Etat chrétien
2. Liste dressée par le D'John Wilson, de Bombay, qui a passé près
d’un demi-siècle dans l'Inde. Voir Vie de John Wilson par Georges Smith, p. 352.
l'accusation du prétendu coupable ne se faisait pas attendre et elle était promptement suivie d’un procès de sorcellerie, accompagné d’une épreuve également fatale aux innocents et aux coupables. Une femme mourait-elle en devenant mère, son enfant vivant était enterré avec elle. Une femme mettait-elle au monde des jumeaux, elle était battue à mort, et les enfants disparaissaient. La mort d'un roi était invariablement suivie d'une héca-! tombe d'hommes et de femmes, enterrés vifs dans le tombeau royal.
Mais au bout de quarante-cinq ans de travail, les missionnaires furent témoins d’une transformation telle, que le peuple a des églises et des écoles; chacun apprend à lire et à écrire, la foi à la sorcellerie est morte, le massacre des esclaves et autres coutumes séculaires du même genre ont disparu.
Aux lLes Hawaï, six années ont vu s'accomplir une révolution presque complète. Le 51 mars 1820 sept missionnaires abordaient dans ces parages. Le meurtre des jeunes enfants, même par les mains de la mère, y était chose commune ; nulle retenue dans les mœurs; on trafiquait de la vertu de la femme et ce trafic était devenu un vrai métier; tout vaisseau étranger était une Somode flottante ; la nation s’éteignait rapidement par le fait de ses propres vices.
En 1824 une transformation totale s'était opérée. L'édifice social s'était totalement reconstitué au sein de l’état hawaïen, qui était devenu un Etat où règnaient l’ordre, la bienséance et la paix. En juin 1439 à Hilo, furent reçus dans l’église après épreuve et examen très sérieux, 5.244 personnes, parmi lesquelles se trouvaient des prêtres de l’idolâtrie, aux mains à peine nettoyées
du sang de leurs victimes ; et avec ceux-ci le voleur, l’'adultère,
le sorcier, le brigand, le meurtrier et même la mère, dont on voit les mains toutes famantes du sang de ses propres enfants.
Et ces convertis tinrent bon. Il n’y eut en moyenne qu'un seul cas de discipline par soixante membres.
Ces récits montrent à l'évidence que le missionnaire peut voir l'Evangile rendre à l’homme son niveau normal, sa vraie place. Partout, où l'Evangile a été prêché, on voit reculer, si elles n’ont déjà disparu, ces formes gigantesques de l'injustice, ces plaies sociales qui sont : la polygamie, la prostitution légale, le divorce ad libitum, les jeux barbares et sanglants, les guerres offensives
et rapaces, les châtiments et mise à mort par la torture, les infanticides, la caste et l’esclavage.