‹ La Psychose d'InfluenceChapitre 8 sur 39 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

La psychose d'influence est un type clinique caraclérisé essentiellement : 1° par des hallucinations psychiques, des actes el des mouvements automatiques et irréductibles au moi, des troubles cénesthésiques : symptomes de désagrégation de la personnalité. 2° Un dédoublement subjectif de la personnalité. 3° Des interprétaions délirantes à tendance systématique s'exprimant par l'idée d'influence, 4 Une évolution chronique non démentielle.

La psychose d'influence est la forme la plus typique

et la plus pure du syndrome-délire d'influence.

ÉTIOLOGIE

La psychose d'influence est beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Toutes nos: observations concernent des femmes, mais il faut tenir compte qu’elles ont été recueillies à l’hospice de la Salpétrière où ne sont internées que des aliénées.

Elle apparaît entre vingt-cinq et quarante ans, mais ce n’est là qu'un âge moyen. Elle peut débuter plus tôt comme chez l’une de nos malades Juliette L..., (1) chez laquelle elle est apparue à l’âge de vingt ans. Au contraire, elle peut apparaître plus tardivement.

Les causes principales nous sont inconnues. Les causés occasionnelles sont variables: mais il est très | difficile de déterminer exactement leur rôle dans le développement de l'affection. Souvent, au début, on trouvé une émotion. Chez certaines malades, la psychose apparaît à la suite d’un amour contrarié; Îles idées érotiques jouent en effet un rôle considérable dans la psychose d'influence. Presque tous les malades

(1) Voir page 89 Osservarions : Obs. I. Gabrielle R..., Obs. IT. Marie C..., Obs. III. Juliette L..., Obs. IV. Mme M..., Obs. V. Mme P...

ont des préoccupalions de cet ordre. L'influenceur sera souvent un amant mystique dont la présence sera agréable à certaines heures, intolérable à d'autres. Les malades auront fréquemment des rêves érotiques, où il apparaitra. Nous voilà donc très près des études entreprises par l’école de Freud. Un grandnombre de malades présentant le syndrome d'influence ont dû être des sujets d'observation pour lui el ses disciples. Pour Bleuler en particulier, la schizophrénie englobe la plus grande partie des délires systématisés partiels? Chez presque ous les malades présentant le syndrome d’influence un examen, même superficiel, retrouvera un amour malheureux, des idées érotiques refoulées. EL comme il s’agit le plus souvent de femmes, célibataires ou veuves, pour lesquelles les traditions religieuses, l'éducation, les convenances sociales sont autant de freins à la satisfaction de l'appétit génital, on peut faire intervenir dans l’étiologie de ce syndrome le refoulement de l'instinct sexuel et voir dans les troubles morbides la revanche de la « libido » inassouvie.

Pourtant si une lelle explication semble plus une vue de l’esprit que la réalité, il n'en est pas moins vrai que, dans le développement du délire, les émotions sexuelles peuvent Jouer un rôle qui donnera une coloration au délire. Elles aiguillent le malade vers l'individu sous l'influence duquel il prétendra être.

Le rôle du terrain est beaucoup moins important dans la psychose d'influence que dans le délire d'interprétaion par exemple. Le caractère paranoïaque fait défaut.

Dans la majorité des cas, les malades ne présentaient

avant l'apparition de l'affection aucune bizarrérie du caractère. Dans les renseignements donnés par les familles, on ne trouve aucune remarque spéciale.

La débilité mentale ne semble elle-même jouer qu’un rôle accessoire. Elle facilite l'élaboration du système délirant. Les débiles ne luttent pas, parce qu'ils sont dépourvus de sens critique; leur système est d'autant plus invraisemblable qu'ils sont plus nuls, plus débiles, et leur foi en leur système en est d'autant plus absolue. Juliette L., qui est le type de la débile, a élaboré en moins de trois mois son système, tandis que Mme D.,

a mis deux ans, et Marie C., quatre ans.

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