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tions la possibilité d’un hérédo-éthylisme — d’ailleurs entretenu chez lui-même — pourrait nous intéresser davantage. À cette époque les nobles sires, généralement dépourvus de distractions, n’en avaient d’autres que de grandes chasses ou de vastes randonnées qui causaient habituellement grand’soif et que suivaient d’abondantes beuveries. D’autre part, en ce même temps, nulle voix avertie ne songeait à empécher les gens de boire en rond et, y en eût-il eu qu'elle aurait prêché dans le désert. Brocs et hanaps contenaient en effet mixtures plus intéressantes que paroles de mire : il se buvait de robustes bières, des clarets, des hypocras, des vins énergiques épargnés par le coupage,de savants mélanges corsés d’aromates et d'épices, boissons aujourd’hui perdues, mais dont les véhéments effets sont souvent mentionnés dans la littérature du temps (1). Et les ancêtres de Gilles, bons et robustes guerriers, ne devaient pas reculer devant une table bien garnie et encore mieux arrosée. Tout cela n’est qu'hypothèse, valable sans doute, mais non démontrée.
Enfin tout en accordant quelque vraisemblance à l'éventualité en laquelle des parents sains peuvent, suivant des influences momentanées, procréer des hoirs tarés, peut-être nous faut-il compter avec quelque névrose ancestrale perdue dans la nuit des générations et venant aboutir à Gilles, remous parti du
1. Cf. Les nombreuses poésies bachiques des poètes moyenageux dont l’exquis Villon.