‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 26 sur 93 · bid., p · texte numérisé non relu

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dE —

Plus tard elle retrouva l'homme à la taille gigantesque: l'expression sombre, mélancolique, inquiète, avait disparu de son visage qui était devenu maintenant clair et calme et il dit: __ « Oui, à présent, ce que je désirais est arrivé, Dieu est à moi et je suis à lui ».

OBSERVATION IV (1

Koponen, prisonnier finlandais, déporté en Sibérie, réussit à s'évader et à traverser à pied, sans être saisi, toute la distance qui sépare la Sibérie de la Finlande. En arrivant, il cherche du travail et s'adresse pour cela à Mathilda Wrede. Celle-ci ne pouvait donner à ce malheureux d’autre conseil que de retourner en Sibérie. Il n’y avait pour lui aucune autre possibilité, dans les circonstances où il se trouvait, de commencer dans sa patrie, une nouvelle vie. Mais si, de son plein gré, il consentait à retourner en exil, alors elle lui promettait qu’elle tenterait d'adresser aux autorités compétentes un recours en grâce, une fois la grâce obtenue, peut-être pourrait-elle lui prêter un concours efficace et lui procurer en Finlande une destinée meilleure (2).

Mathilda Wrede obtient que Koponen retournât spontanément dans cette sinistre Sibérie, après avoir jalonné de son sang ces milliers et ces milliers de pas. Il se dénonce à la police pour être ramené en Sibérie ; et il le fut effectivement. Mais il dit à Mathilda avant son second départ : « Maintenant, je suis joyeux quand même d’avoir fait tous ces pas. Cela valait pour moi, la peine de revenir en Finlande! Car vous m'avez montré le chemin qui mène à Dieu, le chemin qui mène au Dieu qui nous pardonne nos péchés ». /

Mathilda Wrede put, avec une compétence unique,au Congrès pénitentiaire international de Saint-Pétersbourg en 1890, déclarer à ceux qui posaient en principe qu'il y a des criminels incorrigibles, des malades incurables à l'égard desquels il faut abandonner toute pensée de guérison morale :

«Il y a un moyen par lequel chaque criminel peut être transformé — même ceux qu’on appelle incorrigibles, — c’est la force de Dieu. Les lois et les systèmes ne peuvent pas changer le cœur d'un seul criminel, mais Dieu le peut. Je suis persuadée qu’on devrait s’occuper bien plus, et même avant tout, des âmes des prisonniers et de leur vie spirituelle (3). »

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