Ingebord Maria Sick, Mathilda Wrede
Le
exemples suffisamment détaillés pour montrer la valeur régénératrice de l’apostolat de cette femme finlandaise.
Mathilda Wrede visita à Abo, sur la Baltique, Kakola « la
plus grande de toutes les prisons de la Finlande. Derrière ses portes pesantes et lugubres demeurent cinq cents prisonniers au moins; plus de la moitié d'entre eux sont condamnés à la prison perpétuelle. Aucun de ceux qui l'habitent n’a à subir une peine inférieure à quatre ans de durée (1). »
Un d'entre eux dit un jour à Mathilda : « Comment pouvez vous avoir l'audace, vous qui n'êtes qu’une enfant, de pénétrer jusqu’à nous, bandits ? Ne savez-vous pas que je suis le pire de tous les détenus qui sont à Kakola, donc le pire de tous les hommes de Finlande? N’avez-vous pas peur ? Alors vous êtes sans doute chrétienne... Encore jamais de ma vie on ne m’a montré autant d'amitié qu'aujourd'hui... J'aurai presque envie, moi aussi, de devenir chrétien si cela était encore possible. »
Oui, cela est encore possible, les cas suivants le montrent:
OBSERVATION IH (2
A Kakola en 1890, un prisonnier, Wilhelm Forsberg, surnommé « la terreur d’Oesterbotten » à la taille gigantesque, à l’expression triste et dont les yeux farouches étaient particulièrement impressionnants, dit nerveusement à la visiteuse:
« Est-il vrai, est-il réellement vrai que Dieu veut sauver un pécheur aussi coupable que moi? »
« En présence du désir simple, naïf, loyal, de parvenir au salut, ‘en face de cette question qui, dans un cœur d'homme, s'élève angoissée et palpitante comme jamais aucune autre, et à laquelle il est loisible de répondre par un oui, par une promesse que rien ne brise, Mathilda ne se lassa pas de répéter à cet homme, que cela est écrit, oui écrit avec des paroles que jamais rien n’efface, qui peuvent être en leur vérité expérimentées par chacun, pourvu qu'avec un cœur d'enfant il veuille bien accepter la grâce qui est aussi pour lui. » Le prisonnier répondit seulement: « Oh ! si cela devenait bientôt clair devant mes yeux! »
x. Ibid., p. 34.