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voix. Le plus souvent, ce sont des phrases insignifiantes se rapportant à la conversation à laquelle participe la malade. Un jour que nous interrogions Juliette L... et que nous lui posions une question indiscrète à laquelle elle ne voulait pas répondre, elle nous dit que la voix intérieure lui disait de nous répondre par un mot grossier, et c'est ainsi que se traduisait en dehors même de la volonté de la malade la gêne profonde que notre indiscrétion lui faisait éprouver.
Entre les malades et leurs interlocuteurs, ce sont des conversations interminables, des bavardages continuels. Très souvent avant que les malades aient le temps de formuler leur pensée, ils entendent la voix intérieure la répéter. D'où les expressions si caractéristiques employées par les malades, lorsqu'ils disent : « On me vole ma pensée, on sait tout ce que je pense ».
Très souvent, dans ces dialogues, les voix rappellent aux malades les souvenirs de leur enfance. Des faits auxquels ils n’ont jamais repensé depuis qu'ils se sont passés, surgissent racontés par la voix étrangère. D'où l’étonnement des malades de voir que les événements.Îes plus cachés, qu'ils devraient être seuls à connaitre, sont connus d’un individu étranger; ce phénomène impressionne au plus haut point les malades.
Quelquefois les pseudo-hallucinations sont plus rares, mais elles sont d’une netteté presque absolue. Mme P. a ce qu'elle appelle des messages. Voici comment ces messages apparaissent : elle sent une sorte de vibration qui envahit sa tête, comme si le premier essayait de se frayer son chemin, et brusquement elle entend menta-
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lement des mots. Ces mots sont distinctement prononcés dans sa têle. Le plus souvent elle reconnaît la voix de M. D.., et elle s'entend, toujours mentalement, lui répondre. Ce sont de simples mots ou des phrases très courtes, comme « Jeudi huit heures, évangélique », ou « son père connait-il »; à quoi, elle répond : « Non ». En dehors de ces messages, elle a fréquemment des pensées qu'elle reconnait lui être étrangères (pseudohallucination de Kahlbaum probablement).
Felle est la forme ordinaire de la pseudo-hallucination auditive. Dans un certain nombre de cas, il peut y avoir association d'hallucination motrice et de pseudohallucination. Pour M. Déjerine, l'association auditivomotrice est la forme normale de la pensée; cliniquement, la pseudo-hallucination auditive se rencontre plus souvent isolée qu'associée à des hallucinations motrices. Mais cette forme auditivo-motrice constitue une forme de passage entre les pseudo-hallucinations et les hallucinations psycho-motrices que nous allons maintenant
étudier.
Hallucinations psycho-motrices verbales. — Nous décrivons à dessein cette variété d'hallucinations verbales avec les pseudo-hallucinations car, d’une part, elles ne sont qu'une variété des hallucinations psychiques de Baillarger, et d'autre part, elles sont très souvent associées aux précédentes, en particulier aux auditives.
Elles consistent dans la perception pathologique de paroles sous la forme d'images motrices, de mots arliculés. Cette perception seule est suffisante pour que le
En LA
malade comprenne et dise qu'on lui parle, qu'il a des loculions intellectuelles.
M. Séglas a décrit parmi ces hallucinations :
1° Des hallucinations verbales kinétiques simples, où
le malade n'a que la sensation de mots prononcés sans mouvements d'articulation perceptibles ».
90 Des hallucinations verbales motrices proprement dites « s'accompagnant de mouvements perceptibles suivant leur intensité, soit pour le malade seul, soit pour l'observateur. »
I peut arriver que le malade articule nettement les mots et l'on a affaire, alors, à une véritable impulsion verbale.
L'attitude de ces malades est très différente de l’attitude du pseudo-halluciné verbo-auditif. L’hallueiné moteur n'est plus aux écoutes, il a au contraire l’atlitude de l'individu qui parle, mais il se rend très bien compte qu'il lui est impossible de parler dans le même temps où sa langue présente des moüvements moteurs automatiques; et de même les haïlucinations ne se produisent pas quand le malade parle.
Aussi les malades s’efforcent-ils d'empêcher les mouvements de la langue, et certains CARE dans ce but leur bouche de cailloux.
Dans ses leçons cliniques, M. Séglas rapporte l’observalion d'une Mme Z...
« Dès les premiers jours de son entrée, elle prétend communiquer avec les esprits qui lui parlent intérieurement ou même parlent par sa bouche. Lorsqu'on l’examine attentivement à ce propos, on constate nettement chez elle le développement par degré, de l’hallu-
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cination motrice. D'abord elle dit n'avoir eu que‘des voix intérieures, de la conversation mentale (pseudo-hallucination auditive-verbale). Si elle parlait alors, elle ne faisait, dit-elle, que répéter simplement, comme un écho, la voix entendue intérieurement, mais c'était bien elle qui parlait. Puis les voix intérieures se sont accompagnées de mouvements d’articulation; elle sentait sa langue remuer dans sa bouche comme si on voulait la faire parler. Plus tard elle à obéi à cette sollicitation, et elle parlait à haute voix, malgré elle, sous l'inspiration des esprits, et non plus comme au début volontairement et en forme d'écho de la voix intérieure. C'était l'impulsion verbale. Malgré tout, c'est encore aujourd’hui l'hallucination motrice qui est la plus fréquente. Elle est même presque continuelle, si la malade est abandonnée à elle-même, et l’on constate aisément qu'elle s’accompagne de mouvements des lèvres.
Ces mouvements sont encore très apparents dans la lecture silencieuse. Mme Z... prétend que les esprits s'intéressent à la même chose qu’elle et accompagnent sa lecture de toutes sortes de commentaires qui l'étonnent et qu'elle trouve admirables ».
La valeur de ces hallucinations psycho-motrices est très grande, car elles marquent une désagrégation très profonde de la personnalité. Ces hallucinations s’accompagnent parfois de localisation de la voix. Quelquefois le malade localise les voix dans les organes même de la phonation : langue, bouche, gorge, larynx, mais quelque fois il les localise plus bas, dans l’épigastre, dans l’ab-
domen.
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Quelle part faut-il faire aux troubles cénesthésiques dans ce cas? Il est difficile de la préciser. En effet le phénomène de la voix épigastrique est un phénomène surajouté, car il peut aussi bien accompagner des hallucinations psycho-motrices que des hallucinalions audilives verbales. Ces localisations jouent un rôle dans l’in- Lerprétation de. la position initiale de linfluenceur. Le malade ayant des voix épigastriques aura plutôt tendance à faire un délire de possession qu'un délire d'influence.
De ces hallucinations verbales, nous devons rapprocher les hallucinations motrices graphiques; elles sont à la pseudo-hallucination visuelle verbale ce que l’hallucinaltion psycho-motrice est à la pseudo-hallucination auditive verbale.
Elles peuvent présenter comme variétés :
1° Des hallucinations cénesthésiques graphiques simples où le malade a la perception des mots à l’aide des représentations des mouvements adaptés à l'écriture.
2° Des hallucinalions graphiques motrices proprement dites où le malade a la sensation que sa main exécute les mouvements nécessaires à l'écriture.
Parfois le malade se sent poussé par une force intérieure à écrire malgré lui; c'est l'impulsion graphique.
« Je distingue très bien ma pensée de la leur, dit Mme M... Quand j'ai vu des anarchistes, j'ai écrit, mais ce n’est certainement pas moi qui écrivait ».
Voici ce que rapporte M. Séglas de Mme Z... (malade dont nous venons de citer une partie de l'observation
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précédemment), et qui présente le phénomène de l'éeriture automatique.
« L'esprit d'Allan Kardec (un des influenceurs de la malade} dit un jour intérieurement : « Je veux que Mme Z... (la malade) s'exerce à l'écriture ».
« Elle a pris un crayon, et elle a alors senti sa main comme saisie, s'en aller sans violence écrivant des vers. Quand c'était fini, sa main s'arrêtait toute seule. Elle ne savait pas, dit-elle, ce qu'elle écrivait autrement que par une voix intérieure guidant en quelque sorte à son insu les mouvements de sa main. Lorsqu'elle relisait ce qu'elle avait écrit, elle était stupéfaile de voir que c'’étaient d'admirables poésies ; son écriture n'était pas changée. »
« Mais le caractère automatique et inconscient de l'écriture est encore plus net dans les faits suivants, plus fréquents que les autres :
« Quelquefois, en effet, elle sentait sa main saisie et se mouvoir sur le papier. Mme Z... constatait qu'elle ne traçait que des caractères étrangers, incompréhensibles. Elle croyait ainsi écrire dans des langues égypliennes. Pour en comprendre le sens, elle était obligée de traduire son écrit signe par signe à l’aide de la table tournante, frappant pour chacun d'eux un nombre de coups variables et correspondant par une convention habituelle à une lettre de l'alphabet français. Ce n’est qu'après avoir ainsi épelé son écrit, en notant les lettres à mesure, : qu'elle pouvait se rendre compte de son contenu.
« Les différents désordres de l'écriture correspondent ainsi aux variélés diverses que les spirites distinguent parmi les médiums écrivains. Le malade se présente
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tantôt avec les caractères du médium semi-mécaniques. qui sent une impulsion donnée à sa main malgré lui mais en même temps a conscience de ce qu'il écrit à mesure que les mots se forment, tantôt avec le caractère du médium mécanique écrivant malgré lui et n'ayant pas la moindre conscience de ce qu'ilécrit, tantôt enfin avec les caractères du médium intuitif qui a conscience de ce qu'il écrit, quoique ce soit sa propre pensée, réduit au
simple rôle d’interprète »
Phénomènes hallucinatoires de la vue.
Les phénomènes hallucinatoires de la vue sont très fréquents dans la psychose d'influence. De tous les délires.systématisés partiels, c’est le délire dans lequel on les rencontre le plus fréquemment. Mais il sera très difficile de savoir dans un grand nombre de cas, s’ils’agit d'hallucinations ou de pseudo-hallucinations.
Très nettement chez Mme M... par exemple, nous trouvons des pseudo-hallucinations. « C'était un soir à la lampe je lisais; un moment, j'ai senti de la fatigue, j'ai fermé les yeux et comme toujours j'ai vu toutes sortes de choses, entre autres un intérieur dont je n'ai vu qu’un com. Dans ce coin, il y avait un fauteuil et dans ce fauteuil une femme. Cette femme avait une pose un peu théâtrale, la poitrine très en avant, sur son front une bandelette d'or; il me semblait qu'elle était près d'une table, et qu’à cette table, il y avait deux hommes que je ne voyais pas. J'ai vu ensuite un jeune homme se lever