‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 8 sur 93 · Revue des Deux-Mondes, 15 septembre 1905, p · texte numérisé non relu

Revue des Deux-Mondes, 15 septembre 1905, p

sur le corps malade par l'intermédiaire de l'esprit (1): »

Pierre Janet trouve ces définitions encore trop restreintes : il croit justiciables de la psychothérapie « toutes les altérations de la conduite (2) » et encore : « la psychothérapie est une application de la science psychologique au traitement des maladies (3). »

Ces définitions sont extrêmement larges, d'après elles, le domaine de la psychothérapie, ce sont : « toutes les altérations de la conduite ». Et nous disons : les alcooliques, les fameurs d’opium, les prostituées, les criminels, les cannibales ne présentent-ils pas des altérations de la conduite, ne sont-ils pas pervertis, dégénérés, n’ont-ils pas besoin d’être améliorés ?

Mais les guérisons morales, même si elles sont justiciables d’une étude scientifique, offrent — à première vue — un intérêt infiniment moindre que les guérisons organiques. Un travail sur ces dernières serait vraiment original, tandis que les cures morales sont un sujet usé. Il a suscité une littérature déjà considérable et la question semble entendue.

__ Si on l’examine cependant de plus près, on se rend compte que cette littérature consiste presque uniquement en théories, en discussions, en affirmations. Nous avons dépouillé une volumineuse bibliographie et si nous avons trouvé sur ce sujet des ouvrages de grande valeur, nous n'avons pu en extraire une seule observation démonstrative de l'influence curatrice du sentiment religieux. Les théories émises sur sa valeur et sa nature nous ont paru manquer de la base qui en eût fait autre chose que des théories.

Pour contrôler « des faits et des expériences, il faut se placer dans les conditions déterminées pour la manifestation de cet ordre de phénomènes... Que répondrait-on à qui contesterait telle réaction délicate parce qu’il n’arrive pas à la reproduire dans quelque grossière expérience faite dans sa cuisine ? Ce que répondait naguère un chimiste (Pasteur) en renvoyant à une observation plus stricte des conditions

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