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localise l'agent qui l'influence en dehors de son être que ceux où 1l le localise à l’intérieur de son corps. C'est dire que le délire d'influence s'applique à la formule délirante décrite autrefois sous le nom de « délire de possession ». Dans ses leçons cliniques publiées en 1894, notre maître M. Séglas, décrivant la variété psychomotrice du délire de persécution, donnait, dès cette époque, les principaux caractères du « délire d'influence » tel que nous allons le décrire.
Peut-être vaudrait-il mieux substituer au terme de délire d'influence le terme de « syndrome de désagrégation de la personnalité » qui traduirait mieux l’élément primordial du syndrome. La note dominante est donnée par les troubles qui portent sur les éléments constitutifs de la personnalité, en particulier sur le langage intérieur, la motricilé volontaire, la cénesthésie. Cette désagrégation se présente le plus souvent comme un dédoublement subjectif, et l'idée d'influence qui se développe parallèlement est affirmée par le sujet comme la justification de ce dédoublement lui-même. Mais comme d'autre part dans les formes délirantes où prédominent des hallucinations psycho-sensorielles il y a déjà un commencement de désagrégation, nous préférons conserver le terme « d'influence » qui précise mieux cliniquement le syndrome.
Le « délire d'influence » n'est qu'un syndrome. Il peut se rencontrer en clinique dans des conditions très différentes. Tantôt le délire d'influence est au second plan, et il existe d’autres symptômes d’un caractère plus net, plus précis, pathognomoniques d'une affection au
cours de laquelle le syndrome d'influence n’est apparu que comme un épiphénomène, par exemple au cours de la paralysie générale; tantôt, au contraire, il constitue à lui seul le tableau morbide. C'est un cas assez fréquent en clinique : Voici, par exemple, une malade qui entend constamment parler en elle, agit contre sa volonté, a des hallucinations visuelles, des troubles cénesthésiques ; elle imagine pour expliquer les troubles qu'elle ressent qu’un médecin exerce son influence sur elle; ces symptômes exceptés, elle ne présente aucun autre trouble morbide. Il s’agit évidemment la d'un délire systématisé partiel. Étant donné le groupement des symptômes, 11 sera possible de distinguer ce délire d'influence des autres délires systématisés partiels. On ne le confondra pas avec le délire d’inter-, prélation décrit d’une façon si magistrale par MM. Sérieux et Capgras; car dans celte psychose dominent les interprétations et on n’y trouve pas de symptômes de désagrégation de la personnalité. De même, le délire d'influence se distingue du délire chronique de persécubion type Lasègue-Falret. Dans ce délire, il y a déjà des signes de désagrégation, mais ils sont beaucoup moins marqués que dans le délire d'influence, et on n y rencontre, dans les formes typiques du moins, ni hallucinations psychiques, ni mouvements autômaüques, ni dédoublement subjectif de la personnalité. La persécution, el non l’influence, est l'expression idéale des symptômes morbides.
Aussi, nous basant uniquement sur les données cliniques, réserverons-nous le nom de Psychose d'influence
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aux seuls cas où le syndrome délire d'influence est l'unique manifestation des troubles fonctionnels du cerveau. .
Ainsi comprise, la Psychose d'influence englobe un certain nombre de délires chroniques épars dans les groupements nosologiques polymorphes, appelés délires systématisés partiels par les aliénistes français, paranoïa par les aliénistes allemands antérieurs à l’école de Kræpelin et, après lui, démences paranoïdes. Cette psychose englobe, ainsi que l’ont indiqué MM. Mignot et G. Petit, un certain nombre de délires mystiques, de persécution, de télépathie, etc.
Nous nous proposons donc de décrire la « psychose d'influence » comme le type le plus pür du syndrome d'influence. Nous décrirons d’abord le type le plus fréquent, puis les formes variées que l'on peut rencontrer. Puis après avoir exposé le diagnostic différentiel du délire d'influence et des autres délires systématisés partiels avec lesquels on peut le confondre, nous envisagerons les cas où le délire d'influence n’est qu'un épiphénomène au milieu d'un complexus symptomatique, et nous terminerons par les cas où 1l semble être pur, mais où il n’est que l'expression d'une obsession, d’un état psychasténique ou d'un état mélancolique.
En terminant cette introduction, nous voulons remercier M. Séglas de l’enseignement qu'il nous a donné pendant l'année d’internat que nous avons passée dans son service de l’hospice de la Salpêtrière, des excellents conseils qu'il nous a donnés pour mener à bonne fin ce
travail et des observations qu'il a bien voulu mettre à notre disposition. Nous remercions également nos autres maîtres en psychiatrie : M. Chaslin, dont nous sommes heureux d’avoir été l’interne et MM. Maillard
et P. Camus,