Ibid., p
OBSERVATION III
Les convertis de la Nouvelle-Zélande @)
Les habitants de la Nouvelle-Zélande n’inspiraient à tous que crainte et que haine, car pour se venger de la violence et de la mauvaise foi des blancs qui abordaïent dans leur île, ils tuaient brutalement ceux d’entre eux qui leur tombaient sous la main.
Le missionnaire Samuel Marsden ne désespéra cependant pas de les amener à une existence meilleure ; mais, vu le risque qu'il y avait à aborder dans ce PayS, aucun capitaine ne consentait à lui faire faire la traversée. Il acheta lui-même un bricket le mit à la voile. C'étaiten 1814. Pendant des années il travailla sans voir de résultats. Toutefois les naturels lui assurèrent, ainsi qu'à ses
Compagnons, qu'on ne les mangerait pas, car, faisant une telle consommation de sel, leur chair devait être moins savoureuse, Les travaux du missionnaire ne furent cependant pas vains, car à sa sixième visite on pouvait constater entre la rive orientale et la rive occidentale de la baie, où il aborda,un étrange contraste : d’un côté les sauvages sont nus, les mains rouges de sang, hurlantau milieu de mourants et de blessés qui gémissaient ; de l’autre côté une société paisible, des hommes décemment vêlus, qui adoraient, pleins d’une piété calme et respectueuse, le Dieu dont le missionnaire était venu leur parler.
OBSERVATION IV
Les cannibales des Iles Fidji (2)
Les Fidjiens avaient deux habitudes criminelles. Voici la première : de tous les nouveau-nés, les deux tiers au moins étaient mis à mort. Pour qu’ils ne pussent échapper, on procédait systématiquement, on organisait la tuerie. Chaque village avait son bourreau attitré. Or, parricide et infanticide sont inséparables. Si les parents n’épargnaïent pas leurs enfants, les enfants n’épargnaient pas non plus leurs parents vieux et faibles, ils s’en débarrassaient.
La seconde de ces habitudes criminelles était le cannibalisme, qui n’était pas seulement une coutume, mais un rite religieux,
1, 1bid., p. 328, a Ibid: \p2:531:
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Pourapprendre àleurs nourrissons à savourerla chair humaine, les mères fidjiennes les amenaient à l'horrible festin. On livrait à de jeunes enfants, en guise de jouets, des cadavres et même des prisonniers vivants, pour leur permettre de se divertir en s’exerçant sur eux à l’art de la mutilation et de la dissection. Le mot Fidjien qui signifie cadavre (V akalu) suggère l’idée d'un repas, tout comme le mot grec qui signifie joie (xaps) suggère l'idée d'un banquet.
La construction d'une hutte; le lancement d’un-canot, l’enterrement d’un mort, ou même tel événement de bien moïndre importance, suffisaient pour donner le signal d’un banquet de chair humaine.
Tel était le milieu où arriva en 1838 le missionnaire Hunt. Malgré bien des déboires, l'œuvre du pionnier ne fut pas vaine. Trois ans seulement après son arrivée à Somosome, un changement considérable s'était déjà opéré dans son entourage. On put voir, — c'était bien quelque chose — une guerre déclarée, puis un grand canot lancé, enfin une fête de plusieurs semaines, célébrée sans effusion de sang.
Et dans cette dernière circonstance, l'intervention du mission-
naire n’avait pas été nécessaire,
‘ OBSERVATION V
Les infanticides de la Polynésie (1)
Les horreurs du paganisme défient toute description à Raïatea, en Polynésie. Les mères étouffaient leurs enfants nouveau-nés au moyen d’un drap mouillé, ou les étranglaient de leurs propres mäirs, ou bien les enterraient vivants sans éprouver ni angoisse ni remords. Pis que cela, elles brisaient l’une après l'autre toutes les articulations du petit être : doigts des mains, orteils, bras et jambes, et si ces tortures ne l'avaient pas tué, elles achevaient leur crime en l'étouffant. Une femme avoua avoir tué ainsi cinq enfants, une autre sept, une autre neuf, une autre dix-sept, toute sa famille, Un jour, lors d’une fête scolaire, un vieux chef devant lequel défilaient six cents enfants se leva sous l'empire d’une émotion intense : « Il faut que je parle, dit-il. Oh, si j'avais su le bonheur qui nous attendait, je pourrais voir mes propres enfants au milieu de cet heureux groupe, mais je les ai tous détruits, j'en avais dix-neuf, je n’en ai plus un seul ! »
L'ile de Raïatea était dans son groupe d'îles le siège du pouvoir