‹ La Psychose d'InfluenceChapitre 13 sur 39 · EE · texte numérisé non relu

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nous n'en trouvons que peu d'exemples dans la psychose d’influénce, car les images visuelles sont surtout de caractère verbal.

Ce qui différencie essentiellement les pseudo-hallueinations de Kandinsky des pseudo-hallucinations proprement dites, c'est donc la nature des images. |

> Pseudo-hallucinations proprement dites. (Hypertonalité et images verbales). — « Ce sont, dit G. Petit, des représentations mentales automatiques, portant uniquement sur des idées formulées verbalement auxquelles le sujet attribue également une origine indépendante de sa personnalité psychique, sans qu'il accuse cependant l'existence simultanée d’un élément moteur périphérique ou central, non décelable d'autre part par l'examen clinique objectif. »

Pour bien comprendre ce que sont ces pseudo-hallucinations verbales, il est indispensable de rappeler les notions actuelles sur le langage intérieur. Nous empruntons à la séméiologie des affections du système nerveux de M. le Professeur Déjerine le passage suivant :

« Lorsque nous nous abandonnons au cours de nos réflexions, lorsque en d’autres termes nous faisons acte de penser, nous pouvons le faire de deux manières très différentes. Ou bien nous pensons avec les images d'objets ou bien avec des images de mots, et dans ce dernier cas, nous causons avec nous-mêmes, c'est-àdire, que nous pensons à l’aide de notre langage intérieur. Les trois centres d'images du langage : auditives, motrices et visuelles, entrent en jeu dans l’élaboration, dans le fonctionnement de notre langage intérieur, mais

à un degré plus où moins prépondérant suivant qu'il s’agit de tel ou tel centre d'images. Au premier plan, apparaissent les images auditives. Nous pensons donc avec nos images auditives, et en même temps que nous entendons nettement les mots résonner dans notre for intérieur, nous avons plus ou moins conscience des mouvements nécessaires pour les prononcer, l’image auditive venant réveiller l’image motrice correspondante.

La preéminence de l'image auditive dans le mécanisme du langage intérieur est facile à constater sur soi-même. Nous entendons en effet notre pensée : c’est une véritable voix intérieure qui retentit en nous le soir, quand, dans le recueillement qui précède le sommeil, nous nous laissons aller à nos pensées; c'est encore une image audilive que nous entendons avant de parler à haute voix; c'est la même image encore qui apparaît quand nous lisons el quand nous écrivons. Cette preéminence de l’image auditive est facile à comprendre, car c'est la première créée quand l'enfant commence à parler. La formation des images corticales chez l'enfant se fait dans l’ordre suivant : images auditives, images motrices, images visuelles ».

Cette dernière phase ne saurait s'appliquer qu'aux images verbales, car les images visuelles d'objets sont contemporaines des images auditives et motrices.

M. Déjerine continue : « Le langage intérieur fonctionne-t-il toujours de la même manière chez tous les individus? Les images auditives sont-elles {toujours au premier plan?

« En d'autrestermes, sommes-nous tous des auditivo-

moteurs? Charcot, Bastian ont admis que chacun de nous met plus spécialement en jeu une variété d'images; de là, les divisions des individus en auditifs-visuels, moteurs d’articulation et moteurs graphiques.

« En d’autres termes, du fait de l'éducation et de l'habitude chez chacun de nous prédomine un centre pour le mécanisme du langage intérieur.

« Cette conception ne paraît pas devoir être admise du moins pour l'immense majorité des individus. Nous pensons tous de la même manière en mettant en jeu nos images de langage : auditives, motrices, visuelles, et ce sont les images auditives motrices qui prennent le premier rang » .

Pathologiquement, il n'en est pas tout à fait de même, et une seule de ces images peut avoir des caractères morbides à l'exclusion des autres, mais toutes ont le même caractère d'être hyperltonales (hyperendophasiques) et irréductibles. De toutes les représentations mentales, verbales, qu'elles soient visuelles, auditives ou motrices, les plus fréquentes sont les auditives, puis viennent les auditivo-motrices et enfin les visuelles qui sont très rares.

Les pseudo-hallucinations ne sont donc que l'exagération de ces phénomèmes normaux. Dans la pseudohallucination de Kahlbaum, nous avons décrit une variété verbable qui n’est que l’endophasie normale devenue automalique, incoercible et irréductible. La pseudohallucination proprement dite aura les mêmes caractères, mais sa tonalité sera beaucoup plus haute; il y aura non plus de l’endophasie, mais de l'hyperendophasie.

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