Albert le Grand. De Alkemia
à jeun, l’urine humaine, le sang menstruel, le lait de femme (1).
Sans doute le but final demeura toujours hors de portée des mains fébriles, mais Huysmans (2) fait quelques rapprochements significatifs, notamment que certaines théories modernes — l’isomérie entre autres — ne sont que des formes rajeunies des principes aflirmés par les hermétistes. D’autre part, suivant cet auteur, cette fameuse transformation, but de tant d’efforts aurait été réalisée plusieurs fois, entr’autres devant le philosophe hollandais Spinosa dans une expérience dont celui-ci atteste la réa lité.
Bien que cette science soit par son essence et ses adeptes totalement différente de la bouflonnerie démoniaque, il n'est pas possible de les étudier isolément. En effet, si les grands maîtres demeurent des savants intègres, se refusent aux louches compromissions, toute la cohue des « Alkémystes », de
. bas étage, des nécromants — et ils sont nombreux —
perdent patience devant leurs fourneaux vainement ardents, leur verrerie impuissanie où se colorent des réactions qu’ils ne comprennent pas et généralement versent sans tarder dans les évocations sataniques, faisant appel au Malin dans l’espoir qu'il voudra bien condescendre à faire luire dans l’ébullition rouge des creusets laborieusement guettés