bid., p
ERA 6 d'anomalies morales et religieuses, d'aberrations mystiques, de glossolalie, d’hallucinations, d'hystérie, d’union mystique (1). La psychanalyse n’est donc pas une concurrente sérieuse pour les pionniers de l'Evangile puisqu'elle ne cherche pas à partager leur champ d'action (2).
« Les nombreux cas dont l’étiologie comporte une base ou un élément organique (alcool...) sont absolument rebelles ; il en est de même pour tous les troubles neuro-psychopatiques périodiques qui se dissipent un beau jour en l’espace de quelques heures, alors même que l’analyse en a été abandonnée depuis longtemps (3). »
D'autre part les psychanalystes reconnaissent eux-mêmes ne rien pouvoir, précisément pour les malades à l’égard desquels le sentiment religieux montre, lui, sa plus grande efficacité. +
« N'allons pas croire, pour tout cela, qu'un homme qui ne témoigne d'aucun besoin religieux, qui vole ou qui ment,est par cela même désigné pour un traitement psychanalytique. L'analyse ne peut être employée que lorsque la personnaité est paralysée dans le libre emploi de ses forces, et cela par l'influence de motifs inconscients. Là où font défaut les réactions éthiques normales, il s’agit peut-être d’une tare morale invétérée; plutôt que d'une pression d’origine subconsciente : inutile dans ce cas de tenter l'analyse (4) ».
Le principal instinct qui anime tout ce dynamisme silencieux de l'esprit est pour Freud : l'instinct sexuel. Ce dernier a été dès lors l’objet d’une analyse, d’une connaissance très approfondie.
« Au point de vue thérapeutique, les exemples de guérison indiscutables publiés, ne concernent guère que des cas spé-
1. Encoreces cas ne donnent pas de résultats thérapeutiques positifs.
2. Nous n'avons trouvé, se rapprochant de nos cas, que cette mention « trois criminels endurcis et réfractaires à toute influence religieuse amenés à l'Evangile ». Mais outre que nous n’avons aucun détail sur la conduite ultérieure de ces malfaiteurs, nous ne sommes pas sûrs que la psychanalyse ait, dans trois cas, été employée
seule (si l’auteur qui les rapporte est psycho-analyse,il est avant tout pasteur).
3. Hesnard, Presse médicale, 5 septembre 1923. 4. O. Pfister, Au vieil Evangile par un chemin nouveau, p. 3.
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ciaux dont l'étiologie est vraiment sexuelle, au sens vulgaire et limitatif, ou à prédominance manifestement psychogène (1) ».
L'action directe sur les prostituées, en particulier, semble donc être le champ de travail le plus naturel, le plus riche. La connaissance plus parfaite de cet instinct doit donner aux psychanalystes une compétence, une faculté spéciale pour traiter les maladies à manifestations proprement génitales, les appétits déviés, quant à leur objet, à leur but. IL n'en est rien. Nos recherches ne nous ont pas donné + : trace d'un seul exemple de prostituée professionnelle, ou simplement de femme tombée depuis un temps moins con- sidérable que ces dernières, ramenée à la moralité par la
psychanalyse.
La thérapeutique par l'excitation est elle plus féconde ? de Interrogeons encore ceux qui l'ont expérimentée. « Ces trai- Re. tements qui mettent en jeu l'activité ne peuvent évidemment | + pas être appliqués à tous les cas ; nous sommes forcés de laisser de côté les malades, malheureusement les plus nombreux, qui semblent trop affaiblis, physiquement et moralement, pour qu’une dépense nouvelle assez importante ne soit
a pes sans dangers. Cela restreint beaucoup l'application des méthodes de ce genre (2) ». L'état d'esprit des malades contrecarre souvent les efforts du médecin. « C’est pourquoi il ne faut pas être surpris de constater beaucoup d’insuc- à cès (3) ». | ne
11 résulte que chez les malades affaiblis, pusillanimes, de Nes. mauvaise volonté, ces traitements sont peu applicables ou donnent des résultats insignifiants.
Même chez des malades qui se prêtent d’une façon plus \ correcte à l'expérience on retrouve « la même préparation FR difficile du sujet » (4).
Mais, alors même que les résultats sont encourageants, ils
1, Hesnard, ibid. :
2. Pierre Janet, op. cit., III, p. 291. ) 3. Ibid., p. 272. | 4. Ibid.,p. 284.
sont de courte durée, les progrès obtenus sont peu durables, et ne peuvent pas être augmentés par la répétition des efforts. « Ces modifications momentanées sont fort intéres-
santes pour le psychologue et pour le théoricien. Mais le
problème thérapeutique n’est pas résolu par ces réflexions, il reste toujours à se demander si des traitements de ce genre, combinés pendant quelques temps avec persévérance peuvent procurer aux malades des modifications assez durables pour être utiles » (x).
Enfin, là où les résultats furent vraiment satisfaisants, l’auteur se demande «s'ilest juste d'attribuer au traitement par l'excitation une grande part dans ces améliorations définitives ou passagères.… La coïncidence des ‘améliorations
mentales avec le changement de traitement et l'essai de la .
thérapeutique par l'excitation doit être notée » (2).
Quant aux indications du traitement, il faut reconnaître quelles «sont bien difficiles à constater et bien sujettes à l'erreur, le plus souvent il faudra se fier à l’expérimentation et au tâtonnement » (3,.
Les phénomènes d'influence que met en æuvre la direction morale sont difficiles à reproduire et à utiliser, car leurs conditions sont bien difficilement réalisées ; la difficulté principale consiste dans le temps que le directeur doit pouvoir dépenser avecses malades, car tout traitement psychothérapique est nécessairement prolongé et doit être fait par la même personne.
En second lieu, ce traitement est très délicat. Il faut connaître à fond la maladie et le malade, lui donner la certitude que sa maladie est connue et posséder sur lui un astendant puissant; il faut compter avec la perspicacité des malades qui notent sans cesse la moindre supercherie.
Enfin, le directeur ne doit pas changer, le malade y est habitué, lui accorde sa confiance, s’est livré à lui, et une nouvelle adaptation serait très difficile. «Le changement