qui contrastent étrangement avec les pensées ordinaires. « Ces pensées, dit Mme M... viennent, mais je reconnais à certaines anicroches qu'elles ne sont pas miennes, car elles ne sont pas en harmonie avec ma personne ». Quelquefois ces pensées sont si extraordinares, si belles, que les malades, bien qu'ils se rendent comple qu'elles émanent de leur cerveau, ne peuvent croire quelles sont entièrement leurs.

D'autres fois, les malades éprouvent des émotions, des

frayeurs, dés joies, brutalement, sans cause apparente,

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ou bien des désirs bizarres comment ils’ n'en ‘ont Jamais éprouvés auparavant. Ils ont, vis-à-vis des personnes et des choses, des sentiments d'attraction ou de répulsion. Ils se sentent haïr ou aimer des individus sans raison plausible. Mais ce qui caractérise ces idées et ces sentiments, c’est leur caractère d’automatisme. Les malades n'en ont conscience que lorsqu'ils sont apparus ; ils n'ont aucune conscience de leur élaboration.

Ces symptômes ont été groupés sous le nom de Pseudo-hallucination de Kahlbaum. Nous les étudierons plus en détail à la période d'état.

Les pseudo-hallucinations de Kahlbaum peuvent manquer, ou bien n'apparaître que tardivement, et même les malades souvent ne savent pas les décrire par suite d'une introspection insuffisante.

Très souvent, c’est une pseudo-hallucination verbale qui ouvre la scène. Nous allons définir ce que nous entendons par le terme pseudo-hallucination, bien que nous en fassions plus loin l’étude détaillée, mais il importe pour la clarté de la description de préciser dès maintenant ce terme.

La pseudo-hallucination verbale est une représentation mentale, formulée verbalement, automatique, irréductible au moi. Elle se différencie neltèment de l’hallucination verbale vraie par l'absence pathognomonique de caractère sensoriel périphérique. Les malades entendent des voix; la première fois, ils sont étonnés de ce phénomène insolite. Ils cherchent l'origine de ces perceptions. Ils interrogent les personnes de leur entourage. Ils s'inquiètent de savoir si, comme eux, ils n'ont pas

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entendu. Ils ouvrent les armoires, les portes, pour voir s'iln'y a personne. Aussi la première réaction des malades vis-à-vis d’une pseudo-hallucination est-elle quelquefois la même que celle qu'ils auraient vis-à-vis d'une hallucination psycho-sensorielle : d'où la difficulté de savoir s'ils ont eu une hallucination sensorielle ou une pseudohallucination. La répétition du phénomène va permettre de les différencier, et les malades se rendant mieux compte ne DÉRRSRRUE pas du tout les mêmes réactions. L'halluciné vrai localise toujours la cause originelle et supposée de son hallucination en dehors de son corps. Le pseudo-halluciné se rend très vite compte que, seul, il entend la voix; il a surtout nettement l'impression que cela se passe dans sa tête, et que s’il est impossible à son entourage d'entendre la voix, c'est que celle-ci n'a pas la résonnance d’une voix ordinaire. « Mme M... n’a jamais demandé à son mari s’il entendait les mêmes voix qu’elle; elle évite de lui en parler, et bien qu’elle les entende constamment, elle se rend compte sue seule elle peut les entendre ». l

Les pseudo-hallucinations verbales ont au début des caractères variables. Tantôt ce sont des mots isolés, tantôt des phrases; souvent même l'expression n'est qu'ébauchée ; il semble aux malades que l’on parle à leur pensée.

Nous avons indiqué la possibilité d’hallucinations auditives verbales concomitantes, et la difficulté de les distinguer des pseudo-hallucinations, mais elles sont assez rares. Ni Juliette L..., ni Marie C..., ni Mme D... n’en ont présentées,

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