SCIE
Nous allons étudier les pseudo-hallucinations auditives et les hallucinations psycho-motrices, les deux ayant
comme intermédiaire la forme auditivo-motrice.
Hallucinations psychiques verbales.
Elles comprennent :
1° Les pseudo-hallucinations visuelles (rares). 2° Les pseudo-hallucinations auditives.
3° Les pseudo-hallucinations auditivo-motrices. 4 Les hallucinations psycho-motrices.
Pseudo-hallucinations auditives. — Le malade se plaint d'entendre des voix: une remarque sur le mot entendre est nécessaire : la langue n'ayant pas de terme spécial, il est bien évident qu'eutendre un bruit extérieur et entendre sa pensée sont des sensaticns très différentes et qu'en réalité le mot « entendre » employé dans ce dernier sens est’ inexact. Le plus souvent on a affaire à des malades pour qui l’introspection est une méthode de connaissance inconnue, qui ne se rendent pas compte de leur endophasie normale, aussi la venue d’un phénomène aussi étranger est-il d'autant plus remarquable. Si, au début, les malades n’entendent que des mots, des phrases courtes, toujours les mêmes, progressivement ils entendent des phrases de plus en plus longues. La voix d'abord peu nette devient de plus en plus claire. Les malades distinguent nettement la voix de leur propre pensée, car la voix leur apparaît beaucoup plus claire, beaucoup
plus nettement formulée. Marie C... analyse très finement ses pseudo-hallucinations. « Cette voix n’est pas sonore, bien qu'elle soit très claire et même timbrée. C'est une parole sans bruit, autrement tout le monde l'entendrait. Or il n’y a qu'elle qui l'entende. Quelquefois elle s'est demandée spontanément si ce n'était pas par hasard sa pensée qu'elle entendait, comme quand on réfléchit. Mais elle a reconnu que non ». Et la malade précise les caractères différentiels de sa pensée et de la pseudo-hallucination. |
« Les paroles sont plus claires, plus nettes que sa propre pensée. Elle est, dans cette conversation, interpellée comme par un interlocuteur. Ce qu’elle entend n'est pas sa pensée; quand elle écoute, elle ne sait pas ce qu'elle va entendre. L'autre, au contraire, connaît sa pensée à elle, parce que sans être là, il converse avec elle. »
De même dans l'observation publiée par G. Petit. (Obs. LI. Service du Docteur Mouchet).
« L... communique avec moi par la parole mentale. Il me fait penser des phrases malgré moi. Ce ne sont pas des phrases que j'entends... Je les sens se formuler dans mon cerveau souvent mot par mot, phrase par phrase, distinctement. Je n’entends pas le son de sa voix ni le timbre, mais je fais la différence de sa cérébralité et la mienne ».
Les deux observations montrent bien les rapports établis parles malades intelligents entre le langage intérieur et la pseudo-hallucination.
Le Uümbre de la pseudo-hallucination est variable.
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Les malades le comparent souvent à des voix transmises par le téléphone.
Mais de même que les malades différencient nettement leur propre pensée de la pseudo-hallucination, de même ils différencient les pseudo-hallucinations des hallucinations vraies, par le fait qu'ils objectivent psychologiquement la voix, en la plaçant dans l’espace intérieur. La différence de timbre et de sonorité entre les voix perçues par la pensée et les voix perçues par l'oreille permet aux malades d'en faire la distinction. « C’est un parlement continuel dans ma tête, nous disait une de nos malades ». Mais il arrive parfois que les malades se trompent au début et croient à une véritable hallucination, d'autant plus qu'ainsi que nous l'avons déjà dit la coexistence des deux symptômes est possible. Le timbre de la voix est généralement le même. La voix devient familière à la malade, mais la psychose évoluant, la malade peut avoir plusieurs interlocuteurs, quelquefois deux, quelquefois trois, et de par les nuances des voix, elle arrive à reconnaître le sexe.
Les voix s'expriment quelquefois sans arrêt, la nuit et le jour. Elles saccentuent surtout quand les malades sont seules, se livrent à un travail manuel. C’est ainsi que Marie C... entend surtout parler, quand élle fait son métier de brodeuse. Il arrive que les voix réveillent parfois les malades, la nuit. Quand on parle aux malades, ils n'entendent généralement pas la voix pendant qu’on leur parle, mais si on leur laisse un peu de répit, ils prennent la position d'un individu aux écoutes
et peuvent répéter bientôt Lout ce que vient de dire la