Pierre Janet, op. cit., IL, p
3. À. Maeder (l’Année psychologique, XNIIL, 19r2)., Sur le mouvement psychoanalylique. Un point de vue nouveau en psYchoiogie.
RTE. D YuT
de défense de l'organisme. » Le souvenir ou l'idée constamment repoussés sortent de la conscience, vivent à part deviennent subconscients. De cette manière la conscience ne
souffre plus du conflit, mais elle s’est rétrécie et amoindrie.
Freud considère que cette transformation constitue l’essen-
tiel des troubles nerveux : le désir, qui n'ose pas se mon-
trer tel qu'il est, même à nos propres yeux, s’exagère, prend
un aspect physique à la place de l’aspect moral, devient un
trouble pathologique.
Ces conceptions pathogénijues — analogues entre elles malgré certaines différences — devaient entraîner de nou- ; velles initiatives thérapeutiques.
Pierre Janet (x) rapporte que, dans plusieurs cas, les recherches de ces anciens événements, l'expression par le sujet des difficultés rencontrées et des souffrances subies à
leur propos, amenaient une transformation remarquable et
rapide et déterminaient de surprenantes guérisons.
Il fait assimiler complètement l'événement passé pour amener le malade à ne plus s’en occuper. C’est la liquidation morale.
La méthode de Déjerine est analogue : « La reconstitution, la réorganisation de la personnalité neurasthénique, ne peut se faire qu’autant que le malade arrive à faire table rase de toutes les causes émotives continues, facteurs de la persistance de son état... Mais ce qui exerce surtout l’action libé-
ratrice, c’est le fait même de la confession (2) ».
L’assimilation des guérisons religieuses ou traitement par la liquidation morale est évidente.
Si la foi religieuse a «exercé la plus merveilleuse des actions curatrices », c'est parce que la confession, instituée par l'Eglise, s’est montrée un puissant agent de liquidation morale.
Grâce à elle, l'Eglise a utilisé efficacement, depuis longtemps, les règles de l'expression par le sujet, de la dissociation des réminiscences.