Pierre Janet, op. cit., II
LR syllogismes. On ne les guérit que lorsqu'ils arrivent à croire en vous (1) ».
Dubois (de Berne) ne croit pas à l'autonomie et à la suflisance du facteur religieux dans le domaine moral.
« La morale religieuse elle-même n’entraîne que ceux que leur mentalité native, leur éducation, a amenés à la soumission. Sans doute les religions ont apporté bien des pierres à l’édifice (de la morale) ; elles ont contribué pour une large part à l'établissement de ce fonds moral, mais il serait injuste de leur en apporter tout l'honneur » (2).
Les méthodes que nous venons d'étudier, malgré bien des différences, voire même des oppositions, ont cependantentre elles un important caractère commun : elles visent toutes à exercer une action qui est réductible aux processus généraux des fonctions psychologiques. Ceux qui y reccurrent doivent posséder dans leur propre fonds — dans une partie ou dans une autre de leur esprit — la force qui les délivrera.
B. — Sa valeur
Pour les auteurs que nous venons de citer, l’action du sentiment religieux ne différerait pas dans son essence de l’action des diverses méthodes psychothérapiques.
Cette opinion n’est pas basée — sauf pour Rogues de Fur- | sac qui a étudié des guérisons d’alcooliques, lors du Réveil religieux du Pays de Galles en 1905 — sur dés observations analogues aux nôtres. Cette constatation nous paraît justifier notre désir de pousser plus avant l'étude du déterminisme des faits en questions. Notre conception personnelle ne diffère cependant pas absolument de la théorie classique ; et nous voulons exposer d'abord dans quelle mesure cette dernière nous paraît fondée et incontestable.
Nous croyons que si l’action du sentiment religieux et celle de la psychothérapie ordinaire n’ont pas la même cause première, la même source d'énergie, leur mécanisme ést cependant, en bien des cas, le même.