I. — Fréquence
Ces faits sont peu fréquents dira-t-on ; on ne peut leur accor- :
der une valeur universelle en raison de leur rareté. Nous ne croyons pas l’objection recevable. « Serait-il scientifique de passer outre et de ne tenir aucun compte d’un fait observable, contrôlable, et qui ne saurait trouver dans sa rareté une raison d’être passé sous silence ? Ce n’est pas à des savants qu'il ÿ aurait lieu de rappeler que la valeur d'un fait nese mesure pas à sa fréquence. Les naturalistes ne nous ont-ils pas montré qu'un seul petit animal (1) rare et isolé, unique peut-être dans son groupe, pouvait être mis en regard de tout un embranchement, et donner le mot de l'énigme relatif à l’origine de ce dernier ? N’en serait-il pas de même pour le fait chrétien. »(2) Nous contestons d'ailleurs le bien fondé de l'affirmation toute gratuite de la rareté de ces faits.
L'observation impartiale montre que l'expérience religieuse a été réalisée non pas « seulement par quelques individus ou groupe d'individus sélectionnés dans des milieux choisis autour de nous, mais qu’elle peut se retrouver dans l’histoire depuis dix-neuf siècles, et qu’elle peut être pour suivie actuellement dans les milieux humains les plus divers, depuis le sauvage le plus grossier jusqu’au civilisé le plus cultivé. On arrive ainsi à la constatation remarquable que
ce caractère spécifique est indépendant des conditions intel-
lectuelles, sociales, ethniques, anthropologiques, même les
plus diverses, et que, dès lors, il apparaît comme quelque
chose de sui generis, contrôlé non seulement par l’affirmation et les expériences de milliers et de milliers de chré-
tiens, mais par la puissance régénératrice dont ils ont été le.
phénomène (3) ».
Nos exemples sont loin d’être des cas isolés, nous aurions pu les multiplier presque à l'infini,